Les Seigneurs

La note que j'ai reçue n'est pas très claire. Toujours est-il que les planteurs sont inquiets. Certains, la plupart d'après cette note, ont toujours une arme à portée de main. Ils craignent pour leur propre sécurité, celle de leur famille, de leurs biens... Une situation bien difficile dans les circonstances actuelles.
Pierre D'Ovidio - Le Choix des désordres
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 24 juillet

Contenu

Roman - Noir

Les Seigneurs

Social MAJ mercredi 21 janvier 2009

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,9 €

Richard Price
The Wanderers - 1974
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Martinache
Paris : 10-18, janvier 2007
298 p. ; 18 x 10 cm
ISBN 978-2-264-04335-1
Coll. "Domaine étranger", 3990

Plus ne seront ce qu'ils ont été

Nous sommes à New York, dans le Bronx, au début des années 1960. Des bandes adolescentes rivales aux origines cosmopolites, les Vagabonds, les Pharaons, les Bourreaux, les Rays, les Wong, les Mau-Mau… s'affrontent pour s'imposer, être les seigneurs de la guerre, les maîtres de ce district insalubre. Richie Gennaro, 17 ans, leader des Vagabonds, personnage central de ce roman, et sa bande de Ritals, Eugène, Joey, Perry, Buddy, Richie, vont traverser les épreuves qui transforment en hommes des adolescents pas forcément prêts à franchir le pas.
Abordant des thèmes majeurs qui sont autant de rites de passage, l'amour, la mort, la séparation, l'échec, la paternité, le mariage, et dans une série de chroniques sèches et tendues comme la peau de ces corps devenus trop étroits, à l'âcre parfum d'errance, Richard Price nous fait goûter l'amertume qui transpire par chacun des pores des protagonistes qui ne peuvent encore et pourtant doivent déjà. De cette amère humeur résultent des échanges acerbes. Si j'avais un chien avec une tête comme toi, je lui raserais le cul et je lui apprendrais à marcher à reculons. Et pourtant, ils ont besoin les uns des autres, s'aiment sans doute à leur façon, ne s'imaginent pas séparés. Et quand la vie les désunit malgré tout, alors ils chantent l'hymne des Vagabonds, comme si leurs voix à l'unisson, immatérielles, pouvaient ne faire qu'une, pour un instant et pour toujours, insaisissables.
Buddy passa les bras autour des épaules de Richie et de Joey et les pressa aussi fort qu'il put, comme si son étreinte allait empêcher les choses de changer. Mais Eugène, lui qui se disait que tant qu'il y aurait quelque chose pour lui rappeler que c'était chouette d'avoir dix-sept ans, il ne risquerait rien, a bien compris que plus rien ne serait comme avant, que ce temps d'errance, ce temps de rien ou presque, ce temps de si peu de choses dont l'importance ne fait sens qu'à travers le prisme du passé, que tout cela est révolu, et qu'il ne leur resterait bientôt qu'à regretter.
Il avait l'impression qu'on lui avait volé quelque chose mais il ne savait pas quoi. Quoi ? La jeunesse et l'insouciance sans doute. Mais saura-t-on jamais ce qui a disparu vraiment et qui nous plante là, seuls et nostalgiques ?

Citation

Si j'avais un chien avec une tête comme toi, je lui raserais le cul et je lui apprendrais à marcher à reculons.

Rédacteur: Jean-Claude Lalumière jeudi 08 janvier 2009
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page