Lily en eaux troubles

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Roman - Policier

Lily en eaux troubles

Écologique - Arnaque - Mafia MAJ mardi 15 novembre 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Zolma
Paris : Jigal, septembre 2011
212 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-914704-80-9
Coll. "Polar"

Menu fretin et gros poisson

Une nouvelle enquête de Lily Verdine, où les poissons que l'on pêche ne sont pas ceux que l'on avait ferrés. Paris. Lily Verdine prend du repos : elle a emmagasiné un petit magot avec ses dernières affaires, elle peut donc dormir sur ses deux oreilles quelques temps. N'était le téléphone pour la tirer du lit. Une voix féminine – du pain que ne mange pas Lily. Cécile Vuillet, veuve depuis peu, voudrait lui confier la réouverture de l'enquête bâclée par les flics du coin – en Avignon -, sur le suicide de son époux. Un chimiste de trente-cinq ans, dans la fleur de l'âge, couvert de fric et de réussite : il venait d'ouvrir son labo indépendant avec un pote d'études, l'entreprise avait le vent en poupe, Thierry croquait la vie à belles dents. Trop belles peut-être, les dents ? Lily objecte, hésite, accepte sans savoir trop pourquoi. Un pastis en Avignon peut-être. La veuve l'y attend, grande, blonde, jolie. Qui refuse obstinément de croire à ce suicide. Du coup Lily entame mollement son enquête. La routine, audition des flics de quartier. Déplaisants, amateurs. Incohérents. Sinon peut-être ce dossier qu'ils n'ont pas révélé à la veuve, avec ses photos prises au téléobjectif exhibant l'époux en coquine posture avec une poule de luxe. Un maître-chanteur dans la nature donc. Mais les flics ont abandonné l'enquête. Manque de moyens, pas trop de leur ressort, le chantage, les prostituées de luxe, la maffia russe. Lily s'interroge. Le suicide ne semble pas coller avec la personnalité du défunt. Et puis la poule de luxe de la photo a disparu. Persévérante, Lily met la main sur la copine de trottoir de la disparue, qui se fait refroidir sitôt lui avoir parlé... Voilà Lily sacrément mordue désormais. Elle harcèle, flaire un bluff, lève une autre piste : un trafic, mais pas du genre stupéfiant. Le Rhône charrie bien des cadavres en Avignon, qui ne sont pas tous du genre humain et c'est là que Lily emballe le récit. Un récit comme émancipé dans cet opus, par une écriture apaisée qui se plaît à narrer, ne cherchant plus la démonstration lexicale assujettissant le récit à la phrase bout-en-train, d'emporte-pièce polardeuse, de bons mots saupoudrant le texte de bibelots assommants. Un narratif rasséréné en somme, confiant dans la fonction du récit, tout entier articulé par le désir de construire une temporalité discursive réjouissante, parce qu'inscrivant le plaisir de lire, qui est celui d'entrer dans la vie d'un lieu, de personnages, d'entrer dans la lecture d'un espace et d'un moment de vie étrangers aux nôtres, plutôt que de dessiner des connivences, les lois du genre. Le plaisir, au fond, de n'être plus dans le genre mais dans le récit d'une histoire singulière, inaccoutumée, dépaysante. Zolma s'ouvre ainsi, dirait-on, un nouvel horizon romanesque qu'il ébauche avec sérénité, en toute confiance d'un art du récit ni extravagant ni démonstratif. Zolma explore le romanesque, non le genre en somme. Et c'est très bien comme ça.

Récompenses :
Olives noires 2012

Citation

Remarquez, je ne me suicide pas souvent, non plus.

Rédacteur: Joël Jégouzo mardi 04 octobre 2011
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