Cinacittà : mémoire de mon crime atroce

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lundi 16 septembre

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Roman - Noir

Cinacittà : mémoire de mon crime atroce

Assassinat MAJ dimanche 03 juillet 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Tommaso Pincio
Cinacittà. Memorie del mio delitto efferato - 2008
Traduit de l'italien par Sarah Guilmault
Paris : Asphalte, juin 2011
20 x 15 cm
ISBN 978-2-918767-13-8
Coll. "Fictions"

Actualités

  • 18/07 Jeux: Résultats du concours autour de Cinacittà
    Le concours organisé en partenariat avec les éditions Asphalte s'est terminé vendredi 17 juillet et a donc livré son verdict. C'est l'heure pour k-libre d'annoncer les cinq lauréats qui recevront sous peu le roman de l'Italien Tommaso Pincio, Cinacittà : mémoire de mon crime atroce.

    Espérons que vous prendrez beaucoup de plaisir à arpenter les rues caniculaires de Rome, peut-être sur une chaise longue à l'abri d'un parasol, une boisson glacée à portée de main.

    Liste des lauréats :
    1 - Stéphanie Huber (Amneville)
    2 - Élodie Martin (Obersoultzbach)
    3 - Dominique Igolen (Chevigny-Saint-Sauveur)
    4 - Pascale Mercier (Sanvignes-les-Mines)
    5 - Sylvie Moyère (Lyon)

    Un concours qui a mis principalement les femmes à l'honneur. Les lauréats recevront leurs ouvrages sous peu. Quant aux autres, ils se consoleront sûrement en tentant de gagner l'un des cinq exemplaires mis cette quinzaine en jeu du Baiser de l'orchidée, une bande dessinée de Miceal O'Griafa et David Charrier...
    Liens : Le Baiser de l'orchidée - 1. Apadana |Tommaso Pincio |David Charrier |Miceal O'Griafa

  • 21/06 Librairie: Cinacittà fait son roman à Charybde (Paris)

Pincio Roma

Faire son cinéma à Rome est chose courante. Federico Fellini vient bien sûr à l'esprit. D'ailleurs, comment ne pas penser à Fellini Roma en suivant les traces du "dernier des Romains" dans les rues caniculaires et envahies par les Chinois de la capitale ancestrale italienne ? C'est Cinacittà, roman mémorable de Tommaso Pincio.

Dans un futur immédiat où le soleil tape dur, les Romains ont fui leur ville la laissant à des Chinois, qui n'ont eu aucun mal à se l'accaparer. Seul notre narrateur a refusé de partir, plus par faiblesse, facilité voire fainéantise que par choix. Il survit de ses rentes, comprend que cela ne durera pas, observe le balai des prostituées chinoises qui émasculent sans aucune gêne les amants sur le retour qui les ont éconduites, en buvant des bières glacées.

C'est dans la chambre 541 de l'Excelsior que la destinée de cet homme médiocre, artiste raté, qui fuit son futur, va pourtant prendre une imprévisible tournure. Sa rencontre avec un Chinois lettré, éduqué, adepte du billard américain l'a en effet conduit à louer une chambre du prestigieux hôtel maintenant décati dans laquelle Kurt Cobain se serait suicidé. Hypothèse non étayée mais qui suffit à rendre réticent le moindre Chinois désireux de trouver logement à son Ying et à son Yang. Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'après le drame qui s'y est noué et qui nous est raconté par le narrateur rétrospectivement depuis sa geôle, la chambre ne trouvera pas preneur de sitôt. Yin, une charmante prostitué l'avait ensorcelé. Comment cette vestale des temps futurs a fini par céder aux avances du narrateur ? Comment s'est-elle retrouvée morte à ses côtés dans une chambre à l'air conditionné défaillant ? Pourquoi n'a-t-il rien dit, se contentant de dormir à côté d'un cadavre se putréfiant ?

Dans le bureau du juge, cet homme n'avoue pas. Il ne tente pas non plus d'être innocenté. Il attend tout simplement le verdict qui le conduira à la potence. Et dans sa prison, petit à petit, il déroule un récit tragique que Tommaso Pincio dépeint avec poésie et finesse. Le roman alterne présent et passé. De longues descriptions entre lesquelles s'intercalent des dialogues qui ne peuvent se tenir que dans cette ville qui souffrira une nouvelle chute.

Tommaso Pincio multiplie les anecdotes. L'on comprend même que les pousses-pousses ne se conduiraient pas autrement dans une autre ville. Les Chinois de Rome se comportent comme nulle part ailleurs même s'ils ont hérité de toutes les tares et facettes à citron d'un monde prompte à ne pas les comprendre. L'on frise l'image d'une Italie morcelée et achetée bout à bout par la nouvelle puissance mondiale amenant avec elle cette multitude de plans tous plus machiavéliques les uns que les autres, et que l'on redoute depuis Sax Rohmer et son personnage maléfique de Fu-Manchu.
Un roman qui nous plonge dans la torpeur brûlante d'un climat romain tout juste pollué par les turpitudes humaines.


On en parle : L'Indic n°10

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 17 juillet 2011
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