L'Élixir du diable

Jusqu'à midi, Andréa était en mode diesel. Les informations arrivaient au cerveau en ordre dispersé. Après, tout s'arrangeait : la belle mécanique se mettait en branle et plus rien ne l'arrêtait. Le pic d'activité cérébrale se situait autour de midi.
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Roman - Thriller

L'Élixir du diable

MAJ lundi 05 décembre 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Raymond Khoury
The Devil's Elixir - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Jacques Marvost
Paris : Presses de la Cité, novembre 2011
450 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-258-09246-4
Coll. "Grands romans"

Quête d'un savant en quête

Natif de Beyrouth, Raymond Khoury avait offert à ses débuts un petit supplément d'âme au thriller formaté grâce à une vision moins manichéenne qu'à l'habitude, peut-être due à son enfance dans un pays en guerre, une excellente maîtrise de la documentation et un enthousiasme scientiste réel. Las, les aléas de l'édition sont passés par là, et aujourd'hui, la norme est imposée par James Patterson, maître-étalon du best-seller étiqueté au kilo. Raymond Khoury prend tous ses tics et sa construction, à tel point que cela sent comme tous ces ersatz de Stephen King qui pullulaient dans les années 1990. C'est donc reparti pour un personnage de série, un agent du FBI semblable à tous les héros du genre, des passages de la première à la troisième personne, une suite de scènes d'action à rythme soutenu ponctuées par une vague enquête et un affreux méchant trafiquant de drogue — et étranger, faut-il le préciser — avec pour MacGuffin la quête d'un savant susceptible de créer une drogue de synthèse et l'indispensable enfant en péril. Bref, tout ce qui aurait fait la base d'un testostérone-opéra des années 1990, véhicule pour Seagal ou Schwarzeneger, complet avec l'obligatoire scène d'hélicoptère finale. Le tout avec une écriture aux tournures parfois étranges et une intrigue sans ces trous gigantesques qui semblent être un trait d'arrogance des pisses-copies syndiqués - soit chasser le snobisme présumé par le cynisme -, ne s'embarrassant pas de détails telle qu'une quelconque psychologie des personnages qui restent cent pour cent carton-pâte. La seule surprise passe par un détour vers le fantastique qui semble de prime abord capillotracté, bien qu'il soit retourné dans les dernières pages. C'est d'ailleurs dans ces pages sur la réincarnation en tant que théorie scientifique que l'ensemble s'envole soudain, comme si l'auteur en venait enfin à ce qui l'intéresse vraiment au milieu des desiderata économiques imposés par le genre. Comme si, sous le tâcheron amortissant ses cours de creative writing et les diktats des éditeurs, un auteur tentait de montrer le bout de son nez. Mais cela ne dure pas, on retombe dans les fusillades, trahisons et coups de théâtre. Ça se laisse lire si l'on s'en tient à la doxa du "quelque chose de pas prise de tête à lire dans le métro", mais sans que l'on puisse en attendre une quelconque valeur ajoutée.

Citation

Je la fis asseoir sur une chaise, le dos tourné à la salle principale, lui proposai un verre d'eau. Je ne sais pas pourquoi on fait toujours ça, comme si l'eau avait un pouvoir magique permettant aux gens d'effacer les évènements traumatisants.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 01 décembre 2011
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