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mardi 16 juillet

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Roman - Thriller

Masque de sang

Disparition - Drogue MAJ samedi 08 janvier 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Lauren Kelly
Blood Mask - 2006
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Valérie Malfoy
Paris : Albin Michel, janvier 2011
380 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-226-21870-4

Suspense ou mélodrame psychologique ?

Rompant avec sa famille, Drewe Hildebrande s'est réinventée en mécène et dirige la colonie d'artistes de Chateauguay Springs. Elle prend sous son aile sa nièce Anne-Marie, une ado précoce mais gauche. Mais la colonie lance une forme de "bio-art" controversé qui lui vaut la haine des ligues de vertu... Puis Drewe disparaît et Anne-Marie est retrouvée droguée et amnésique. Que s'est-il passé ?
Joyce Carol Oates est l'objet de controverses dans le Landerneau littéraire - US, bien sûr ; chez nous, on ne remet jamais en question l'ami américain) : auteur majeur pour certains, productrice à la chaîne de mélodrames à deux balles pour les autres... et ce n'est pas ce roman sorti sous un de ses nombreux pseudonymes qui va les départager. D'abord, on passera sur la présentation : pourquoi garder le pseudo tout en mettant en plus gros encore le nom de l'auteur, même si Oates n'a jamais fait mystère de ses alias ? Ensuite, l'appellation de "Thriller" peut être considérée comme mensongère, surtout avec un titre risquant d'attirer les consommateurs de James Patterson (les "masques de sang" du titre sont des œuvres d'art conceptuel). Malgré le mystère qui est à la base du roman, il s'agit surtout d'un mélodrame moderne basé sur la fascination d'une adolescente fascinée par une adulte socialement intégrée et son milieu flamboyant. Les thèmes abordés — divisions de classe, pouvoir féminin, etc. — n'ont rien de vraiment neuf, y compris chez Joyce Carol Oates, mais avec assez de bon ton pour alimenter des séminaires de "Women's Studies". Les aficionados de l'auteur y verront un portrait psychologique (parfois un peu poussé dans l'affection de jeune chiot de la narratrice) et les détracteurs pourront noter que, une fois le portrait esquissé, l'ensemble tourne un peu en rond jusqu'à une conclusion prévisible. De plus, on a l'impression que l'auteur ménage un peu trop la chèvre et le chou : selon l'inclination, la narratrice peut être considérée soit comme une ado sensible ou une pleurnicheuse irritante, et on ne sait si Oates/Kelly prend la défense des artistes cherchant à secouer le cocotier malgré les persécutions des grenouilles de bénitier ou si elle considère qu'il s'agit plus simplement d'une bande de bons à rien qui, bien sûr, vivent dans la débauche comme tous ces gens-là. Par contre, pour un roman d'apprentissage, on a un peu l'impression que l'héroïne n'a guère évoluée d'un bout à l'autre de l'histoire... Rien de nouveau sous le soleil donc, ce roman est plus à voir comme une étude psychologique un rien mélodramatique qu'un suspense haletant. À ce stade, l'appréciation dépendra entièrement des attentes du lecteur. Reste l'écriture, à la fois très professionnelle et travaillée, servie par une traduction acérée.

Citation

Chez nous, nul ne savait ce que pouvait bien être une colonie d'artistes. L'Art lui-même était considéré avec méfiance, dédain. Pour des personnes comme ma mère, il y avait derrière tout ça une idée d'imposture, de magouille.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 05 janvier 2011
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