Lune trompeuse

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jeudi 21 mars

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Roman - Policier

Lune trompeuse

Historique - Guerre MAJ mardi 14 juin 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Ben Pastor
Liar Moon - 2001
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurent Bury
Arles : Actes Sud, mars 2011
288 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7427-9478-2
Coll. "Actes Noirs"

Enquête dans l'Italie fasciste

Un Major de la Wehrmacht et un inspecteur de police italien, un couple improbable d'enquêteurs, sont chargés d'éclaircir le meurtre d'un dignitaire fasciste. Si la veuve est la première suspecte, la personnalité et le passé du défunt se révèlent fort complexes.

Martin Bora a été muté dans la région de Vérone pour y traquer les partisans. Quelques jours après son arrivée, une grenade est lancée sur sa voiture. Il perd son bras gauche et conserve nombre de séquelles.
Sandro Luigi est inspecteur de police. Pour l'heure, il poursuit un prisonnier évadé véritable psychopathe.
Le supérieur de Martin, connaissant ses réussites dans quelques affaires, lui demande de collaborer pour élucider l'assassinat de Vittorio Lisi, un fidèle de Mussolini. Son fauteuil de handicapé a été renversé. Avant de sombrer dans le coma, il trace un C sur le sol et décède à l'hôpital. Son couple, avec Clara, battait de l'aile. La voiture de la veuve est endommagée. Si la fortune de Vittorio est connue de tous, son origine reste nébuleuse. Sa vie de séducteur est connue de tous. Alors, entre épouses ancienne et actuelle, maris trompés, amoureuses ancillaires engrossées, la gamme des suspects s'élargit...

Lune trompeuse est, après Lumen, le second roman de Ben Pastor traduit par les éditions Actes Sud mais aussi la seconde enquête de Martin Bora. Elle place cette affaire en novembre  1943, dans l'Italie du Nord. Les Alliés, qui ont débarqué à Palerme, remontent. L'auteur s'attache à rendre concrète l'atmosphère d'une fin de règne, l'effondrement d'un système avec ce qu'une telle débâcle peut engendrer. Cependant, si cette ambiance est fort bien restituée, à petites touches, elle reste en toile de fond pour laisser la vedette à trois personnages : les enquêteurs et le défunt. Bien qu'elle retienne des stéréotypes : la raideur allemande, la fantaisie latine, le mafioso, elle enrichit les caractères de ses personnages et les dote d'une véritable dimension. Parallèlement, elle introduit de multiples interrogations sur la personnalité, la vie et le passé de Vittorio Lisi, avec de mystérieuses initiales inscrites sur un calendrier, avec un C tracé dans la poussière, avec ses nombreuses conquêtes féminines. Elle confère, ainsi, à son intrigue une dimension piquante, une originalité.

Elle donne différents niveaux à son récit avec la traque de ce prisonnier évadé, l'ordre reçu par Martin de superviser la déportation des juifs de Vérone, le rôle des membres de la milice fasciste, les ennemis politiques du défunt qui connaissent une part de la vérité.

Ben Pastor place ses personnages dans l'obligation de collaborer. Ils font en sorte de mener à terme leur mission sur un individu qui se révèle être tout, sauf agréable. Elle livre, avec ce roman, une intrigue subtile conduite, dans un contexte fort troublé, par des enquêteurs empathiques.

Citation

Guidi avait l'impression infondée mais très nette que Bora et lui ne pourraient jamais sympathiser. Cela n'avait peut-être aucune importance, mais il se sentait gêné, car Bora l'observait sans rien révéler sur lui-même.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 27 avril 2011
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