La Tulipe du mal

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Roman - Policier

La Tulipe du mal

Historique - Tueur en série MAJ mercredi 11 mai 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Jörg Kastner
Die Tulpe des Bösen - 2008
Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
Paris : Jean-Claude Lattès, avril 2011
408 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-3343-7

Quand une fleur tue !

Qui pourrait penser qu'une fleur aussi "angélique" que la tulipe pourrait être une cause de la folie des hommes ? Après la fièvre de la tulipe, qui déclencha une crise financière sans précédent, au XVIIe siècle, c'est une nouvelle espèce qui met Amsterdam en émoi en 1671.
À travers une intrigue tortueuse à souhait, l'auteur évoque, de façon vivante et compétente, une ville, une nation et l'histoire d'une fleur.

Le 8 mai 1671, c'est après l'interrogatoire musclé d'un proxénète, dans la cave au fouet de l'Hôtel de ville, que Jeremias Katoen reçoit l'ordre de rejoindre le juge Nicolas Van der Zyl sur les quais. Dans la main de Balthasar De Koning, le juge a trouvé un pétale, le même pétale que celui découvert le lundi précédent dans celle de Jacob Van Rosven, le propriétaire de chantiers navals. Il s'agit d'une variété inconnue, de couleur noire avec des taches rouges.
Katoen visite les spécialistes de ces fleurs. L'un d'eux évoque le vieux manuscrit d'un croisé qui, au retour du siège de Saint-Jean d'Acre a découvert sur une côte ottomane, une fleur semblable, appelée La tulipe du sang. Ceux qui s'en approchent de trop près perdent la raison.
Dans une réunion, Katoen est contacté par Joan Blaeu, le cartographe officiel de la Compagnie maritime des Indes orientales. Il lui demande son aide car on lui a volé des cartes très précieuses. Mais Jeremias apprend qu'avec les cartes, il y a le manuscrit du croisé...

En se servant, comme toile de fond, de la tulipe introduite en 1593 aux Pays-Bas, Jörg Kastner concocte une intrigue fort bien troussée sur une série de meurtres de notables. Il relate, dans le cours de l'action une érudite histoire de cette fleur et des rapports des Néerlandais avec les bulbes. Il rappelle qu'à cette époque les Provinces-Unies des Pays-Bas, avaient un rayonnement maritime et commercial qui attira la convoitise des rois de France et d'Angleterre.
Jeremias Katoen, que l'on a déjà croisé dans La Couleur bleue (Jean-Claude Lattès, 2006) dénoue grâce à ses capacités d'observation et de déduction, les fils embrouillés de ce complot, mais noue des liens sentimentaux avec deux charmantes jeunes femmes. L'auteur l'entoure d'une galerie de personnages représentatifs de la composition de la population d'Amsterdam de cette époque.
Il évoque la culture de cette fleur qui reste, pour les Pays-Bas, un symbole fort. Il fait état de ce qui fut appelé La fièvre des tulipes qui aboutit à une crise financière sans précédent, car : "On se mit à acheter et à vendre des tulipes avant même que leurs oignons n'aient poussé. On négociait du papier, dans l'espoir de profit... Un seul oignon, au dessin inhabituel, pouvait atteindre des somme permettant l'achat d'une belle maison aux bords des canaux les mieux situés du cœur d'Amsterdam." En 1637, la bulle éclate quand la demande cesse de suivre l'offre. Des milliers de personnes sombrent dans la pauvreté. Cela ne rappelle-t-il pas quelques événements récents ?
L'auteur intègre des personnages et événements authentiques comme Joan Blaeu et le terrible incendie qui détruisit son entreprise.

Jörg Kastner fait usage d'un humour léger, qu'il distille dans des remarques où il fait une large comparaison avec notre époque. Il entremêle, aussi, nombre d'anecdotes, de situations qui concourent à faire de ce roman, un très agréable voyage dans le passé d'Amsterdam.

La Tulipe du mal est un roman passionnant, tant par l'habileté de l'intrigue, les personnages de chair et de sang, que par la richesse culturelle du récit.

Citation

- Votre proposition est acceptée par le tribunal, accusé. Non pas pour vous épargner, mais parce que cela permettra de réparer les dommages que vous avez causés.
La déception et la rage s'emparèrent de Katoen à l'idée que Dircks pourrait s'en tirer à si bon compte.
- La prostituée est punie, mais le proxénète qui l'a mise sur le trottoir pourrait repartir comme ça ?

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 27 avril 2011
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