Lola, reine des barbares

L'homme seul dardien rappelle l'homme nu de Simenon. Ce sont des hommes cernés dans leurs derniers retranchements et qui, au moment du jugement, ou lorsqu'ils sont arrivés au bout de leurs contradictions, se résignent à être anéantis, presque avec soulagement.
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Roman - Noir

Lola, reine des barbares

Social - Drogue MAJ jeudi 28 avril 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Margot D. Marguerite
Paris : Baleine, janvier 2011
110 p. ; 17 x 12 cm
ISBN 978-2-84219-485-7
Coll. "Noire"

Un monde nouveau enfanté dans la douleur

L'actualité nous rappelle sans cesse comment vivent ou survivent les habitants des banlieues. Mais on ne nous renseigne que très rarement sur leurs projets et surtout sur les projets qui sont associés à la violence qui les gangrène. Cette violence, cette chute dans l'illégalité peut être vue de deux façons : pour certains c'est la seule solution pour s'en sortir hormis le sport, pour d'autres cela montre bien l'échec de l'intégration, en clair, qu'ils sont des sauvages dans leur pays et qu'ils importent chez nous cette sauvagerie.

Qui est Lola ? Une jeune fille d'un immeuble pourri. Avec son amant et dealer, ils vivent dans la cave de l'immeuble et narguent le monde du dessus. Mais un jour, son ami perclus de dettes s'enfuit alors son créancier se paye sur Lola qui en tombe amoureuse. En quittant la cité, le nouveau couple s'engage dans une spirale mortelle.
Or que défend le créancier si ce n'est des idées petites bourgeoises ? Car il deale certes mais pour accumuler le capital primitif qui lui permettra de vivre "normalement" en rentier ou en artisan. L'illégalité n'est pour lui qu'un moyen intermédiaire d'assurer un départ correct dans la vie. Dans un célèbre article, Trotski, à qui on parlait du Voyage au bout de la nuit comme exposé de la condition ouvrière, répondait qu'il sentait surtout là des prémices d'une révolte individuelle, de droite. Les truands de banlieue (ou d'ailleurs) sont-ils autre chose ? À l'inverse Lola, dont la mère est morte et le père pauvre concierge rabroué par tous, découvre au long de cette virée sanglante qu'elle aime le sang, qu'elle aime détruire, qu'elle est une barbare, que si la société ne donne aucune chance, il faut rendre coup pour coup et changer les choses. Et le roman de se terminer dans une superbe envolée lyrique où Lola se prend pour une cheftaine mongole déferlant sur la France.

Lola, reine des barbares oscille entre la description crapoteuse, nauséeuse de cette fange (avec seringues, viols, meurtres gratuits) et la force de renouveau qui pourrait émerger. Cette énergie qui pourrait, canalisée, offrir une nouvelle chance, car après tout, ce pays ne s'est-il pas constitué de ces différentes couches de barbares, de Goths, de Huns, de Francs, etc. ?

Citation

Pour me guérir, papa me fouette avec une ceinture. Il la sort du placard, bourré de cafards, y en a qui cavalent sur son tricot de corps.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 28 avril 2011
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