Le Serment

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Roman - Espionnage

Le Serment

Terrorisme - Scientifique MAJ vendredi 16 septembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,3 €

Kent Harrington
The Good Physician - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Guy Abadia
Paris : Folio, janvier 2011
378 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-043895-2
Coll. "Policier", 605

Rédemption Hippocrate

Le roman noir se retrouve le plus souvent gangrené par une question posée dès les débuts du genre par Dashiell Hammett : quelle morale le héros doit-il suivre ? Comment peut-il concilier les résultats d'une enquête et ce qu'en attend son employeur - privé ou d'État ? Quel est le noyau qui fait qu'il reste un humain malgré toutes les saletés qu'il doit accomplir ? De nombreux romanciers ont tenté préférer noyer leur semblant de solutions dans l'alcool ou le cynisme dont abusent leurs héros. Le débat a rebondi ces dernières années, d'abord en Europe puis à présent aux États-Unis, avec l'arrivée d'un nouveau terrorisme.

Kent Harrington, avec Le Serment, décide de s'appuyer sur un cas concret pour présenter un personnage qui va se débattre avec sa conscience : médecin, il a préféré aller œuvrer dans les pays du Tiers-monde que de reprendre une riche clientèle embourgeoisante. Mais pour réussir à s'intégrer, il a accepté de travailler en même temps en free-lance pour la CIA. Aujourd'hui au Mexique, il participe à de bien sinistres opérations pour maintenir en vie des personnes arrêtées et torturées, ce qui l'éloigne fortement de ses idéaux aujourd'hui agonisants...

L'auteur augmente la pression car il a créé une situation complexe où les terroristes ne sont pas ceux qu'ils devraient être - des livreurs de pizza, des femmes amoureuses dont le fils a été victime d'un missile en Irak -, où les membres de la CIA sont vieillissants et pensent plus au cancer de leur épouse ou à leur retraite, épaulés par une police mexicaine corrompue et des tueurs russes frappadingues.

Dans un monde compliqué qui semble de plus en plus se conformer au vœu de William Shakespeare sur la folie et le bruit, Kent Harrington présente un être qui face à cette complexité décide qu'il doit prendre partie pour se regarder à nouveau dans un miroir, décalant l'horreur de la situation (jamais montrée) vers des moments intimes où l'amour pourrait peut-être tout faire basculer. Mais même les sentiments sont pris dans les contorsions et les contradictions du monde. Un monde où l'on ne sait pas si les espions découvrent les complots ou les inventent, où les engins de liaison modernes servent à casser les liens, où les médecins ne soignent pas mais gardent en vie ceux qu'il faut détruire à petit feu. Un monde où un petit médecin découvre l'amour et décide que finalement la vie et la morale peuvent aller dans le même sens.

Citation

Sous bien des aspects il s'était montré dégueulasse. Il avait trompé sa femme, il buvait, il avait coupé tout contact avec sa famille. Sans compter les choses qu'il avait faites pour le pays et pour Dieu et dont il n'avait pas lieu d'être fier.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 16 septembre 2011
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