Tueurs

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Essai - Thriller

Tueurs

Tueur en série - Assassinat MAJ mercredi 23 février 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Stéphane Bourgoin
Paris : Grasset, novembre 2010
288 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-246-71301-2

Une sélection de criminels...

Tueurs est le cinquième ouvrage consacré aux criminels, que Stéphane Bourgoin signe chez Grasset après : Le Livre rouge de Jack l''Éventreur (1998), Serial killers – Enquête sur les tueurs en série (2003), Le Livre noir des serial killers (2004) et Profileuse – Une femme sur les traces des serials killers (2008). Pour des raisons très personnelles l'auteur s'est intéressé aux criminels de tous poils pour tenter de cerner leur(s) personnalité(s) et comprendre leurs motivations ou leurs pulsions. Dans Tueurs, l'auteur raconte les parcours de criminels qui n'ont tué qu'une fois ou qui ont multiplié les assassinats tant aux U.S.A. qu'en France. Il partage son livre en trois parties : "Murder, made in U.S.A.", "Les Crimes de la Belle Époque" et "Les Femmes aussi..."
Dans la première partie, il relate les chemins sanglants de quatre assassins qui ont défrayé la chronique. Torso, le boucher de Cleveland, appliquait son savoir-faire à ses victimes et a tenu Eliot Ness en échec. Albert Dyer assassine trois fillettes à Los Angeles. Puis il détaille la traque de deux multicriminels, dans une période plus récente : Bittaker et Bar Jonah, le tueur de l'autoroute et l'ogre du Montana. Puis l'auteur relate, à partir des témoignages des assassins eux-mêmes, la vie de Peugnez, reconnu coupable d'un double assassinat, de Menesclon et Soleilland qui firent une telle impression que leurs noms devinrent une référence pour les journalistes. Il raconte le parcours de Martin Dumollard, appelé le tueur de bonnes qui, entre 1856 et 1861, tua avec la complicité de son épouse un nombre inconnu mais très élevé d'employées de maison.
Il conclut l'ouvrage avec quelques tueuses remarquables, de véritables stakhanovistes du crime, car, dans ce domaine-là, les femmes sont aussi l'égal des hommes. Cependant, contrairement aux hommes, ce ne sont pas des pulsions sexuelles qui les poussent mais l'appât du gain. Il explicite la route sanglante de Bella qui compta des dizaines de victimes à Chicago puis dans l'Indiana à la fin du XIXe siècle, de Dany la tueuse qui exerça son sinistre labeur en Afrique du Sud dans les années 1930.Il décrit les meurtres de Rachal David, une infanticide, de Shirley Goude et Winnie Ruth Judd qui se débarrassèrent de maris et rivales et Priscilla Ford qui fit un massacre le jour du Thanksgiving.
À travers ces récits, Stéphane Bourgoin pointe du doigt les carences, comme le manque d'informations de ceux qui sont chargés de les traquer, le défaut de coordination, les mailles trop lâches d'un filet policier et, surtout, dans le cas de criminels de masse, l'absence d'un suivi réel ou d'un minimum de surveillance. Il explicite les incohérences d'un système judiciaire et les errances "d'experts" psychiatres qui remettent en liberté des criminels incapables de s'intégrer dans une quelconque société. Ce sont ces graves dysfonctionnements qui laissent à ces détraqués toute latitude pour continuer leur sinistre parcours. On peut faire porter la responsabilité de ces manquements au découpage territorial et administratif : fédéral aux U.S.A. départemental en France. Mais aujourd'hui, avec les progrès dans la rapidité de diffusion de l'information, ces carences auraient dû disparaître.
Stéphane Bourgoin retrace la vie de ces criminels, en rapporte les principales étapes, ainsi que les crimes dont ils sont accusés et coupables. Ce qui est frappant, également, c'est le nombre de ces criminels à ne pas reconnaître leurs forfaits, à les nier jusqu'au bout.
Si Stéphane Bourgoin, dans son livre, ne parle que des tueurs, ne cite les victimes que comme une pièce du dossier, il n'omet pas, dans la conclusion de son introduction, sur le quatrième de couverture d'évoquer les victimes et surtout leurs proches. Il demande de ne pas oublier l'enfer que vivent ces gens ayant perdu, dans des conditions souvent atroces, un être cher.

Citation

Une foule immense venue de tous les départements voisins y assista et passa la nuit à chanter, à boire et à parler. Une immense clameur s'éleva lorsque parue la charrette sue laquelle était Dumollard...

Rédacteur: Serge Perraud vendredi 21 janvier 2011
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