Satori

Administration de substances nuisibles suivie d'infirmité permanente, crime passible de la cour d'assises... Zoran ne contribuerait pas à l'engorgement des tribunaux, l'enflure allait morfler en direct.
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jeudi 21 novembre

Contenu

Roman - Espionnage

Satori

Politique - Historique MAJ dimanche 06 novembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Don Winslow
Satori - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Richard Cunningham
Paris : Jean-Claude Lattès, novembre 2011
414 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-3557-8

Actualités

  • 05/10 Édition: Parutions de la semaine - 5 octobre
    Pleins feux sur les éditions Rivages qui avec Bill James, Elmore Leonard et un étrange duo composé de Ken Bruen et Reed Farrel Coleman proposent trois romans délectables. Le premier vaut le détour ne serait-ce que parce qu'il reprend ce qui a fait le succès des littératures romantiques du XIXe siècle : c'est un roman épistolaire (mais noir). Les nouveaux romans de Marin Ledun (chez Ombres noires, un nouvel éditeur), Elizabeth George, Donna Leon, Peter May, Arni Thorarinsson, Pierre Lemaitre et Don Winslow arrivent sur les tables avec des avis très partagés. Winslow et George cèdent ainsi aux facilités américaines. C'est de l'efficace mais sûrement pas du dérangeant, du déstabilisant. Du neuf fait avec du vieux. Et c'est bien dommage. Le Seuil publie des nouvelles mettant en scène Wallander, le personnage de Henning Mankell, pendant que L'Opportun en dégotte cinquante de Maurice Leblanc. Rayon des rééditions poche, nous ne saurions vous conseiller de vous plonger dans Paperboy, de Pete Dexter ou L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa. Pour les amateurs, il y a aussi les romans de Philip Kerr, Ian Rankin et Robert Littell. Très différents dans leurs genres, mais sobres et efficaces...

    Grand format :
    L'Ange du matin, de Arni Thorarinsson (Métailié, "Noir")
    Mauvais pas, de Linwood Barclay (Belfond, "Noir")
    Ce bonheur trop parfait, de Suzanne Bugler (Presses de la Cité, "Suspense psychologique")
    Comme au cinéma : petite fable judiciaire, de Hannelore Cayre (Métailié)
    Jeunes pousses en folie, de Jean Céa (L'Harmattan)
    Ligne de mire. 1, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Ligne de mire. 2, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Mauvaises fréquentations, de Marcia Clark (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Le Souilleur de femmes d'Oxford : et autres cas mystérieux du Dr Henry St Liver, de Gary Dexter (Le Dilettante)
    L'Automne meurtrier, de Andrea Ellison (Mosaïc)
    Un goût de cendres, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    La Ronde des mensonges, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Lettres de Carthage, de Bill James (Rivages, "Thriller")
    Beau parleur, de Jesse kellerman (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Freezing, de Clea Koff (Héloïse d'Ormesson)
    Nouvelles inédites, de Maurice Leblanc (L'Opportun)
    Dans le ventre des mères, de Marin Ledun (Ombres noires)
    Sacrifices, de Pierre Lemaître (Albin Michel, "Thrillers")
    Les Joyaux du paradis, de Donna Leon (Calmann-Lévy)
    La Faille souterraine : et autres enquêtes, de Henning Mankell (Le Seuil, "Policier")
    Le Braconnier du lac perdu, de Peter May (Le Rouergue, "Noir")
    La Politique du tumulte, de François Médéline (La Manufacture de livres)
    Le Murmure de l'ogre, de Valentin Musso (Le Seuil)
    Sonate pour un espion, de Jean-Pierre Pochon (Robert Laffont)
    Les 500, de Matthew Quirk (Le Cherche midi, "Thriller")
    L'Évadée du bocal, de Patty Siyha (Chloé des Lys)
    Cool, de Don Winslow (Le Seuil, "Policier")
    Aventure de Newton Poppleford : le jeu des 7 terreurs, de Gordon Zola (Le Léopard démasqué)

