Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre

Mon chou, je suis bien pire qu'une putain de grippe. Je te file d'abord quelques courbatures après molestage en règle, ensuite tu te chies dessus tellement t'as peur, pour finir je te cloue définitivement au lit. Personne n'a encore trouvé de vaccin, ricana le Fugu.
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Roman - Noir

Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre

Politique MAJ mardi 29 novembre 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

Robin Cook
A State Of Denmark - 1970
Traduit de l'anglais par Jean-Paul Gratias
Paris : Rivages, septembre 2005
394 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-1442-0
Coll. "Noir"

... et en France aussi un peu

Il n'y a pas que la crise de la quarantaine qui fait changer de métier. Il y a aussi les régimes politiques. Richard Watt était journaliste engagé à Londres. Maintenant, il est viticulteur en Italie. Exilé heureux. Il s'est retapé une belle petite maison à la sueur de son front, rattrapé des pieds de vigne à l'abandon sur les coteaux et même réussi à gagner la considération des paysans du coin. Bref à se refaire un petit monde à son image, bien peinard. Mais le monde n'est pas à notre image, nous dit Robin Cook. Watt est dans le collimateur du nouveau Premier ministre anglais (et non pas britannique car le pays de Galle et l'Écosse ont fait sécession tellement l'Angleterre est devenue infréquentable). Jobling lui en veut à mort à cause d'une interview remontant à quelques années au cours de laquelle Watt l'a ridiculisé devant des millions de téléspectateurs.
Depuis Jobling est devenu tout puissant et tient l'Angleterre sous sa coupe. Watt pense être tranquille en Italie avec sa fiancée, mais Jobling est rancunier.
Une fois refermé, Quelque chose de pourri fait son petit bonhomme de chemin dans la conscience (bonne ou mauvaise) de chacun vis-à-vis de ses devoirs de citoyen. Ce roman appuie sur ce que devrait être notre attention quotidienne aux affaires de la cité. Il pointe les petits renoncements de chacun, les petites velléités civiques qui peu à peu forment le décor dans lequel s'installera fatalement le premier opportuniste un peu malin. Cook, ne fait pas le portrait à charge d'un dictateur horrible façon XXe siècle, mais plutôt celui d'un homme cultivé, "informé", donc sans excuse vis-à-vis de ses renoncements sur l'analyse qu'il tire de la situation politique qu'il voit doucement mais sûrement évoluer vers le pire. Peu importe les faits qui conditionnent l'arrivée de nouvelles lois toujours plus répressives, le report d'élections ou de référendum (une pensée à nos amis Grecs). Crise politique, crise économique, crise financière, s'enchaînent finalement toutes les unes aux autres pour servir de prétexte aux "experts" qui se chargent dès lors des affaires courantes... Cook exprime un message simple à dire et à retenir : la démocratie se mérite tous les jours. Le pouvoir a horreur du vide, et s'il n'est plus occupé par des représentants du peuple régulièrement élus alors il peut l'être par des opportunistes qui se chargeront toujours de trouver un bon prétexte pour justifier leur présence et reculer toujours un peu plus la date des prochaines élections. Ce sont ces types-là qu'il faut s'avoir chasser à coup de pieds au cul. Avant bien sûr qu'il ne soit trop tard, qu'ils ne soient trop installés.... Un message très contemporain à méditer.

Citation

C'est ainsi que naisse les révolutionnaires, souvent à leur insu ; car la révolution, en tant que rôle, n'est que le prolongement de l'individu tel qu'il était auparavant.

Rédacteur: Olivier Nouvel lundi 28 novembre 2011
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