Serena

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vendredi 19 août

Contenu

Roman - Noir

Serena

Western MAJ samedi 08 janvier 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Ron Rash
Serena - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Béatrice Vierne
Paris : Le Masque, janvier 2011
380 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-3402-4

Actualités

  • 01/07 Jeux: k-libre 12-21 : thématique de juillet & août
    Western crépusculaire. La conquête de l'Ouest américain a été propice à l'écriture de nombreux westerns sur fond du luttes. Luttes entre les tuniques bleues et les différentes tribus indiennes avec des visions parfois manichéennes et erronées, luttes entre les éleveurs et les métayers en quête d'une propriété clôturée où faire pousser leurs semences, luttes entre la première génération de migrants enrichie et la seconde pauvre, et luttes entre le Bien et le Mal sous toutes ses formes avec le plus souvent l'arrivée d'un héros messianique à cheval. Nombre de films ont également été réalisés. Ce que l'on sait moins, c'est que l'aboutissement des différentes constructions de lignes de chemin de fer a permis l'émergence du western crépusculaire. D'un point de vue temporel, le western crépusculaire est la confrontation de deux époques : celle de la conquête proprement dite avec ses personnages hauts en couleur, défricheurs à tous les niveaux, et celle de l'industrialisation naissante et de la technologie. L'un des symboles de cette transition est sans aucun doute Buffalo Bill. Le héros des temps anciens, pourchasseur dans les hautes plaines des bisons (aujourd'hui on le traiterait de monstre sanguinaire pour en avoir tué soixante-neuf en une seule journée), connaisseur des Indiens, admirateur de Sitting Bull, qui à l'agonie du western (et ce sans le savoir) fit le tour du monde avec son Wild West Show. Aujourd'hui sur le retour, le western crépusculaire est publié chez de nombreux éditeurs. Peut-être les plus enthousiastes à l'égard de ce genre, les éditions Gallmeister en ont fait sans jeu de mot aucun un cheval de bataille, précurseur d'un autre genre, le "nature writing", avec des ouvrages qui se trouvent réellement à la frontière comme l'étonnant recueil de nouvelles de Dorothy M. Johnson, Contrée indienne, car ne nous y trompons pas, sa nouvelle "L'Homme qui tua Liberty Walance", l'histoire d'un tueur qui vient mourir dans le calme de son cancer, n'annonce rien d'autre que ce western crépusculaire auquel Ron Rash avec son Serena est un des plus brillants flambeaux aujourd'hui. Alors, avant d'écrire une nouvelle du genre, vous pouvez aller puiser votre inspiration chez ces auteurs-là ou plus simplement vous ressourcer en regardant pour la énième fois Il était une fois dans l'Ouest, de Sergio Leone. Tout y est dit. Bonne chance !

    Contraintes :
    - Respecter la thématique : western crépusculaire.
    - Écrire une nouvelle de 12000 à 21000 signes espaces compris.
    - Date d'envoi de la nouvelle : entre le 1er juillet et le 31 août minuit, le cachet du mail faisant foi.

    Comment procéder ?
    - Enregistrer la nouvelle titrée au format Word, Open Office ou Texte.
    - L'Envoyer par mail concours-k-libre-12-21@k-libre.fr avec, dans le corps du mail la mention "Je confirme avoir pris connaissance du règlement complet du concours et l'accepter sans réserve" ainsi que ses pseudonyme, adresse mail, prénom, nom, adresse postale, numéro de téléphone.

    Toute nouvelle parvenue sans la mention "Je confirme avoir pris connaissance du règlement complet du concours et l'accepter sans réserve" sera exclue du concours.

    Page de présentation générale du concours
    Règlement du concours
    En savoir plus sur Les Petits polars sur le site de 12-21

    Liens : Ron Rash

  • 07/09 Édition: Parutions de la semaine - 7 septembre
  • 14/01 Édition: Parutions de la semaine - 14 janvier

Drame élisabéthain en trois actes noirs

En pleine crise de 1929, Ron Rash relate la vie de Serena Pemberton, prête à tout pour devenir l'égale des Vanderbilt et autres Rotschild. Dans les Smokey Mountains de Caroline du Nord, elle et son mari sont de riches exploitants forestiers. Campée sur son cheval blanc arabe avec une aigle dressée au bras droit, Serena, inflexible, froide et assassine, arpente son domaine, dresse des plans et n'a qu'une idée en tête : le bois du Brésil qui assoiera sa fortune. Son seul échec elle le trouve dans une fausse couche sûrement provoquée par elle qui n'a cure de se reposer, et qui la rend stérile. Les Pemberton n'auront aucune progéniture. C'est alors qu'une cruelle et meurtrière folie la gagne. Car son mari a un bâtard d'avant son mariage, et il doit mourir. Son homme de main - et non de mains car il en a perdu une contre un arbre d'un coup de hache - est un tueur acharné qui ne lâche pas ses proies non sans les avoir fait souffrir. Il se lance sur les traces de la mère et de l'enfant, qui ne doivent leur survie qu'à un shérif intègre qui, lui, n'y réchappera pas.
Serena est bel et bien un drame élisabéthain comme il est écrit en quatrième de couverture. Il y a même du Shakespeare dans cette histoire. Reine folle, future veuve noire, Serena use du poison, du poignard, du fusil pour arriver à ses fins. Les hommes la craignent pire que leur ombre. Il n'y a dans cet Ouest du début du XXe siècle qu'une seule loi : celle du plus fort. Et le plus fort est celui qui n'a aucun scrupule et qui a de l'argent. Les Pemberton soudoient les banquiers, font et défont la loi, éliminent leurs associés trop faibles, abrutissent une classe ouvrière qui n'a d'autre choix que de mourir au travail. Mais aussi ils captivent et gagnent le respect. Tout le monde rêve de les voir morts, mais personne n'est prêt à être un bras vengeur. Et eux, ils rendent la terre exsangue. Les arbres sont abattus, tous sans exception, la terre se déverse dans les torrents rendant l'eau imbuvable, les bêtes féroces reculent devant le chemin de fer, les serpents à sonnettes sont captifs des serres de cette aigle à même de crever les yeux d'un dragon. Seule l'expropriation les menace... À moins que la folie autodestructrice de Serena ne les guette... Et Ron Rash, tout au long de ce roman, dépeint une femme extraordinaire, et lui retire couche par couche, tel un oignon, son humanité pour découvrir ce que recèle son âme de plus noir... Serena ne l'emportera pas en Enfer, et dans un final à la limite du biblique, tel un personnage de l'Antiquité grecque, elle mourra des mains mêmes de celui qu'elle a pourchassé en une image ultime shakespearienne. Saisissant !


On en parle : 813 n°109 |Alibi n°1 |La Tête en noir n°149

Nominations :
Trophée 813 Michèle Witta du roman étranger 2011

Citation

On dit que la mort, elle vient toujours par trois et si ces trois-là, c'est pas la mort soi-même, moi, suis le roi d'Angleterre.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 31 décembre 2010
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