L'Élixir du diable

Cette fois l'assassin a choisi des victimes de conditions différentes. Non, ce ne sont pas des crimes d'un maniaque criminel. Il y a quelque chose d'étrange et de sinistre. Vous me faites peur. De quoi parlez-vous ? Watson, je suis sûr que ces meurtres ne sont qu'une partie d'un plan.
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samedi 24 août

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Roman - Thriller

L'Élixir du diable

MAJ lundi 05 décembre 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Raymond Khoury
The Devil's Elixir - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Jacques Marvost
Paris : Presses de la Cité, novembre 2011
450 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-258-09246-4
Coll. "Grands romans"

Actualités

  • 05/10 Édition: Parutions de la semaine - 5 octobre
    Pleins feux sur les éditions Rivages qui avec Bill James, Elmore Leonard et un étrange duo composé de Ken Bruen et Reed Farrel Coleman proposent trois romans délectables. Le premier vaut le détour ne serait-ce que parce qu'il reprend ce qui a fait le succès des littératures romantiques du XIXe siècle : c'est un roman épistolaire (mais noir). Les nouveaux romans de Marin Ledun (chez Ombres noires, un nouvel éditeur), Elizabeth George, Donna Leon, Peter May, Arni Thorarinsson, Pierre Lemaitre et Don Winslow arrivent sur les tables avec des avis très partagés. Winslow et George cèdent ainsi aux facilités américaines. C'est de l'efficace mais sûrement pas du dérangeant, du déstabilisant. Du neuf fait avec du vieux. Et c'est bien dommage. Le Seuil publie des nouvelles mettant en scène Wallander, le personnage de Henning Mankell, pendant que L'Opportun en dégotte cinquante de Maurice Leblanc. Rayon des rééditions poche, nous ne saurions vous conseiller de vous plonger dans Paperboy, de Pete Dexter ou L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa. Pour les amateurs, il y a aussi les romans de Philip Kerr, Ian Rankin et Robert Littell. Très différents dans leurs genres, mais sobres et efficaces...

    Grand format :
    L'Ange du matin, de Arni Thorarinsson (Métailié, "Noir")
    Mauvais pas, de Linwood Barclay (Belfond, "Noir")
    Ce bonheur trop parfait, de Suzanne Bugler (Presses de la Cité, "Suspense psychologique")
    Comme au cinéma : petite fable judiciaire, de Hannelore Cayre (Métailié)
    Jeunes pousses en folie, de Jean Céa (L'Harmattan)
    Ligne de mire. 1, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Ligne de mire. 2, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Mauvaises fréquentations, de Marcia Clark (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Le Souilleur de femmes d'Oxford : et autres cas mystérieux du Dr Henry St Liver, de Gary Dexter (Le Dilettante)
    L'Automne meurtrier, de Andrea Ellison (Mosaïc)
    Un goût de cendres, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    La Ronde des mensonges, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Lettres de Carthage, de Bill James (Rivages, "Thriller")
    Beau parleur, de Jesse kellerman (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Freezing, de Clea Koff (Héloïse d'Ormesson)
    Nouvelles inédites, de Maurice Leblanc (L'Opportun)
    Dans le ventre des mères, de Marin Ledun (Ombres noires)
    Sacrifices, de Pierre Lemaître (Albin Michel, "Thrillers")
    Les Joyaux du paradis, de Donna Leon (Calmann-Lévy)
    La Faille souterraine : et autres enquêtes, de Henning Mankell (Le Seuil, "Policier")
    Le Braconnier du lac perdu, de Peter May (Le Rouergue, "Noir")
    La Politique du tumulte, de François Médéline (La Manufacture de livres)
    Le Murmure de l'ogre, de Valentin Musso (Le Seuil)
    Sonate pour un espion, de Jean-Pierre Pochon (Robert Laffont)
    Les 500, de Matthew Quirk (Le Cherche midi, "Thriller")
    L'Évadée du bocal, de Patty Siyha (Chloé des Lys)
    Cool, de Don Winslow (Le Seuil, "Policier")
    Aventure de Newton Poppleford : le jeu des 7 terreurs, de Gordon Zola (Le Léopard démasqué)

