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Roman - Espionnage

Philby : portrait de l'artiste en jeune homme

Géopolitique MAJ lundi 07 novembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Robert Littell
Young Philby - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud
Paris : Baker Street, novembre 2011
208 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-917559-19-2

Traité d'espionnage en guerre froide

La Guerre froide a donné très vite un renouveau à la littérature d'espionnage. John Le Carré, avec L'Espion qui venait du froid a cependant très vite mis la barre très haut. Dans ce roman, l'on en arrive à ne plus bien déceler qui est un agent simple, d'un agent double voire d'un agent double retourné. Mais la réalité nous a proposé en Philby, un véritable espion de roman, à tel point que même après sa mort, la vérité nous fait toujours défaut.
Robert Littell, dans un roman contemplatif que l'on devine documenté, revient avec une structure intéressante sur la vie de ce fils bourgeois d'Oxford, espèce de dandy forcément désœuvré, qui décide de suivre la voie incarnée par son oncle, grand arpenteur des déserts et au fait de secrets d'État.
Ils sont plusieurs camarades d'université à opter pour le communisme dans une Europe où l'engagement politique est à son apogée. 1936 : année du début de la guerre d'Espagne. L'Europe est en pleine mutation avec la montée des dictatures fascistes et nazies, la chute de républiques ou de monarchies, l'arrivée de totalitarismes communistes. Philby et ses pairs ont donc choisi de faire confiance à Staline. Quittant ses camarades, il va passer de main en main, toutes plus expertes les unes que les autres, de pays en pays. Lui va survivre à ses rencontres. Elles, vont finir pour la plupart rapatriées à Moscou pour mieux combler la folie purgative d'un névrosé moustachu. C'est avant tout dans cette structure narrative que se démarque Robert Littell, car en donnant la parole à tous ces personnages qui ont gravité autour de Philby, il permet l'énumération d'autant de vérités fausses sans même se compromettre. Il dresse le portrait d'un homme, véritable puzzle idéologique, dont on ne sait que penser. Et c'est bien justement parce que la vérité à été tout au long de sa vie indécelable au fond de ses yeux que Philby s'en est sorti indemne. Mais à la fin de son roman, à l'heure où Philby demeure seul, Robert Littell est contraint d'y aller de sa théorie, intéressante mais que nous ne dévoilerons pas pour ne rien déflorer de l'intrigue. Le roman est bien écrit et bien ficelé, l'énigme de haute volée, il manque cependant une veine romanesque nécessaire que s'est bien approprié Alan Furst dans ses romans d'espionnage pour en faire un très grand roman. Ne reste que l'image flamboyante d'un homme aux multiples vies et secrets peint froidement par un bien bel auteur...

Nominations :
Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2012

Citation

Si l'on peut dire que la phase de recrutement relève du domaine de l'art - la séduction, que ce soit d'une future amante ou d'un futur agent d'espionnage, est indéniablement un art -, ce qui a suivi s'apparentait plus à de l'artisanat.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 02 novembre 2011
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