Corruption

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lundi 24 juin

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Roman - Policier

Corruption

Historique - Arnaque - Corruption MAJ lundi 26 décembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Christopher John Sansom
Heartstone - 2010
Traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte
Paris : Belfond, octobre 2011
704 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7144-4983-2
Coll. "Noir"

Enquête sous le joug des Tudors

Dans l'Angleterre des Tudors, alors que le pays est sous la menace d'une invasion des troupes françaises, Matthew Shardlake, l'avocat bossu, mène deux enquêtes aussi périlleuses l'une que l'autre, tout en essayant de régler ses problèmes domestiques.

Matthew a sauvé la vie de la reine Catherine quand elle n'était encore que Lady Latimer. Elle lui a promis sa protection. Ce jour, elle souhaite que l'avocat fasse la lumière sur le suicide de Michael Calfhill, le fils unique d'une de ses anciennes servantes. Celui-ci avait été horrifié en rendant visite aux deux enfants dont il avait assuré l'éducation jusqu'à la mort de leurs parents. Leurs tutelles avaient été achetées par Hobbey, un ancien commerçant dont la propriété jouxte celle des enfants. Michael a été tellement choqué qu'il avait déposé une plainte auprès de la Cour des tutelles. La reine désire que Matthew assure le suivi de ce dossier et fasse rendre la justice.
Parallèlement, l'avocat rend visite à Ellen, internée à Bedlam depuis dix-neuf ans et qui refuse d'en sortir. Voulant l'aider, il enquête sur l'origine de son placement. Ses recherches restent infructueuses, personne n'a formulé de demande. Pourtant, quelqu'un paie régulièrement la pension.

C. J. Sansom propose, avec Corruption, une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, sergent royal auprès de la Cour des requêtes. Il a quarante-trois ans, est bossu. Parce qu'il vient de perdre sa gouvernante, il a recruté un nouvel intendant qui lui cause bien des soucis.
L'auteur dépeint, avec une précision méticuleuse, une partie des rouages de l'administration du royaume, son fonctionnement comme l'éthique qui y règne. Il décrit avec minutie, les préparatifs d'une guerre et ses conséquences sur la vie de la population. La prescription est sévère et peu d'hommes en bonne santé échappent aux recruteurs. Il expose, avec justesse, les différentes attitudes face à cet enrôlement depuis l'excitation, de ceux qui partent pour la première fois bercés par les propos corrompus d'anciens soldats, jusqu'à la consternation voire le refus.

Il dépeint un royaume, sous le joug d'un monarque incompétent, soumis à toutes les corruptions, à commencer par celles des dirigeants, des conseillers et des institutions. Le besoin d'argent est tel que tous les moyens sont mis en œuvre pour pressurer les classes moyennes. Tout est à vendre. Il est possible d'acquérir des tutelles et de pouvoir, ainsi, gérer les biens des orphelins jusqu'à leur majorité et plus, si... Le roi et ses conseillers inventent, par exemple, le don bénévole obligatoire que tout un chacun doit payer. Certains doivent emprunter pour s'en acquitter ! (Pourvu que nos gouvernants actuels ne lisent pas ce livre !)

On retrouve, dans ce roman, nombre de points communs, sur la situation politique et économique, entre cette époque et la nôtre, avec la corruption, la valeur du travail qui se dégrade…

Mais C. J. Sansom émaille son récit de nombre de situations de la vie quotidienne, qu'il sait rendre attractives et de nombre d'interrogations sur la déontologie des avocats, le sens de la guerre, la légitimité des pouvoirs, la lutte contre la corruption...

C. J. Sansom convie son lecteur à vivre une intrigue habilement conçue, entoure son héros d'une galerie de personnages aux caractères étudiés, restitue avec brio, et érudition, l'ambiance de cette année 1545 en Angleterre. Un roman passionnant !

Citation

Tout le système judiciaire et gouvernemental était lubrifié par les pots-de-vin. De l'argent et de coûteux cadeaux étaient remis aux agents officiels par les diverses parties d'un procès...

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 15 décembre 2011
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