Code de l'honneur et du duel

- Pauvre Rudy, il est dans un sacré pétrin. - Pauvre Mme Quary, son mari est mort. - Rudy se sent vraiment mal pour ça. Je n'ai jamais vu quelqu'un avoir autant de remords.
Harry Keller - La Journée des violents
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Le Passager clandestin
Douze années après avoir fait escale à Tahiti, Georges Simenon propose un roman noir exotique plombé de n...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 16 décembre

Contenu

Essai - Insolite

Code de l'honneur et du duel

MAJ lundi 20 décembre 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition



Prix: 15 €

Georges Breittmayer
Nawelle Saïdi (illustrateur)
Paris : Baleine, novembre 2010
112 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-84219-478-9
Coll. "Noire"

Duel à la française

Dans un de ses réquisitoires au Tribunal des flagrants délires, Pierre Desproges lisait à un Robert Lamoureux hilare un extrait et de L'Ordonnance sur l'exercice et les manœuvres de l'infanterie dans lequel était décrit comment un soldat devait marcher avec tout un tas de chiffres et d'affirmations tout au moins désuètes sinon absurdes. Le Code de l'honneur et du duel, écrit par l'escrimeur Georges Breittmayer en pleine Première Guerre mondiale, lu presque cent ans après, est du même acabit. Sa lecture est affriolante mais des fois redondante voire lassante. D'ailleurs, les éditions Baleine ne s'y sont pas trompées, elles qui ont permis à Nawelle Saïdi de l'illustrer de manière décalée afin d'en alléger la prose. L'ensemble tient plutôt de la curiosité. Alors pourquoi en parler sur un site dédié à la littérature noire et policière ? Parce que le duel est le fondement même du roman de cape et d'épée. Une composante du roman d'aventure. Parfaitement exploité par Alexandre Dumas (rappelez-vous ce triple duel qui attend D'Artagnan à la fin de sa première journée dans la Capitale ou ce duel entre Busy d'Amboise et le Grand Veneur du Roi dans son excellent roman La Dame de Monsoreau). De l'aventure au policier, il n'y a qu'un modeste pas, que l'on s'empressera d'effectuer.
Hormis la préface dans laquelle notre escrimeur se fend prophétiquement d'un "après cette guerre, plus rien ne sera comme avant", le reste est... étrange. Tout d'abord : retour aux fondamentaux. On se doit d'arrêter les duels grand-guignolesques. Du sang, oui, mais du vrai sang. Fini les duels où il perlait à la main et où on arrêtait tout, l'honneur sauf. Maintenant, il faudra une bien plus grande blessure. De toute façon, tout le monde n'a pas le droit de pratiquer le duel. Surtout pas les pleutres qui ont trouvé des raisons détournées de ne pas faire la guerre. S'ensuit une longue description de la procédure à base de lettres recommandées, qui explore tous les cas : l'offenseur accède à la requête, la méprise, la néglige, acculé se résout à y répondre... Puis une description détaillée des armes (qui comme chacun le sait sont l'épée, le fleuret, la baïonnette et le pistolet ; on apprend tout au moins que la baïonnette est une arme privilégiée française... esprit révolutionnaire quand tu nous tiens). Publié à l'ancienne avec une reliure, des illustrations humoristiques et une mise en page soignée, ce code de l'honneur perdu à retrouver se clôt sur cette superbe citation de Breittmayer : "Après la guerre ; rendre au Duel sa gravité, c'est le sauvegarder dans le présent et dans l'avenir." L'Histoire retiendra que le dernier du genre en France eut lieu en 1967 entre Gaston Deferre et Roger Ribière pour une altercation dans l'hémicycle, et qu'ils ne suivirent pas réellement les principes fondamentaux énoncés en ce code... et Breittmayer de se retourner dans sa tombe.

Citation

La substitution enlève à la rencontre tout caractère d'animosité.
On ne se bat pas contre un homme à qui l'on n'en veut pas.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 20 décembre 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page