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Roman - Noir

Ceux de Menglazeg

Ethnologique - Faits divers MAJ mercredi 07 septembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Hervé Jaouen
Paris : Presses de la Cité, septembre 2011
260 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-08988-4
Coll. "Romans Terres de France"

La disparition sans coupable d'un monde

Depuis quelques années, la mode du polar est de virer à l'exotisme : les directeurs de collection ont joué sur le passé historique, sur l'éloignement géographique et à présent des focus se braquent sur des pays afin d'en tirer la substantifique moelle : le polar sud-américain, les auteurs du froid... Pourtant, il n'est pas forcément besoin de remonter de dix siècles, d'être moine japonais ou de crapahuter à la recherche de criminels au fin fond de la brousse pour dépayser le lecteur.

Hervé Jaouen qui a commencé par des polars très urbains et très empreints de réalisme social avait opéré un premier tournant dans sa trajectoire avec Hôpital souterrain, un thriller angoissant dans les îles Anglo-Normandes. Né lui même à Quimper, il publie maintenant une série où il met en scène la Bretagne, ses mutations et ses permanences, à travers le destin d'une famille emblématique, dans la plus pure tradition zolienne. Le roman se situe en effet dans un hameau de l'intérieur des terres bretonnes, là où les ouvriers agricoles commencent à chômer et attendent la retraite, là où les fermes sont retapées par des bobos. Ceux de Menglazeg manie l'exotisme de décrire une campagne comme figée au XIXe (dans un final poignant et drôle où Hervé Jaouen accumule les clichés sur des journalistes parisiens venus rendre compte d'un drame local), mais où avoir le permis, s'habiller comme l'on veut pour une fille est un ferment de désordre social. Le drame se noue à partir des difficultés de concilier une modernité symbolisée par Sylviane, qui s'oppose à sa mère, énorme cachalot fainéante échouée au milieu d'une ferme perdue. Le père, quasi absent, est lui aussi coincé entre cette vie simple qui lui convient et l'argent qu'il gagne en réparant des téléviseurs. Le roman s'ouvre par la découverte d'une voiture tombée dans le canal en 1982 et progressivement remonte dans les années 1960 à la genèse d'une histoire tragique qui conduit fatalement à un ultime plongeon. Plus que l'aspect policier prévisible, c'est la description du milieu, des personnages, des envies, des rancœurs, d'un monde rural qui sans doute existe encore de-ci, de-là, sous les lambris des liaisons Internet qui est au centre de ce récit, de cette tragédie qui couve pour, de manière inéluctable, exploser.

Citation

Il n'y avait pas grand monde aux obsèques de Loeiz Gouritin de Kroah-Dibenn. Les gens ont peur d'attraper les puces d'un vieux crevé dans sa saleté.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 15 juillet 2011
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