    Poche :
    Et l'ange de Reims grimaça, de Jean-Pierre Alaux (10-18, "Grands détectives")
    Va, brûle et me venge !, de Philippe Bouin (Archipoche, "Archipoche")
    Tower, de Ken Bruen & Reed Farrel Coleman (Rivages, "Noir")
    Lazhadeg, de Maxime Chattham (Hor Yezh)
    Un père idéal, de Paul Cleave (LGF, "Thriller")
    Caïds, de Martina Cole (LGF, "Thriller")
    Paperboy, de Pete Dexter (Points, "Roman noir")
    Les Yeux de Lira, de Eva Joly & Judith Perrignon (Points)
    Jusqu'à la folie, de Jesse Kellerman (J'ai lu, "Thriller")
    La Paix des dupes : un roman dans la Deuxième Guerre mondiale, de Philip Kerr (LGF, "Policier")
    L'Élixir du diable, de Raymond Khoury (Pocket)
    La Parole perdue, de Frédéric Lenoir & Violette Cabesos (LGF, "Thriller")
    Cat Chaser, d'Elmore Leonard (Rivages, "Noir")
    Philby : portrait de l'espion en jeune homme, de Robert Littell (Points, "Policier")
    Le Mensonge dans la peau : la ruse de Bourne, de Eric van Lustbader (LGF, "Thriller")
    les Charmants travers de nos semblables, d'Alexander McCall Smith (10-18, "Grands détectives")
    L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa (Folio)
    Lost Girls, de Andrew Pyper (Points, "Thriller")
    Exit music, de Ian Rankin (LGF, "Policier")
    Panique à Bamako, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS)
    Satori, de Don Winslow (Points, "Policiers")
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  • 04/11 Édition: Parutions de la semaine - 4 novembre

Hommage à Trevanian

En 1979, Rodney William Whitaker alias Trevanian écrit Shibumi, un roman d'espionnage mettant en scène Nicholaï Hel, le fils d'une aristocrate russe et d'un militaire allemand né en Chine durant l'entre-deux-guerre. Nicholaï Hel, qui a reçu une éducation spirituelle japonaise, devient tueur malgré lui au début des années  1950 avant de s'installer au Pays basque, où il n'aura de cesse de lutter contre les agences de contre-espionnage qui veulent sa peau. Mais Trevanian avait laissé des zones d'ombre dans le parcours de cet étrange aventurier des temps modernes. Don Winslow a réuni des éléments historiques et géographiques avant de se lancer dans une immersion hommage à l'œuvre d'un auteur qui l'a impressionnée des années plus tôt lors d'une lecture attentive.

Shibumi est un terme japonais qui veut dire "élégance sans ostentation", pour son roman Don Winslow choisit lui aussi un terme japonais emblématique du périple que va suivre Nicholaï Hel, Satori, "pour voir les choses telles qu'elles sont". Et dans Satori, les événements et les hommes ont plusieurs significations, identités, objectifs. Au sortir de sa prison américaine, Nicholaï Hel devient un agent américain, formé à la provençale par une magnifique prostituée française au doux prénom de Solange. Son but est de se faire passer pour un trafiquant d'armes français chargé de vendre des lances-roquette au Viet-minh, afin d'approcher et de tuer dans la Chine de Mao, le redoutable Russe Voroshenine (qui entre parenthèses a spolié la richesse de la mère de Nicholaï Hel en plus de la violer). Nicholaï Hel, adepte du jeu de go, va ainsi se confronter à une horde d'adversaires avide de poker, de mahjong et d'échecs, le tout avec un tueur redoutable à ses basques, Le Cobra, un trafiquant d'opium américain, Diamond, la mafia corse implantée à Saigon, les communistes de Chine, la Légion étrangère française et les nombreux agents doubles ou triples, on s'y père un peu. Heureusement pour lui, il peut compter sur son sens du danger, ses prouesses techniques, son karma et son sang-froid sans compter l'aide inestimable d'un officier américain, d'un nain français libidineux et d'hommes à la loyauté surprenante.

Avouons-le, le début est un peu poussif, la faute peut-être à une traduction qui ne colle pas au style de Trevanian (auquel pourtant se réfère Don Winslow dans sa postface). Passé le premier tiers de l'ouvrage, on s'immerge dans un monde d'espionnage violent et réfléchi, on oublie que Don Winslow a emprunté le personnage de Trevanian, on est happé par une intrigue que n'aurait pas renié Hugo Pratt pour une de ses aventures de Corto Maltese. Car tous les personnages de cette intrigue ont cet apparat mythologique qui fait de Satori un bon voire très bon roman d'espionnage dans un monde de gentilshommes de fortune. Un monde noir qui ne laissera aucun répit à Nicholaï Hel, pour le plonger dans son propre enfer, car n'en déplaise à Jean-Paul Sartre, l'enfer c'est nous et pas les autres. Et Hel, ne s'en sortira pas indemne !

Citation

Nicholaï Hel, remarqua Voroshenine, était presque exactement du même âge que Michel Guibert. C'était une coïncidence, mais les hommes croyant aux coïncidences que connaissait Voroshenine étaient tous des hommes morts.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 14 janvier 2013
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