Les Salauds ont la vie dure

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Roman - Noir

Les Salauds ont la vie dure

Road Movie - Tueur à gages - Guerre MAJ lundi 12 décembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 18 €

André Héléna
Édite, juin 2011
400 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-846-08305-8
Coll. "Noir"

Noir de noir !

Un roman noir dans une période noire de la France : l'Occupation, par l'un des auteurs phares de l'après-guerre.

Maurice Debar est une petite crapule. Il fait des braquages en solitaire ou "travaille" avec Jimmy, un autre truand, un mec régulier. Il est facilement soupe-au-lait. Il fréquente Hermine qui dépense rapidement ce qu'il rafle illégalement. Il vient, cependant, de réussir un gros coup, plus régulier, et dispose d'un million de francs, en liquide.
C'est l'Occupation et les difficultés de ravitaillement. Il a retrouvé un copain, Meister, qui est milicien rue Lauriston. Il compte sur cette relation pour avoir les papiers permettant de quitter Paris pour le Sud, où la vie est plus facile.
Dans un bar, parmi les habitués, il apprend incidemment que sa petite amie le trompe avec son copain. Maurice décide d'en avoir le cœur net et envoie Hermine chercher ces fameux papiers, prétextant avoir un turbin urgent avec Jimmy. Il la suit jusqu'au restaurant où les deux amants présumés doivent se retrouver. Après une longue attente dans le froid, il est presque décidé à partir et à pardonner. Le couple sort et... ils s'embrassent. Maurice voit rouge, se précipite, abat Meister, Hermine et un agent allemand de la gestapo qui arrivait.
Il se réfugie chez Jimmy, à son hôtel, pensant que personne ne le cherchera là. Au matin, réveillé par la police, ils s'enfuient et prennent le train pour le sud. Arrivé à Lyon, en ayant laissé quelques cadavres le long de la voie, il est recruté par un réseau américain comme tueur à gages. Commence une cavale sanglante qui mènera Maurice au bout de lui-même.

Les Salauds ont la vie dure, est paru en 1949. André Héléna commence sa carrière d'écrivain. Avec ce roman, il livre une chronique de la France des années 1942-44, un témoignage tragique de la vie dans l'Hexagone. Avec son héros, brinquebalé par les avanies d'une existence qu'il a choisie, il propose un parcours sanglant et, le long de cette route, une galerie de portraits absolument remarquable. André Héléna, qui finira, hélas !, dans la débine la plus complète, est un observateur avisé de son époque. Il brosse une galerie de personnages qui tentent de survivre au gré de choix plus ou moins heureux. Mais, quand la faim tenaille, les crampes d'estomac ne font-elles pas jeu égal avec le patriotisme ?

André Héléna prend pour héros un voyou de petite envergure, avec un orgueil et une impulsivité qui lui font commettre l'acte, point de départ d'une quête inattendue pour lui. Il donne du Milieu l'image véhiculée largement dans les romans et les films noirs de l'Après-Seconde Guerre mondiale. Il sacrifie aux clichés du genre, décrivant des relations de maître à servante avec les femmes et une consommation excessive de boissons riches en alcool. Mais, il introduit, dans son héros, des distorsions par rapport à ces règles, des exceptions qui en font un personnage presque empathique. On peut toutefois trouver à redire sur sa morale qui lui octroie le droit de tuer ceux qui le trompent.

André Héléna possède une écriture nerveuse et fait de son style sec un atout. Il écrit vite mais bien. Il rédige dans le mouvement de l'action, de la vie. Il livre des phrases nettes, sans fioritures, qui mettent en valeur des dialogues ou des monologues très visuels, presque photographiques.

André Héléna est un auteur à redécouvrir. Il fait partie de cette génération de romanciers prolifiques, qui, comme Georges-Jean Arnaud, exercent leur art dans nombre des genres de la littérature populaire, avec le même bonheur.

Citation

Celle-là, alors, elle était raide ! Comment, voilà un mec qui me pique ma femme, qui se la farcit de A jusqu'à Z, presque sous mon nez et c'est moi qui ai tort ? Je les avais mis en l'air tous les deux, d'accord, j'en avais même déquillé un troisième qui n'avait rien à voir dans le spectacle, mais enfin, c'était bien mon droit.

Rédacteur: Serge Perraud samedi 10 décembre 2011
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