La Maison dans l'ombre

Dans la nouvelle d'Edgar Poe, la lettre se trouvait en permanence à la vue de tous ; seulement personne n'y prêtait attention. Si, comme l'a écrit Chesterton, le sage est celui qui dissimule une feuille d'arbre dans une forêt et un galet sur une plage, quelle meilleure cachette pouvait-on imaginer pour une lettre volée qu'un bureau de poste ?
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mardi 12 novembre

Contenu

DVD - Noir

La Maison dans l'ombre

Psychologique - Assassinat MAJ dimanche 27 mai 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 10 €

Nicholas Ray
On Dangerous Ground - 1951
Paris : Montparnasse, janvier 2004
1 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "RKO", 24

Actualités

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  • 26/08 Cinéma: Festival polar action-cristolien - acte II
  • 11/08 Télévision: Cycle "Film noir" au Cinéma de minuit
    Parmi ses multiples casquettes, Patrick Brion est responsable du Cinéma de minuit sur France 3. L'émission dominicale, qui est un rendez-vous cinéphile ancestral qui a su conserver le charme de la version originale sous-titrée pour des classiques du fameux 7e art propose en ce moment un cycle "Film noir" de fort bon augure en cette rentrée multiple (classes, sociale...). Nous ne saurions trop vous conseiller de veiller tardivement ou de mettre à l'affut vos enregistreurs afin de pouvoir à des horaires non indus regarder ces merveilles qui bien souvent nous viennent d'outre-Atlantique et des années 1940.

    Programme :
    - 18 août : The Lodger, de John Brahm (1944). Dans le Londres victorien, la terreur règne. Des prostituées sont assassinées et la police peine à trouver le coupable. Cette série macabre coïncide avec l'arrivée d'un étrange locataire dans une pension de famille de Whitechapel...
    - 25 août : Ils ne voudront pas, d'Irvin Pichel (1947). Un homme se marie pour le confort et la sécurité, mais ne cesse de tromper sa riche épouse...
    - 1er septembre : Destination Murder, de Edward L. Cahn (1950). Le père de Laura Mansfield est abattu froidement à son domicile. Sa fille, témoin partielle du meurtre, décide de mener sa propre enquête. Elle soupçonne Jackie Wales, mais la police ne peut l'arrêter faute de preuves...
    - 8 septembre : L'Assassin sans visage, de Richard Fleischer (1949). Un policier, Harry Grant, et une journaliste, Ann Gorman, tentent de retrouver la trace d'un tueur en série surnommé "Le Juge". Grant est surtout l'auteur d'une méthode inédite d'investigation : la création d'un mannequin à l'image du meurtrier grâce aux différents indices accumulés afin de permettre une identification plus probante. La traque s'intensifie et l'étau finit par se resserrer autour du tueur...
    - 15 septembre : Three Strangers, de Jean Negulesco (1946). 1938, à Londres. Selon la coutume, la déesse Kwan-Yin exauce à minuit, lors de chaque nouvel an chinois les souhaits communs émis par des gens qui ne se connaissent pas. C'est ainsi que Crystal Shackleford, Jerome K. Arbutny et John West décident de miser sur une célèbre course hippique, le Grand National. En attendant minuit, les trois participants racontent aux autres ce qu'ils comptent faire de leur argent : Crystal dit aux deux hommes qu'elle utilisera sa part pour convaincre son mari de revenir à la maison. Jerome, lui, espère que la somme lui permettra de gagner une importante élection. John souhaite tout simplement acheter un bar où il pourra boire en paix...
    - 22 septembre : L'Enfer de la corruption, d'Abraham Polonsky (1948). Joe Morse, jeune et ambitieux avocat, gère les affaires de Joe Tucker, puissant gangster new-yorkais contrôlant les paris. Les deux hommes mettent au point un plan qui doit se révéler fructueux. Son frère Leo étant à la tête d'un de ces petits organismes, Joe Morse tente en vain d'obtenir que Leo rejoigne la puissante organisation de Tucker.
    - 29 septembre : La Maison dans l'ombre, de Nicholas Ray (1952).

    Cinéma de minuit, sur France 3
    Liens : Assassin sans visage |Richard Fleischer |Nicholas Ray

  • 01/08 Cinéma: Égéries et série B

Flic aveugle

Jim Wilson (Robert Ryan), est un flic amer, désabusé et violent qui après onze ans de carrière dans la police vit en ours solitaire parce que lorsque l'on fait ce métier, on ne peut rien partager de beau. Sauf qu'à ce jeu, on se fait haïr de tous, et l'on prend le risque d'être à son tour broyé par la machine judiciaire. Heureusement pour lui, le crime d'une jeune fille a été commis à l'extérieur de la ville, dans les montagnes. Dépêché pour aider le shérif local, il entame une course-poursuite avec un meurtrier aux abois, poussé aux dernières extrémités par l'idée de revanche d'Américains armés de fusils, qui ne rêvent que d'une chose : faire justice eux-mêmes. Les empreintes du meurtrier dans la neige mènent à une maison isolée baignée dans l'obscurité. À l'intérieur, la ravissante Mary (Ida Lupino), sœur aveugle du meurtrier. Pour Jim Wilson, c'est l'heure de la révélation (qui tarde un peu à se faire, mais le film ne laisse là-dessus que très peu de suspense) : la solitude a une fin. Mais, Jim Wilson a une mission : sauver le meurtrier des hordes à ses trousses et l'amener au tribunal.

Nicholas Ray brasse de nombreux thème dans ce film noir sentimental qui débute avec un héros solitaire emblématique à la recherche de la justice à tout prix, qui va trouver la rédemption non sans avoir été soumis à la torture mythologique : comment obtenir l'amour d'une femme dont on pourchasse le frère ? S'ajoute à cela une approche sensible et extraordinaire de la cécité de Mary, avec un jeu de réalisation qui atteint des sommets dès le début de la rencontre des deux acteurs. La caméra se veut subjective à travers les yeux d'Ida Lupino qui avance à la suite de Robert Ryan dans la maison. Une idée plus qu'intéressante et loin d'être anodine lorsque l'on sait que Nicholas Ray fera partie des réalisateurs borgnes d'Hollywood (John Ford, Fritz Lang, Raoul Walsh et André de Toth). L'interprétation d'Ida Lupino (alors imposée à Nicholas Ray) est éblouissante. Ses rapports avec son frère complexes. Le film surfe du noir au sentimental avec très peu de suspense mais des instants dramatiques féroces avec une peinture sociale douce amer, et un combat psychologique de tous les instants entre tous les personnages. Du grand art pour un réalisateur qui n'a que deux ans d'expérience derrière lui...

La Maison dans l'ombre : 82 min. avec Robert Ryan, Ward Bond, Ida Lupino...
Bonus. Présentation de Serge Bromberg.

Citation

À force de voir des assassins, des alcoolos et des prostituées de la pire engeance, on croit que tout le monde est ainsi. Tant qu'on ne voit que ça, on se sent bien seul.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 28 octobre 2011
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