Adieu Gloria

Qu'est-ce que j'ai fait de bien ? Eh bien, saint Pierre, un jour, j'aurais pu voler l'or qu'une pute morte s'était accroché aux oreilles. Mais je m'en suis abstenu.
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vendredi 27 novembre

Contenu

Roman - Noir

Adieu Gloria

Mafia - Corruption MAJ jeudi 03 mars 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Megan Abbott
Queepin - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
Paris : Le Masque, février 2011
258 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-7024-3457-4

Actualités

  • 11/05 Édition: Parutions de la semaine - 11 mai
  • 17/03 Librairie: Megan Abbott signe à Paris
  • 25/02 Édition: Parutions de la semaine - 25 février
    Semaine très k-librée avec les parutions d'un roman de Laurent Fétis, Nocturne pour instrument divers, publié dans la collection dirigée par Thomas Bauduret aux éditions Asgard, "Zones d'ombres" et le roman La Fracture de Coxyde, un "Polar en Nord" de Maxime Gillio, notre spécialiste émérite de l'œuvre de San-Antonio. Et ils tombent plutôt bien car la semaine est assez légère si l'on omet Adieu Gloria, un roman noir aux teintes archaïques de la surprenante Megan Abbot, L'Heure des loups, nouvel opus aux éditions Sonatine de Shane Stevens, et surtout Un hiver de glace, de Daniel Woodrell, sorte de western contemporain, version proximale de Fantasia chez les plouc, de Charles Williams. Si vous n'avez pas le temps de le lire, vous pourrez voir son adaptation au cinéma par Debra Granik (Winter's Bone). Le reste est bien entendu à découvrir :

    Grand format :
    Adieu Gloria, de Megan Abbott (Le Masque)
    Les Fils d'Omphals, de Pierre Bassou (Le Masque d'or, "Adrénaline")
    Diké ou L'Archiviste, de Jérôme Bonneau (Les 2 Encres, "Sang d'encre")
    Le Commissaire Adam et l'énigme de l'expert Haudet, de Yves Cléon (Clea)
    Là où se cache la vérité, de Julie Corbin (Ixelles)
    Jusqu'au sommet de la montagne, d'Arne Dahl (Le Seuil, "Policiers")
    Mort d'un fan des Beatles, de Philippe Dell'ova (Le Masque d'or, "Adrénaline")
    Nocturne pour instruments divers, de Laurent Fétis (Asgard, "Zones d'ombre")
    L'Ombre dans l'eau, d'Inger Frimansson (First, "Thriller")
    Lyalo-ly, de Patrice Guirao (Au vent des îles, "Noir Pacifique")
    Dame de trèfle, d'Alexis Lecaye (Le Masque)
    La Petite fille de ses rêves, de Donna Leon (Calmann-Lévy)
    Il va neiger sur Venise, de Jean Mazarin (Nuits blanches, "Policier")
    Engrenage, de Andrée Mortier (M. Dricot, "Roman policier")
    Justice dans un paysage de rêve, de Mala Nunn (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Frontière blanche, de Matti Ronka (L'Archipel, ""Les Maîtres du suspense")
    L'Heure des loups, de Shane Stevens (Sonatine)
    Ultimes rituels, de Yrsa Sigurdardottir (Anne Carrière, "Policier")

    Poche :
    Bigorneaux et lingots à Ré la Blanche, de Robert Béné (De Borée, "Polars")
    Ré la Blanche, ruelle du Puits-sans-Fond, de Robert Béné (De Borée, "Polars")
    La Fracture de Coxyde, de Maxime Gillio (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Le Colibri, de Hervé Jovelin (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Show effroi, de Claude Muller (Papier libre, "Polar en poche")
    Suicides.com, de Michel Ollivier (Papier libre, "Polar en poche")
    Le Putsch, de Gérard Streiff (Krakoen, "Forcément noir")
    Tuez Rigoberta Menchu, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    Un hiver de glace, de Daniel Woodrell (Rivages, "Noir")
    Liens : La Fracture de Coxyde |Un hiver de glace |La Petite fille de ses rêves |Diké ou l'archiviste |L'Heure des loups |Ultimes rituels |Arne Dahl |Laurent Fétis |Maxime Gillio |Donna Leon |Gérard Streiff |Daniel Woodrell |Megan Abbott

Miser sur le mauvais cheval

Avec un style très suranné qui n'est pas sans rappeler celui des vieilles dames du crime tendance Mildred David, Megan Abbott trompe bien son monde. On aurait tendance à l'imaginer racontant ses histoires dans un rocking-chair au coin d'un feu forcément anglais pendant que l'eau de la bouilloire d'une future tisane commence à crépiter. Au même moment on entend un long sifflement. Mais derrière sa frimousse et son air mutin, elle nous délivre, avec Adieu Gloria, un roman noir et psychologique efficace.
Gloria Denton est une femme splendide, qui a ses soixante ans bien tassés mais qui peut en paraître quarante pour peu qu'elle ne se mette pas sous les rayons sans concession du soleil. Dans le monde machiste de la pègre, elle a su faire son chemin, recueillant respect, inspirant crainte. Gloria Denton récolte les mises des paris dans les casinos et les hippodromes, elle les redistribue aux grands patrons non sans influer au préalable sur le hasard de ces jeux qui n'en sont pas. Mais Gloria Denton un jour s'entiche d'une jeune Américaine, qu'elle surnomme sa pouliche, et qui est destinée à prendre sa succession. Elle lui apprend le B-A-BA du métier, les petites et les grosses ficelles. Tout se déroule comme prévu jusqu'à l'arrivée de Vic, un pauvre joueur invétéré, arnaqueur à la petite semaine, dont la pouliche tombe amoureuse. C'est à ce moment que la belle mécanique huilée va se casser. Et le roman de décrire cette lente descente : le jeu et l'amour qui prennent le dessus sur la raison, les petites magouilles, la grosse qui s'accompagne de coups pour mieux bluffer un adversaire qui ne rigole pas, et puis la mort, dans toute sa violence et dans ce qu'elle a de plus pitoyable. Gloria, princesse déchue, acquière une victoire mais à quel prix et pour combien de temps ?
Megan Abbott campe plutôt des caractères derrière des personnages dans un roman qui se lit d'une courte traite de façon très plaisante. On peut lui reprocher un côté archétypal figé. Associé au fait que lorsque l'on dit "jeu de hasard" on pense invariablement Le Joueur, court roman de Dostoïevski, qui raconte plus finement et décortiquée l'angoissante descente aux enfers d'un homme qui ne s'en rend même pas compte, Adieu Gloria pourrait paraître bien fade, mais un final défaitiste et fatidique transfigure rétrospectivement une intrigue qui du coup prend du relief.


On en parle : Alibi n°2 |L'Indic n°9 |La Tête en noir n°150

Citation

Elle avait toujours ses gants quand elle faisait ça, non pas pour cacher ses mains usées, elle ne se cachait pas devant moi, mais parce qu'elle savait où les tickets de pari avaient trainé, dans de sordides magasins de bonbons, dans les kiosques à journaux de prêteurs sur gages, dans des arrières-cuisines, des bowlings, dans ces mêmes entrepôts décatis où les combats étaient organisés.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 20 mai 2012
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