Les Ombres silencieuses

Il savait pourtant bien que c'était la règle du jeu. Un instant on profitait bien de la flexibilité qu'un régime corrompu pouvait offrir, et l'instant d'après on se retrouvait soi-même le couteau sous la gorge. C'était une chose de le savoir, et c'en était une autre d'en faire l'expérience.
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dimanche 18 août

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Roman - Policier

Les Ombres silencieuses

MAJ vendredi 27 mai 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 6,95 €

Mari Jungstedt
I denna stilla nat - 2004
Traduit du suédois par Max Stadler, Lucille Clauss
Paris : LGF, mars 2011
410 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-253-12729-1
Coll. "Policier", 32114

Gagner aux courses, c'est trop mortel !

La Suède peut passer pour la contrée idéale à la mise en situation d'un bon polar psychologique. Les facteurs nécessaires semblent s'y regrouper pour en intensifier l'ambiance spéciale : le climat austère en hiver, la géographie atypique du pays, les habitants à la fois ouverts et repliés sur eux-mêmes. Mari Jungstedt ne s'y est pas trompée en plaçant à nouveau sur l'île de Gotland l'action de son second volet des enquêtes du commissaire Knutas.

L'intrigue démarre avec le meurtre de Flash, un marginal accro à la bouteille. Son surnom, il le tient de son ancienne vie, de l'époque où il était un photographe de presse reconnu. Il est retrouvé assassiné dans un ancien local à vélos transformé en chambre noire. Quelle est la raison de ce meurtre ? Une dispute trop violente entre poivrots ou l'appât de l'important pactole qu'il venait très récemment d'empocher en pariant aux course hippiques ? Ce sont les premières pistes à explorer par Knutas et son équipe.
Mari Jungstedt met bien en place les bases de son énigme avec un début est bien ficelé et prenant. Elle dresse une jolie galerie de personnages secondaires parmi les habitants de Gotland. On passe d'une grand-mère au chat sujet à la diarrhée, à un voisin soupçonné de voyeurisme, à d'autres âmes bien pensantes n'hésitant pas à se taire plutôt que de donner des renseignements de peur d'avoir des problèmes, ou encore à un jeune qui ne souhaite pas collaborer avec la police car tout simplement il n'aime pas les flics.
Vient s'ajouter l'histoire de Fanny une adolescente de quatorze ans mal dans sa peau, élevée de très loin par une mère alcoolique. À la sortie de l'école, son lieu d'évasion favori est un centre hippique où elle peut s'occuper des chevaux et même de temps en temps en monter un. Sentant la fragilité et la détresse familiale de Fanny, un homme lui fait des avances répétées. Il s'en prend à cette gamine brisée sous couvert d'amour mais en fait tout n'est que perversité et manipulation pour lui permettre d'arriver à ses fins et la séquestrer. Ces chapitres sont les plus chargés d'émotions. Mary Jungstedt décrit de façon émouvante et angoissante les états d'âme de Fanny encore presque dans l'enfance mais déjà cruellement blessée par la vie.
Knutas, chargé également de cette disparition, va se demander jusqu'à quel point les deux affaires peuvent avoir un lien entre elles.

Tous les ingrédients sont là pour un bon suspense mais pourtant, très vite, le roman traîne en longueur. La faute à un récit détaillé et souvent inutile comme celui de la liaison entre Johan, un journaliste télé étrangement plus futé que l'ensemble de la police, et Emma mère de famille qui patauge dans sa vie personnelle, perdue entre ses enfants, son mari, son amant avec l'envie de tout briser et la crainte de tout perdre. Mais ses émois ne font qu'enlever de l'intérêt à l'enquête, la reléguant presqu'au second plan par moments. S'ajoutent des questions sur la chronologie des faits et cette impression persistante d'être face à une incohérence de taille. Et quand enfin les choses s'accélèrent et qu'on approche à grands pas de la fin, le dénouement est loin d'être extraordinaire, presque déjà trop évident si on a eu le mauvais réflexe de lire la quatrième de couverture - pitch enlevant encore un peu plus à l'intérêt du roman.

Citation

Typiquement féminin, pensa Knutas. Elles sont expertes dans l'art d'endosser la culpabilité des conneries des hommes.

Rédacteur: Fabien Maurice mercredi 25 mai 2011
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