Le Porteur de mort

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jeudi 24 janvier

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Roman - Thriller

Le Porteur de mort

Historique - Tueur en série - Vengeance MAJ jeudi 17 février 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,9 €

Paul Doherty
Nightshade - 2008
Traduit de l'anglais par Christiane Poussier, Nelly Markovic
Paris : 10-18, janvier 2011
352 p. ; 18 x 10 cm
ISBN 978-2-264-05236-0
Coll. "Grands détectives", 4407
Hugh Corbett, 16

Ce qu'il faut savoir sur la série

Sir Hugh Corbett de Leighton est juge royal d'Oyer et Terminer à la cour du roi Edouard Ier d'Angleterre. Marié à Maeve, une femme aux cheveux d'argent, avec qui il a eu deux enfants, Aliénor et Edouard, il est apôtre de l'amour courtois.
Avec Ranulf et Chanson, il parcourt le royaume et résout des énigmes aidé en cela par un excellent réseau d'espions et une capacité à déceler le vrai du faux.
Dans ses enquêtes, les meurtres sont sordides et nombreux. Ils mettent en avant les travers des hommes et de la société. Bien souvent, les solutions se trouvent dans le passé.

Une nouvelle enquête d'Hugh Corbett

Alors que Noël et les douze jours saints ont passé comme dans un rêve, à Leighton, un courrier du roi somme Hugh Corbett, garde du sceau privé d'Edouard Ier d'Angleterre, de se rendre en toute hâte à Westminster, au palais du souverain. Le roi entraîne le magistrat dans la salle où était conservé le trésor, revenant sur le vol, jurant de le retrouver et de pendre tous les coupables. Il charge alors Corbett d'aller à Mistelham, en Essex, le fief de Lord Oliver Scrope, lui réclamer le Sanguis Christi, un superbe bijou, qu'il lui a promis. Celui-ci a été pris, avec beaucoup d'autres richesses, dans le trésor des Templiers lors de la chute d'Acre, voilà douze ans. De plus, il a bafoué l'autorité royale en faisant exécuter, sous le prétexte de vol, braconnage, luxure et hérésie, un groupe qui s'appelait Les Frères du Libre Esprit. Cette confrérie forte d'une quinzaine de membres remettait en cause la véritable religion. Il refuse de faire enterrer les corps. Mais Scrope reçoit des menaces de mort et un tueur mystérieux, appelé le Sagittaire, a surgi après le jour de l'an. Celui-ci sonne du cor, par trois fois, et décoche, sur la population, des flèches qui font mouche. Dans les objets volés au roi, se trouvait un poignard empoisonné qui l'aurait tué sans l'intervention d'Alienor, son épouse qui en était morte. John Le Riche a été pris à Mistelham alors qu'il essayait de le négocier. Scrope l'a jugé et le fait pendre sans délai. Edouard envoie Hugh, accompagné de Ranulf-Atte-Newgate et Chanson, car il veut que la paix règne dans ce canton stratégique, carrefour des grandes routes entre Londres et les ports de l'Est. Sur place, la situation est tendue, un climat de peur s'est installé. Les envoyés du roi ne sont pas les bienvenus. À travers les témoignages laborieux, Corbett acquiert le sentiment d'une vengeance en lien avec les événements qui se sont déroulés pendant la bataille d'Acre. Mais tout représentant du Roi qu'il soit, il n'est pas à l'abri du danger...

Le Porteur de mort relate la seizième enquête, traduite par les éditions 10-18, de Hugh Corbett. Celui-ci est inspiré du personnage authentique de John de Drokensford. Il est clerc royal et gardien du sceau. C'est un ancien soldat, désenchanté par les combats sanglants qu'il a dû mener au Pays de Galles, aux marches d'Écosse... Hugh s'est remarié avec Maeve Ap Llewelyn, Lady Maeve, princesse galloise avec qui il a une fille Aliénor et un fils, Edouard. Il parcourt les routes de l'Angleterre de la fin du XIIIe et début du XIVe siècles. Mais il intervient aussi en France, Écosse ou Pays de Galles pour résoudre des affaires restées impunies. Le magistrat se retrouve au cœur de sombres complots fomentés par des individus de toutes catégories sociales. Basées sur des faits historiques, les enquêtes de Corbett l'amènent à fréquenter toutes les couches de la société, du Roi au mendiant, du moine aux ribaudes, du commerçant au tueur...
Il intègre, dans le présent roman, nombre de thèmes historiques qu'il passe au moulinet d'une imagination fertile. Il appuie son intrigue sur le vol des joyaux de la Couronne, la chute de la ville d'Acre où les templiers résistèrent jusqu'au dernier, le personnage de John Le Riche, les confréries telles que Les Frères du Libre esprit, groupes errants nombreux en Europe, le Sagittaire, ce tireur fou qui était, d'après les chroniques, un phénomène banal...
Paul Doherty possède le goût des intrigues touffues, complexes, où les affaires se multiplient, les liens entre les acteurs du drame sont multiples et embrouillés. Il offre, ainsi, des romans aux récits denses, riches en rebondissements, découvertes et personnages. Sa grande connaissance de cette époque, tant dans la vie quotidienne, que dans les arcanes politiques contribue à rendre ses livres à la fois vivants, didactiques et distrayants au possible. Il possède l'art de construire des galeries de personnages étoffées, aux profils étudiés et travaillés, grâce à une approche fine des comportements, des rapports entre les individus.
Le Porteur de mort se lit comme un thriller enrichi par la description érudite d'une époque qui se révèle aussi fastueuse en événements qu'en personnages de caractère.

Citation

Le Sanguis Christi, en or massif, ses gros rubis scintillant même dans la pauvre lumière de la retraite ; et, à côté, d'autres objets précieux pillés dans le trésor du Temple à Acre.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 14 février 2011
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