Anesthésie générale

Le décalage était étrange. L'Allemagne était à feu et à sang ; au Département d'État, à Washington, il n'était question que de cols blancs, de crayons rouges de Hull et de la frustration croissante à l'égard de Dodd qui n'avait pas réussi à plaider le dossier des États-Unis.
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mercredi 16 octobre

Contenu

Roman - Noir

Anesthésie générale

Historique - Prison - Scientifique MAJ vendredi 21 octobre 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Jerry Stahl
Pain Killers - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Alexis G. Nolent
Paris : Rivages, septembre 2011
488 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2250-3
Coll. "Thriller"

San Quentin Parano

Anesthésie générale est un titre bien trouvé pour un livre qui traite de la shoah et plus particulièrement des pseudos expériences scientifiques réalisées dans les camps de la mort par le docteur Mengele, un homme qui ne s'attardait pas à soulager la souffrance de ses cobayes. L'anesthésie par contre, elle, est largement opérée sur un peuple qui malgré ce racisme ambiant voire carrément institutionnalisé reste dans un état léthargique, ne s'offusque de rien voire l'entretient.

Il y a Manny Ruppert, un ex-flic, anciennement marié, mais pas tout à fait anciennement toxicomane, qui ne roule pas sur l'or, et à qui on propose de se lancer sur une affaire. Comme tout bon privé pauvre, il ne peut pas vraiment se permettre de refuser. Surtout que le vieux commanditaire s'est montré plutôt persuasif, et qu'il est difficile de contester lorsque que l'on se retrouve bloqué entre les pieds d'un déambulateur. Son idée est que Manny intègre la prison de Saint Quentin en se faisant passer pour un thérapeute, et qu'une fois là-bas il vérifie l'identité d'un détenu, un homme qui serait ou qui est véritablement Joseph Mengele, "L'Ange de la mort", celui qui hante la mémoire de nombreux juifs et qui hantera bientôt celle de Manny.

Jerry Stahl aime les contrepieds. Il fait preuve d'un humour grinçant, quitte à choquer. Mais l'intention est plus que louable. Le but n'est pas de nous endormir mais au contraire de nous éveiller. Pour se faire, Jerry Stahl ne prend pas de gants. Ce n'est pas dans ses habitudes. Au contraire, l'homme tire à vue. Personne n'est épargné dans cette Amérique ultra-conservatrice. Point de pseudonymes. Les Hommes sont ici renvoyés face à leurs actes et à leurs paroles. Présentateurs télé, évangélistes, politiques ou scientifiques sont dénoncés ouvertement.

Dans une ambiance crasseuse et dérangeante, voire nauséabonde, Jerry Stahl frappe fort, et ça fait mal. Par son ton et son histoire, le livre met à mal l'Amérique et ses institutions. Plus noir, que déjanté, Jerry Stahl nous mène aux frontières de la folie d'une société sclérosée.
Le mal est là, toujours présent, réveillez-vous.


On en parle : La Tête en noir n°152

Citation

Il n'y a pas de pays. Il n'y a pas de guerres. Il n'y a que des gardiens, qui dirigent le monde, et des prisonniers, qui le peuplent. Une nation mène toutes les autres : la république du fric.

Rédacteur: Benjamin Fricard jeudi 20 octobre 2011
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