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samedi 23 mars

Contenu

Roman - Noir

Mauvais fils

Braquage/Cambriolage - Urbain MAJ lundi 21 février 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

George P. Pelecanos
The Way Home - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Étienne Ménanteau
Paris : Le Seuil, février 2011
346 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-101103-6
Coll. "Policiers"

Du noir épuré aux chromes un peu rouillés

Fils de prolo, Chris Flynn est le prototype parfait de la "mauvaise graine" et, à dix-sept ans, finit en prison pour jeune. À sa sortie, son père le prend dans son entreprise de pose de moquette et Chris finit par se ranger... Sauf qu'un jour, dans une des maisons ou il travaille, il tombe sur un sac rempli d'argent et décide de le laisser. Mais tout le monde n'a pas sa sagesse, et les propriétaires du magot entendent bien le récupérer...
Votre humble serviteur avoue n'avoir pas lu de romans de George P. Pelecanos précédemment, et sera donc bien en peine de situer ce nouvel opus dans son œuvre. À première vue, il s'agit d'un de ces petites maîtres que les kritiks salonnards tirent d'un placard lorsqu'il n'y a plus rien à dire sur la Sainte Trinité Ellroy/Lehane/Michael Connelly (invoquer la Sainte Trinité à tout bout de champ ayant l'avantage de faire top-branché tout en évitant de se fatiguer à lire quoi que ce soit d'autre). Le ramage est-il à la hauteur du plumage ? Le début évoque le thème classique, mais universel de la délinquance juvénile, comme dans les années 1950, pour continuer sur un passage en prison avant d'en venir au thème principal. Sujet qui, comme on le voit au résumé, est d'un classicisme absolu, évoquant le Un plan simple de Scott Smith et tant d'autres jusqu'à un final convoquant des grands sentiments un rien incongru. Certes, on y croit, mais il n'y a là rien qu'on n'ait déjà lu de nombreuses fois, écrit avec ce style behavioriste qui facilite la vente des droits pour le cinéma ; quand à "l'engagement social" tant vanté (tant qu'il se passe ailleurs, sinon, c'est du populisme-démago-beurk), il se limite à quelques considérations sur l'ascenseur social et le blues du prolo. Le tout écrit avec ce sempiternel métier qui fait tourner les pages, mais pas grand-chose de plus, avec en prime l'impression que l'auteur se conforme au modèle du roman noir tel qu'on se l'imagine (ce qui réconforte le kritik salonnard précité) histoire de ne pas surprendre ceux qui se rueront sur le livre du scénariste de la série TV à la mode. Rien de déshonorant, mais au final, on ressort de ce roman comme on en y est entré sans avoir appris quoi que ce soit et sans s'être senti impliqué émotionnellement. Sale affaire...


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°45

Citation

Il se regarda dans la glace et vit ce que voyait les autres : un type qui partait tous les jours au travail, qui s'occupait de sa famille, qui ne gagnerait jamais des mille et des cents, et s'éteindrait un beau jour sans laisser d'empreinte significative.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 15 février 2011
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