La 7e victime

Mais pourquoi donc, se lamente-t-elle, ai-je inventé cette détestable et assommante petite créature ? [...] Certes, je dépends beaucoup d'elle financièrement. Mais par ailleurs elle me doit sa propre existence. Parfois je lui fais savoir qu'en quelques coups de plume je pourrais lui ôter la vie. Et elle me réplique alors : "Impossible de se débarrasser de Poirot : il est bien trop intelligent.'
François Rivière - Agatha Christie : la romance du crime
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mercredi 03 juin

Contenu

Roman - Policier

La 7e victime

Tueur en série - Mafia MAJ jeudi 20 janvier 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Alexandra Marinina
Siedmaia jertva - 1999
Traduit du russe par Galia Ackerman, Pierre Lorrain
Paris : Le Seuil, janvier 2011
488 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-093223-3
Coll. "Policiers"

Actualités

  • 13/01 Édition: Parutions de la semaine - 13 janvier
  • 11/02 Édition: Parutions de la semaine - 11 février
    L'événement de la semaine n'est pas la parution de l'Anthologie érotique de SAS, même s'il y aurait beaucoup à en dire, mais la sortie du Chanteur, premier roman de Cathi Unsworth aux éditions Rivages. Ces mêmes éditions sont à l'honneur avec deux romans truculents du toujours phénoménal Elmore Leonard et un de l'imprononçable Duane Swierczynski (cela dit un ton en dessous de The Blonde, qui nous avait enthousiasmé l'année dernière), tous au format poche. Mais il ne faudrait pas oublier l'excellent Paris la nuit, de Jérémie Guez (La Tengo), le convainquant Jaguar sur les toits, de François Arango (Métailié) et l'incontournable car fort de huit cents pages Le Léopard, de Jo Nesbø (Gallimard). Inutile de vous dire que vous n'aurez malheureusement pas le temps de tous les lire, d'autant qu'il y en a d'autres qui méritent le détour...

    Grand format :
    Le Jaguar sur les toits, de François Arango (Métailié, "Noir")
    Ne la quitte pas des yeux, de Linwood Barclay (Belfond, "Noir")
    La Fille du pont, de Pierre Boulon (Jeanne d'Arc)
    Sève et le sang, de James Church (Le Seuil, "Policier")
    Le Bal des frelons, de Pascal Dessaint (Rivages, "Thriller")
    Passé obscur, de Suzanne Forster (Harlequin, "Mira")
    L'Ombre de Claudia, de Gilbert Gallerne (City, "Thriller")
    L'Île des ténèbres, de Heather Graham (Harlequin, "Mira")
    Paris la nuit, de Jérémie Guez (La Tengo)
    Noire était la nuit, de Lisa Jackson (Harlequin, "Mira")
    La Nuit sauvage, de Terri Jentz (Denoël)
    Le Mensonge dans la peau : la ruse de Bourne, de Eric van Lustbader (Grasset)
    La 7e Victime, de Aleksandra Marinina (Le Seuil, "Policiers")
    La Vengeance du loup, de Jacques Mazeau (Le Masque)
    Le Léopard, de Jo Nesbø (Gallimard "Série noire")
    Le Prix de l'héresie, de S. J. Parris (10-18, "Grand format")
    Maléfice, de Nora Roberts (Harlequin, "Mira")
    Isotopes, de Alain Roger (Édinter)
    C'est Bécassine qui assassine, de Steve Rosa (Serpenoise, "Policier")
    Le Lys rouge, de Karen Rose (Harlequin, "Mira")
    Le Chanteur, de Cathi Unsworth (Rivages, "Thriller")