    Poche :
    Et l'ange de Reims grimaça, de Jean-Pierre Alaux (10-18, "Grands détectives")
    Va, brûle et me venge !, de Philippe Bouin (Archipoche, "Archipoche")
    Tower, de Ken Bruen & Reed Farrel Coleman (Rivages, "Noir")
    Lazhadeg, de Maxime Chattham (Hor Yezh)
    Un père idéal, de Paul Cleave (LGF, "Thriller")
    Caïds, de Martina Cole (LGF, "Thriller")
    Paperboy, de Pete Dexter (Points, "Roman noir")
    Les Yeux de Lira, de Eva Joly & Judith Perrignon (Points)
    Jusqu'à la folie, de Jesse Kellerman (J'ai lu, "Thriller")
    La Paix des dupes : un roman dans la Deuxième Guerre mondiale, de Philip Kerr (LGF, "Policier")
    L'Élixir du diable, de Raymond Khoury (Pocket)
    La Parole perdue, de Frédéric Lenoir & Violette Cabesos (LGF, "Thriller")
    Cat Chaser, d'Elmore Leonard (Rivages, "Noir")
    Philby : portrait de l'espion en jeune homme, de Robert Littell (Points, "Policier")
    Le Mensonge dans la peau : la ruse de Bourne, de Eric van Lustbader (LGF, "Thriller")
    les Charmants travers de nos semblables, d'Alexander McCall Smith (10-18, "Grands détectives")
    L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa (Folio)
    Lost Girls, de Andrew Pyper (Points, "Thriller")
    Exit music, de Ian Rankin (LGF, "Policier")
    Panique à Bamako, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS)
    Satori, de Don Winslow (Points, "Policiers")
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Quête d'un savant en quête

Natif de Beyrouth, Raymond Khoury avait offert à ses débuts un petit supplément d'âme au thriller formaté grâce à une vision moins manichéenne qu'à l'habitude, peut-être due à son enfance dans un pays en guerre, une excellente maîtrise de la documentation et un enthousiasme scientiste réel. Las, les aléas de l'édition sont passés par là, et aujourd'hui, la norme est imposée par James Patterson, maître-étalon du best-seller étiqueté au kilo. Raymond Khoury prend tous ses tics et sa construction, à tel point que cela sent comme tous ces ersatz de Stephen King qui pullulaient dans les années 1990. C'est donc reparti pour un personnage de série, un agent du FBI semblable à tous les héros du genre, des passages de la première à la troisième personne, une suite de scènes d'action à rythme soutenu ponctuées par une vague enquête et un affreux méchant trafiquant de drogue — et étranger, faut-il le préciser — avec pour MacGuffin la quête d'un savant susceptible de créer une drogue de synthèse et l'indispensable enfant en péril. Bref, tout ce qui aurait fait la base d'un testostérone-opéra des années 1990, véhicule pour Seagal ou Schwarzeneger, complet avec l'obligatoire scène d'hélicoptère finale. Le tout avec une écriture aux tournures parfois étranges et une intrigue sans ces trous gigantesques qui semblent être un trait d'arrogance des pisses-copies syndiqués - soit chasser le snobisme présumé par le cynisme -, ne s'embarrassant pas de détails telle qu'une quelconque psychologie des personnages qui restent cent pour cent carton-pâte. La seule surprise passe par un détour vers le fantastique qui semble de prime abord capillotracté, bien qu'il soit retourné dans les dernières pages. C'est d'ailleurs dans ces pages sur la réincarnation en tant que théorie scientifique que l'ensemble s'envole soudain, comme si l'auteur en venait enfin à ce qui l'intéresse vraiment au milieu des desiderata économiques imposés par le genre. Comme si, sous le tâcheron amortissant ses cours de creative writing et les diktats des éditeurs, un auteur tentait de montrer le bout de son nez. Mais cela ne dure pas, on retombe dans les fusillades, trahisons et coups de théâtre. Ça se laisse lire si l'on s'en tient à la doxa du "quelque chose de pas prise de tête à lire dans le métro", mais sans que l'on puisse en attendre une quelconque valeur ajoutée.

Citation

Je la fis asseoir sur une chaise, le dos tourné à la salle principale, lui proposai un verre d'eau. Je ne sais pas pourquoi on fait toujours ça, comme si l'eau avait un pouvoir magique permettant aux gens d'effacer les évènements traumatisants.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 14 janvier 2013
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