Pandémonium cité

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vendredi 22 mars

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Roman - Noir

Pandémonium cité

Fantastique - Urbain MAJ dimanche 31 juillet 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 11 €

David Bergeron
Montréal : Coups de tête, mars 2011
128 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-923603-93-3

Québec lovecraftien

Le roman populaire a le vent en poupe ces derniers temps, avec un contrat implicite passé au lecteur : ne cherchez pas à révolutionner le monde ni à faire de la grande littérature vous n'avez qu'à distraire voire à étonner. À ce stade, il y a longtemps que la pureté des genres n'a heureusement plus droit de cité...

Dans ce premier roman, la messe est dite : de l'action, encore de l'action et toujours de l'action, avec des touches d'humour bien senties montrant qu'il ne faut pas prendre tout ça trop au sérieux.

L'histoire suit Philippe, revenu d'un long voyage en Europe, qui découvre une Montréal bien changée : son ami Vlad ne sort qu'armé, des gothiques hantent les rues et des hommes disparaissent tandis qu'une étrange foule investit une église. Et quelle est cette Pandémonium Cité, cette ville des morts ressemblant étonnamment à la nôtre ?

Sur fond de rituels sataniques et de termes emphatiques (normal pour un roman qui cite Lovecraft en exergue), cette épopée menée à un train d'enfer, avec un style sec et précis, contient également plus de fusillades que dans un jeu vidéo action-horreur... Mais un coda doux-amer montre que toute cette odyssée sanglante s'avérait plus psychanalytique et intérieure, sans pour autant sacrifier à la doxa de l'obligatoire twist final.

C'est rapide, bien troussé, comme une version modernisée de ces pulps du temps passé peuplés de monstres immondes et d'aventuriers tourmentés. 127 pages effrénées, sous une présentation de qualité, et la confirmation que le label québecois "Coups de tête" a encore plus d'une (bonne) surprise à nous réserver !

Citation

Il croit reconnaître Charles Baudelaire qui fume la shisha en compagnie d'une demi-douzaine de succubes plantureuses. Il déclame ses 'épaves' d'un ton grandiose et plein de panache, un verre d'absinthe à la main. Il paraît heureux et Philippe l'est aussi pour lui. Il lui a toujours semblé triste à pleurer sur ses photos en quatrième de couverture de ses livres.

Rédacteur: Thomas Bauduret samedi 30 juillet 2011
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