    Poche :
    Panique, de Jeff Abbott (LGF, "Thriller")
    Saint Petrus et le saigneur, de Jean-Pierre Alaux & Noël Balen (LGF, "Policier")
    The American, de Martin Booth (LGF)
    Oscar Wilde et le cadavre souriant, de Gyles Brandreth (10-18, "Grands détectives")
    Le Symbole perdu, de Dan Brown (LGF, "Thriller")
    Substitutions, de Tania Carver (LGF, "Thriller")
    Iceberg, de Clive Cussler (LGF, "Thriller")
    Deux p'tites tours et puis s'en vont, de Patrice Dard (Fayard, "Les Nouvelles aventures de San-Antonio")
    Cruelles natures, de Pascal Dessaint (Rivages, "Noir")
    L'Homme de l'ombre, de Robert Haris (Pocket, "Best")
    Froid est l'enfer, de Richard Hawke (City, "Poche")
    Une ombre plus pâle, d'Andrea H. Japp (LGF, "Thriller")
    La Mort, entre autres, de Philip Kerr (LGF, "Policier")
    La Guerre du whisky, de Elmore Leonard (Rivages, "Noir")
    Mr Paradise, de Elmore Leonard (Rivages, "Noir")
    Le Cadavre du lac, de Philip M. Margolin (LGF, "Thriller")
    Racines russes, de Reggie Nadelson (LGF)
    Chasseur de têtes, de Jo Nesbø (Folio, "Policier")
    Angelica, de Arthur Phillips (Pocket, "Best")
    À toute allure, de Duane Swierczynski (Rivages, "Noir")
    Une danse avec les démons, de Peter Temayne (10-18, "Grands détectives")
    Anthologie érotique de SaS, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers)
    Liens : Le Jaguar sur les toits |Paris la nuit |La Guerre du whisky |Le Léopard |À toute allure |Le Chanteur |Gyles Brandreth |Dan Brown |Clive Cussler |Patrice Dard |Pascal Dessaint |Jérémie Guez |Philip Kerr |Elmore Leonard |Reggie Nadelson |Jo Nesbø |Duane Swierczynski |Peter Tremayne |Cathi Unsworth

Quand le pays rouge vire au noir

Anastasia est officier de police et Tatiana juge d'instruction en Russie. Elles participent à un show télévisé qui est perturbé lorsque quelqu'un dresse une pancarte leur annonçant qu'elles font leurs malignes et que l'une d'entre elles risque gros. Anastasia pense qu'il s'agit d'un canular mais elle décide quand même de mener son enquête. Or dès le début elle découvre que la personne qui a présenté la pancarte vient d'être assassinée et que son tueur a laissé des indices en forme de rébus pour elle ! Ce n'est donc plus une plaisanterie.
L'auteur ne cache pas s'être inspiré à la fois des tableaux de Brueghel et de l'intrigue de Seven pour réaliser cet opus et sa figure noire d'un tueur en série spécial. Alexandra Marinina sait construire une intrigue et raconter une histoire en présentant ses policiers dans leurs taches policières et également dans leur quotidien, rendant très crédible les histoires. Les fausses pistes abondent,l'enquête s'enlise et se relance comme dans la réalité. De plus, les arrières-plans des soubresauts de la Russie (même s'il faut se rappeler que l'intrigue a plus de dix ans) et ses bizarreries administratives semblent dignes de la continuité avec l'empire soviétique. Les héros sont surtout contrecarrés par le pilotage à vue de l'économie qui transforme les pensions en aumônes. D'un côté le personnage voit ses salaires et ses comptes bancaires bloqués par une réforme mais doit quand même acquitter ses impôts !
Par delà l'intrigue, ce qui est captivant dans le roman, c'est l'utilisation du décor social. La 7e victime est avant tout la description des échecs de la libéralisation. D'un côté, les nouveaux riches si puissants qu'ils sont quasiment absents de ce roman, de l'autre des hordes de nécessiteux que le moindre hasard de la vie plonge dans la marginalité. À ce phénomène également présent dans nos sociétés occidentales se joint le problème plus typiquement russe de l'alcoolisme omniprésent. Si on pouvait serrer ce livre, en gicleraient des litres de vodka ! Du coup, le roman navigue entre ces plaies qui gangrènent la société avec même des moments d'humour : une vieille femme chasse son fils de la maison parce qu'il boit. Au cours de l'enquête l'on découvrira qu'elle l'a chassé surtout parce qu'il piquait dans le porte-monnaie pour s'acheter son alcool.
Durant la période soviétique, les dissidents montraient une société déboussolée, alcoolique, où la pauvreté se masquait dans les oripeaux idéologiques. Avec la disparition du Parti, la prise du pouvoir par des mafias, le roi apparaît nu, dans toute son impudence. Il est d'ailleurs bien vu que le personnage central du livre, l'assassin, n'appartienne ni aux vaincus ni aux vainqueurs, qu'il ne dispose que de son intelligence comme bien ultime et que, dans un monde sans repères, il soit obligé de la dévoyer.

Citation

On conservera votre cadavre et on viendra chaque jour troubler votre repos pour montrer où se trouvent le foie, les reins, la rate, par où passent les veines.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 13 février 2011
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