Ultime SMS à Rome

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Roman - Thriller

Ultime SMS à Rome

Tueur en série - Finance MAJ mercredi 01 juin 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Fabrice Romano
Lyon : Baudelaire, décembre 2010
346 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-355-0829-55

Friture sur la ligne

Ah ! Qu'il est loin le bon vieux temps des crimes à papa, où l'on dézinguait gaiement l'adversaire au revolver ou au browning, où l'on se surinait au cran d'arrêt et où l'on se frictionnait gentiment à grands coups de poing américain. Les criminels d'aujourd'hui sont branchés : ils utilisent les nouvelles technologies. Ils traquent leurs victimes sur le net, les pistent au GPS et les zigouillent avec leurs téléphones portables... Eh oui, car aussi surprenant que cela puisse apparaître, c'est bien de cette arme incongrue que joue (avec brio, qui plus est) le meurtrier de Ultime SMS à Rome, le roman de Fabrice Romano.
L'action se déroule à Rome, comme vous l'avez deviné, ville que l'auteur connait bien, semble-t-il, et qu'il nous dépeint avec juste ce qu'il faut de détails pour que nous y prenions nos marques et que nous suivions avec plaisir les déambulations urbaines de ses protagonistes.
Parmi ceux-ci, il y a l'héroïne, Laura, belle italienne qui fait chavirer tous les cœurs, et qui travaille pour un des principaux quotidiens romains : Il Tiempo. Un jour qu'elle attend un ami très proche dans une pizzeria, elle apprend que celui-ci a eu un très grave accident alors qu'il téléphonait en conduisant (à moins que ce ne soit l'inverse). Très vite, l'enquête du commissaire Alfieri laisse apparaître des éléments troublants qui l'amènent à supposer que la cause de la mort est peut-être moins simple qu'elle n'en a l'air. D'autant que la victime avait connaissance de pratiques financières douteuses dans le cercles des cliniques romaines...
Il est important de signaler que Fabrice Romano a parfaitement su tricoter les fils de son intrigue et brouiller les pistes très intelligemment. Avec une belle maîtrise, il parvient à déjouer presque tous les pièges du genre, notamment cet usage, dont abusent certains auteurs, du "heureux hasard" ou de la "divine coïncidence" qui fait que les héros se situent toujours au bon endroit au bon moment ou que l'indispensable indice qui leur manquait finit miraculeusement par leur tomber entre les mains, les veinards. Pas de ça ici, bien au contraire, et ce qui séduit le plus dans Ultime SMS à Rome, c'est justement la manière dont l'auteur a maîtrisé son sujet, avec rigueur et logique, pour construire une histoire qui, aussi étonnante soit-elle, apparaît finalement parfaitement plausible.
L'unique point quelque peu déconcertant de ce livre, c'est l'univers ultra chic dans lequel il évolue. Amateurs de hard boiled, de nippes fripées, de gueules de bois, de sueur et d'argot, de ruelles étroites sentant l'urine et l'eau de lessive, passez immédiatement votre chemin car vous ne trouverez rien de tout cela dans ce roman ! Non, là les décors sont somptueux, les rues sont historiques, les héros sentent bon le parfum haut de gamme, leurs costumes sont bien taillés, ils portent des Ray Ban, mangent dans des restaurants branchés, roulent en décapotables, possèdent des galeries d'art. Ils parlent bien et ont de bonnes manières (parce qu'ils le valent bien). Même les policiers brillent par leur élégance et leur langage châtié et poli, c'est pour dire ! Bref, tout le monde est jeune, beau sympa et dynamisme – sauf le méchant, bien entendu, mais bon, c'est le méchant – à tel point qu'on a l'impression de se retrouver parfois dans une publicité pour Nespresso ou pour Hugo Boss... Déconcertante donc, cette ambiance de papier glacé à la Paris Match, mais pas si dérangeante que cela si on accepte de ne pas s'en agacer et à considérer plus positivement que cela confère même une certaine originalité à ce premier roman plutôt pas mal réussi par ailleurs.

Vous pouvez retrouver toutes les chroniques à L'Heure des comptes !

Citation

Et c'était là que, tous les matins, Alfieri arrivait à pieds, en traversant la Piazza Venezia, en éprouvant toujours la même émotion et la même humilité devant ce livre d'histoire monumental qui déployait fièrement le contenu de ses pages devant ses yeux émerveillés.

Rédacteur: Stéphane Beau jeudi 03 mars 2011
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