Le Bal de l'Équarrisseur

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vendredi 22 mars

Contenu

Roman - Policier

Le Bal de l'Équarrisseur

Historique - Assassinat MAJ vendredi 13 mai 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

La grande boucherie humaine est insatiable !

François-Claudius Simon, à peine remis de la conclusion dramatique de sa première affaire, est confronté à une nouvelle série de meurtres perpétrés par celui qui se fait appeler l'Équarrisseur. Une suite fort réussie, dans le Paris de 1919, de La Valse des gueules cassées.

C'est aux abattoirs de la Villette que François et Adrien Mortier, son nouveau chef, sont confrontés au cadavre nu d'une femme pendu parmi les carcasses de cochons. Sur le dos, elle porte, tracé d'une écriture élégante : "Chacun son tour". Des indices laissent penser qu'il peut s'agir d'une prostituée. Alors que les enquêteurs recherchent l'identité de la victime et le mobile, François émet l'idée selon laquelle il faut s'attacher plus aux lieux qu'à la morte.
Deux jours plus tard, ils sont prévenus qu'une jambe de femme a été livrée à l'Hôtel de Brienne, siège du ministère de la Guerre. Un sac, avec la mention : "De la viande pour le Tigre" se trouvait avec la commande destinée au diner réunissant les participants de la Conférence de la Paix.
L'affaire devient politique et vise Clemenceau. Le président du Conseil est fragilisé par les négociations du traité de paix, qui trainent en longueur et par la situation sociale.
Mais quand Mortier et François sont prévenus que le corps d'une femme crucifiée a été déposé dans l'enceinte de l'Hôtel des Réservoirs, à Versailles, sous les fenêtres de la délégation allemande...

Guillaume Prévost, pour l'intrigue du Bal de l'Équarrisseur, s'appuie sur l'analogie entre les activités d'abattage du bétail et l'image qu'a laissée la Grande Guerre. Des termes similaires sont utilisés pour un conflit où : "... les millions d'hommes traités pire que de la bidoche". Il intègre les éléments authentiques relatifs aux difficiles tractations entre les alliés et l'Allemagne qui, bien que vaincue, ne voulait rien céder. Celle-ci jugeait les conditions du traité de paix inacceptables. La menace d'un nouveau conflit n'était pas écartée par Clemenceau. L'auteur aborde, également, la situation des Français car chacun s'exaspère de ne pouvoir reprendre une vie normale. Il raconte les luttes sociales où, Elsa, la petite amie de François prend une part active.
Outre les abattoirs de la Villette, les bords de l'Ourcq, il fait visiter, sur les pas de son héros, un parc du Plessis-Robinson bien étonnant, rencontrer les peintres de Montparnasse, Soutine déjà au fait de sa gloire...

Avec à-propos, Guillaume Prévost alterne les séquences "professionnelles" de l'enquêteur et celles relatives à sa vie privée. Il développe son cadre de vie, éclairant, par petites touches, le passé de celui qui fut élevé dans un orphelinat, recueilli à Paris par Mado, une femme généreuse qui en fait son neveu. Il étoffe la galerie de personnages, réintégrant dans son cercle privé un personnage secondaire croisé lors de la première enquête. Il soulève, avec parcimonie, le voile sur l'origine de François, qui n'est pas aussi orphelin qu'il veut bien le faire croire. Il connaît sa mère, mais refuse obstinément de la rencontrer.

L'intrigue du Bal de l'Équarrisseur est menée de main de maître, avec toutes les subtilités permettant à un auteur de "balader" son lecteur pour finir par l'entrainer sur une voie inattendue, mais si humainement crédible. Il rend cette affaire d'autant plus prenante que celle-ci se trouve liée avec sa vie privée et sa vie sentimentale.

Guillaume Prévost a tout d'un maître du polar. De plus, il est habité d'une passion pour l'Histoire qu'il fait passer à travers ses enquêtes. La lecture de son roman est un pur moment de bonheur.

Citation

Si les vaincus s'obstinent à nous défier, il n'y aura pas d'autre choix. La signature ou les armes... Le maréchal Foch a présenté il y a peu un plan d'invasion qui prévoit de marcher sur Weimar et Berlin avec quarante divisions. Alors oui, une nouvelle guerre est possible.

Rédacteur: Serge Perraud vendredi 29 avril 2011
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