L'Enfant allemand

Le clou de la collection, sans jeu de mots, était une série de statuettes percées de pointes de métal, de tessons de bouteille, couvertes de chaines, de fibres, de plumes souillées : des minkondi provenant du Mayombé, dans le Bas-Congo.
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mardi 17 septembre

Contenu

Roman - Noir

L'Enfant allemand

Assassinat MAJ samedi 14 mai 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Camilla Läckberg
Tyskungen - 2007
Traduit du suédois par Lena Grumbach
Arles : Actes Sud, janvier 2011
454 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-7427-9467-6
Coll. "Actes Noirs"

Poussette et enquête suédoise

Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica et Patrick, son couple fétiche et attachant, Camilla Läckberg joue à nouveau de son habileté à parler du quotidien, décrire les situations et les relations humaines. Évidemment pour mieux comprendre toute l'histoire de ses héros il est préférable d'avoir mis son nez dans les quatre premiers et ainsi connaître toute la trame familiale mise en place au fil des livres plutôt que de débarquer en novice dans la vie de ce couple. Dans ce nouvel opus elle aborde de nouveaux thèmes comme notamment la maladie d'Alzheimer et remet plus en avant Erica, la laissant moins enfermée dans son carcan réducteur de femme au foyer.

L'intrigue est somme toute simple sans être novatrice, et est clairsemée des petits tracas ordinaires de la vie ordinaire. La petite Maja du haut de ses douze mois semble très précoce entre premiers pas et premiers mots. Cela n'empêche pas Erica, sa jeune maman, d'avoir une sorte de baby blues tardif la poussant à renouer avec l'écriture. Pour lui libérer du temps Patrick Hedström son jeune inspecteur de mari prend quatre mois de congés paternité afin la décharger en s'occupant à son tour de leur fille. On pourrait se croire dans les premières pages d'un récit d'un magazine pour parents si les choses n'allaient pas rapidement basculer vers le crime. Erica en fouillant dans les affaires d'Elsy, cette mère dont elle ne s'est jamais sentie vraiment proche, découvre un coffre renfermant en plus de carnets intimes une brassière d'enfant tâchée de sang et une médaille militaire nazie. Face à son désarroi devant ses trouvailles mystérieuses, elle décide de montrer cette dernière à un vieil homme passionné d'histoire qui sera retrouvé mort quelques temps après par deux gamins en quête de sensations fortes. Ce décès suspect intrigue Erica mais tombe à pic pour Patrick qui a vite senti ses limites d'homme à la maison. Rapidement et sans état d'âme il décide d'aller traîner en cachette sur les lieux de l'enquête armé... de sa poussette avec dedans une Maja ravie au grand dam d'Erica. Elle n'avait déjà accepté que moyennement les promenades de Patrick avec son ex. En parallèle des chapitres en mode flashback sur la période sombre de la guerre en Suède viennent entrecouper le récit en donnant un autre regard sur la jeunesse d'Elsy et de ses amis proches.

Camilla Läckberg a une approche très féminine dans l'écriture de roman policier, semblant privilégier plus le côté mise en situation à l'action avec toujours des pointes d'humour entre deux détails cruciaux. Sa force est de faire progresser tranquillement le lecteur entre présent et passé, avec son découpage en chapitres courts déjà utilisé, pour finalement le rendre accro à l'histoire plus qu'il ne le soupçonnerait. Mais avec ce style, il est possible de lasser et de laisser des lecteurs sur le bas-côté. Il faut reconnaître que durant les trois cents premières pages on s'ennuie quelque peu. Il faut attendre la dernière partie pour sentir les choses s'emballer et apprécier une construction qui est comme une montée en puissance dans laquelle tout se met en place calmement pour finir dans un sombre dénouement. Mais c'est lors de sa seconde lecture que le livre prend plus de profondeur quand on cesse de regarder idéalement cette Suède, cette contrée nordique où les pères de famille avec une bonne situation n'hésitent pas à prendre leur congé parental. On découvre que c'est un pays qui a gardé beaucoup de vilaines traces de la Seconde Guerre mondiale encore mal cicatrisées, des relents d'un passé trouble où venaient s'affronter le Bien et le Mal. Cette dualité de valeurs semble chère à Camilla Läckberg tout comme la culpabilité qui envahit plus ou moins consciemment ses personnages. À croire qu'il n'est pas toujours bon d'aller déterrer les secrets de famille longtemps enfouis.

Citation

c'est bon, tu es digne de représenter notre foyer. Si maintenant tu pouvais aussi mettre la table, je commencerais à comprendre pourquoi je t'ai épousé

Rédacteur: Fabien Maurice lundi 25 avril 2011
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