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Roman - Espionnage

L'Homme inquiet

Géopolitique - Disparition MAJ mercredi 29 juin 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Henning Mankell
Den orolige mannen - 2009
Traduit du suédois par Anna Gibson
Paris : Le Seuil, octobre 2010
551 p. ;
ISBN 978-2-02-101878
Coll. "Policiers"

Les héros ne meurent jamais

La jaquette est sans ambiguïté, l'ultime balade en compagnie du commissaire Wallander au cœur de la Scanie, l'ultime jouissance pour le lecteur comme le dernier rendez-vous donné à un amoureux qu'on va éconduire. Dès le début les nerfs se crispent car le dénouement est proche, malgré nous, l'appréhension est palpable, cinq cent cinquante pages nous séparent de la rupture. Saurons-nous la surmonter, et que nous réserve Henning Mankell, qu'a-t-il décidé pour son personnage, l'enverra-t-il ad padres et quelle idée a-t-il eu de clore cette série d'enquête, à quel dieu jeuniste s'est-il voué qui l'a convaincu de mettre un terme à la vie romancière de Wallander ?

L'intrigue ? Le beau-père, un ancien officier de marine dans les sous-marins, de Linda, la fille du commissaire a épousé un trader, allusion à la crise financière de 2008 sans doute, disparaît après avoir quelques semaines auparavant eu une discussion confidentielle avec Wallander. Mankell nous embarque dans une histoire d'espionnage qui présente finalement peu d'intérêt tant le destin du commissaire d'Ystad nous obsède tout au long de ces pages. Enfin installé dans une ferme à la campagne, à Löderup, là où son père vivait entouré de ses toiles à l'unique motif du coq de bruyère tant de fois peint, Wallander en compagnie de son chien Jussi, se remémore par petites touches les affaires qu'il a résolues. La jeune fille immolée dans le champ, les disparus de la Saint-Jean, autant de souvenirs en commun pour nous lecteurs assidus de cette partie de Suède devenue familière. Comme lui, nous nous penchons avec nostalgie sur ce passé consacré à traquer le crime, à côtoyer la lâcheté, la détresse et la noirceur humaines. L'évocation des deux cadavres retrouvés dans une barque nous replonge dans la lecture des Chiens de Riga avant même que l'ancien amour Baïba frappe à la porte du vieil homme, car oui Wallander paraît vieux et fatigué, lui annonçant ses quelques mois à vivre.

Les fantômes défilent, ponctuent le récit, signe annonciateur d'une mémoire défaillante. La grande carcasse de Wallander, rongée par le diabète, traverse néanmoins la Suède et notre commissaire se mue en pigeon voyageur, allant de Löderup au Småland, de Ystad à Copenhague, retournant plusieurs fois à Stockholm en train ou en avion, afin de dénouer les fils de cette disparition bientôt suivie de celle de la belle-mère si souriante et discrète. La nostalgie l'emporte, le suspens est lié à la destinée du commissaire Wallander, et c'est avec amertume, tristesse que le roman s'achève. Tel cet ancien amoureux qu'on a du mal à oublier, Wallander laissera une trace indélébile dans notre vie de lecteur de polar.


On en parle : Alibis n°37

Nominations :
Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2012

Citation

Il pensa qu'il avait tendance à se souvenir de ce qu'il aurait préféré oublier et à oublier ce dont il aurait voulu se souvenir

Rédacteur: Axelle Simon dimanche 19 juin 2011
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