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mardi 17 septembre

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Roman - Thriller

L'Enfant Invisible

Procédure MAJ jeudi 21 juillet 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Cornelia Read
Invisible Boy - 2010
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurent Bury
Arles : Actes Sud, mai 2011
408 p. ; 24 x 14.5 cm
ISBN 978-27427-9764-6
Coll. "Actes Noirs"

Traité de maltraitance d'enfant

L'Enfant invisible est l'histoire d'une maltraitance somme toute assez ordinaire, celle affligée à un gamin juste âgé de trois ans. Le titre se révèle assez explicite sur l'ambiance du livre. Le pire est que tout ce que l'enfant a subi, il semble l'avoir enduré sous le regard absent des adultes eux-mêmes atteints d'absence de réactions. Et au moment où commence le roman, lorsque son corps est découvert, on s'aperçoit que même la mort ne l'a pas épargné.

New York, au début des années 1990, est cette grande mégapole si attirante mais les tensions sociales ne sont pas loin, attisées par les rivalités de classe et de race, par les problèmes de drogue. Peu importe ce contexte fiévreux, Madeline Dare y revient avec un énorme plaisir ; elle se sent tellement bien dans le tumultueux tourbillon urbain de sa ville natale. Elle est pleine d'espoir pour son mari, avec l'envie de le voir décrocher le job idéal mais pour l'instant il doit se contenter de petits boulots.
Lors d'un repas entre amis, elle fait la connaissance de Cate, une cousine très éloignée. Le hasard des discussions les amène à parler de leur lien de parenté et d'un lieu particulier du nom de Prospect, un cimetière dans lequel sont enterrés leurs aïeuls. Madeline décide d'apporter sa contribution physique au projet de Cate de remise en état des sépultures laissées depuis trop longtemps à l'abandon. Mais les mauvaises herbes peuvent dissimuler plus que des vieilles pierres tombales oubliées de tous. Derrière un buisson, pleinement accaparée par son travail de désherbage, Madeline fait une macabre trouvaille, un petit squelette aux os blanchis et à la cage thoracique défoncée gisant sur un lit de feuilles mortes. Le choc passé, la stupeur va laisser la place à l'incompréhension. Qui a bien pu commettre un tel acte et abandonner ainsi le corps d'un enfant ?
Malgré elle, Madeline va fortement se sentir impliquée dans cette enquête car pour elle quoi de plus horrible que de s'en prendre à un enfant ? Comment ne pas se sentir un peu responsable de sa mort ignoble et comment ne pas avoir de compassion ? Il lui semble tellement injuste de maltraiter un être innocent en imposant sa force d'adulte.

Cornelia Read nous entraîne alors page après page dans la lourdeur d'un procès sur la maltraitance, où la lenteur des procédures vient se confronter à l'envie d'aboutir à une condamnation maximale et rapide des bourreaux.
L'écriture assez féminine, qui souvent ne manque pas de touches d'humour aidant à dédramatiser, est très sensible. Cette impression est sans aucun doute renforcée par la présence de nombreux personnages de femmes liées à cette enquête mais aussi aux histoires de la trame secondaire. Car la maltraitance et le mal-être peuvent prendre aussi d'autres formes et tournures. On peut très bien passer à côté car il est souvent difficile d'imaginer que cela puisse se produire au sein de sa propre famille ou de son entourage. Il est également possible de refuser la prise en compte de la souffrance d'un proche du simple fait de sa bonne situation sociale semblant, par son statut particulier, justifier du contraire. C'est toute la complexité des relations humaines que Cornelia Read expose au fil des pages de L'Enfant invisible. Son héroïne, Madeline, va la découvrir en témoignant au procès du meurtre de cet enfant, mais aussi tout près d'elle. L'horreur n'est peut-être pas aussi loin qu'elle ne le pense. Elle va malheureusement devoir s'en rendre compte et composer avec. Il peut être plus aisé ou tout du moins plus commode de s'apitoyer sur des problèmes extérieurs à sa propre vie, semble être le message que laisse transparaître Cornelia Read à travers ce roman qui ne peut laisser insensible.


On en parle : La Tête en noir n°151

Citation

C'est pas toujours comme ça, dit-elle. En général, les salauds tuent d'autres salauds, vous voyez ? Mais un gosse...

Rédacteur: Fabien Maurice mardi 19 juillet 2011
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