La 7e victime

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Contenu

Roman - Policier

La 7e victime

Tueur en série - Mafia MAJ jeudi 20 janvier 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Alexandra Marinina
Siedmaia jertva - 1999
Traduit du russe par Galia Ackerman, Pierre Lorrain
Paris : Le Seuil, janvier 2011
488 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-093223-3
Coll. "Policiers"

Quand le pays rouge vire au noir

Anastasia est officier de police et Tatiana juge d'instruction en Russie. Elles participent à un show télévisé qui est perturbé lorsque quelqu'un dresse une pancarte leur annonçant qu'elles font leurs malignes et que l'une d'entre elles risque gros. Anastasia pense qu'il s'agit d'un canular mais elle décide quand même de mener son enquête. Or dès le début elle découvre que la personne qui a présenté la pancarte vient d'être assassinée et que son tueur a laissé des indices en forme de rébus pour elle ! Ce n'est donc plus une plaisanterie.
L'auteur ne cache pas s'être inspiré à la fois des tableaux de Brueghel et de l'intrigue de Seven pour réaliser cet opus et sa figure noire d'un tueur en série spécial. Alexandra Marinina sait construire une intrigue et raconter une histoire en présentant ses policiers dans leurs taches policières et également dans leur quotidien, rendant très crédible les histoires. Les fausses pistes abondent,l'enquête s'enlise et se relance comme dans la réalité. De plus, les arrières-plans des soubresauts de la Russie (même s'il faut se rappeler que l'intrigue a plus de dix ans) et ses bizarreries administratives semblent dignes de la continuité avec l'empire soviétique. Les héros sont surtout contrecarrés par le pilotage à vue de l'économie qui transforme les pensions en aumônes. D'un côté le personnage voit ses salaires et ses comptes bancaires bloqués par une réforme mais doit quand même acquitter ses impôts !
Par delà l'intrigue, ce qui est captivant dans le roman, c'est l'utilisation du décor social. La 7e victime est avant tout la description des échecs de la libéralisation. D'un côté, les nouveaux riches si puissants qu'ils sont quasiment absents de ce roman, de l'autre des hordes de nécessiteux que le moindre hasard de la vie plonge dans la marginalité. À ce phénomène également présent dans nos sociétés occidentales se joint le problème plus typiquement russe de l'alcoolisme omniprésent. Si on pouvait serrer ce livre, en gicleraient des litres de vodka ! Du coup, le roman navigue entre ces plaies qui gangrènent la société avec même des moments d'humour : une vieille femme chasse son fils de la maison parce qu'il boit. Au cours de l'enquête l'on découvrira qu'elle l'a chassé surtout parce qu'il piquait dans le porte-monnaie pour s'acheter son alcool.
Durant la période soviétique, les dissidents montraient une société déboussolée, alcoolique, où la pauvreté se masquait dans les oripeaux idéologiques. Avec la disparition du Parti, la prise du pouvoir par des mafias, le roi apparaît nu, dans toute son impudence. Il est d'ailleurs bien vu que le personnage central du livre, l'assassin, n'appartienne ni aux vaincus ni aux vainqueurs, qu'il ne dispose que de son intelligence comme bien ultime et que, dans un monde sans repères, il soit obligé de la dévoyer.

Citation

On conservera votre cadavre et on viendra chaque jour troubler votre repos pour montrer où se trouvent le foie, les reins, la rate, par où passent les veines.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 19 janvier 2011
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