La Piel que habito

Sharko se rendit compte à quel point l'équilibre de la société était fragile. Elle reposait sur un lit de sable que la nature, celle qu'on avait trop tendance à oublier, pouvait ébranler à tout moment. Le jour où elle aurait décidé de reprendre ses droits, où elle en aurait assez de la négligence des hommes, elle lâcherait un grand fléau qui balaierait l'humanité aussi facilement qu'un claquement de doigts. La Terre continuerait à exister, mais sans nous. Et ça ne l'empêcherait pas de tourner.
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Film - Noir

La Piel que habito

Psychologique - Médical MAJ lundi 01 août 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Pedro Almodóvar
Scénario adapté de l'œuvre de Thierry Jonquet
Paris : Pathé, août 2011
couleur ;

Actualités

Esthétique noire

"La peau est la frontière qui nous sépare des autres, elle détermine la race à laquelle nous appartenons, elle reflète nos racines, qu'elles soient biologiques ou géographiques. Bien souvent, elle reflète nos états d'âme, mais la peau n'est pas l'âme."*

En adaptant librement et délocalisant en Espagne Mygale, roman noir de Thierry Jonquet, Pedro Almodóvar ne s'est pas trompé. Les deux histoires tournent autour de la chirurgie esthétique, l'apparence physique, la greffe de peau. Mais ce que l'on change à l'extérieur, on ne peut le modifier à l'intérieur.

La Piel que habito, bande-annonce du film.



L'intrigue est machiavélique à souhaits. Il y a d'abord le drame qui touche Vera (Elena Anaya), la femme du docteur Robert Ledgard (Antonio Banderas). Victime d'un accident de la route, elle en ressort gravement brûlée. Lui est chirurgien esthétique. Il décide de redonner à sa peau l'éclat d'antan. Il s'embarque dans douze années de recherche aiguillonnée par la thérapie cellulaire.

Jusqu'ici rien que du normal. On ne peut apposer "drame" à La Piel que habito. Seulement arrive le moment où il faut un cobaye. Et c'est à ce pan de l'histoire que Pedro Almodóvar s'attaque. Car au fil des ans, de nombreuses personnes ont disparu. L'une d'elle se retrouve enfermée dans la demeure d'El Cigarral en compagnie du docteur Robert Ledgard et de Marilia (Marisa Paredes), l'occasion pour le réalisateur espagnol de dérouler un huis-clos forcément esthétique, à la narration "dépourvue de rhétorique visuelle et en aucun cas gore, même si dans les ellipses, on imagine que beaucoup de sang est versé".

La Piel que habito, teaser#1.

Pour ce thriller fantastique déroutant, le réalisateur Pedro Almodóvar s'appuie avec Antonio Banderas, Marisa Paredes et Elena Anaya, sur un trio d'acteurs qu'il connait bien. Les deux premiers sont vraiment des icônes qu'il porte à bout de films, Elena Anaya, elle, avait eu les primeurs à l'occasion de Parle avec elle. Même s'il assure s'être affranchi des maîtres du genre, notamment ceux du giallo, le film noir italien, Almodóvar cite Buñuel, auquel diront certains il rend hommage en ouverture de son film. Quoi qu'il en soit, la suite toute en couleurs lui appartient, et comme d'habitude elle s'accompagne d'une remarquable composition musicale ici signée d'Alberto Iglesias.

* Les citations sont de Pedro Almodóvar, tirées du dossier de présentation du film.

Illustration intérieure

© José Haro. Pedro Almodovar sur La Piel que habito


Rédacteur: Julien Védrenne lundi 01 août 2011
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