Génésis

Dans sa tête, Banks avait le sentiment que tout était de sa faute à lui. Il devait tout arranger aux yeux de Dieu. Il ne voyait pas le meurtre comme une vengeance, mais comme un moyen de protéger sa famille. Tuer ce salaud de rouquin était un choix facile.
Matthew McBride - Soleil rouge
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 21 avril

Contenu

Roman - Thriller

Génésis

Tueur en série MAJ vendredi 03 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Karin Slaughter
Undone - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par François Rosso
Paris : Grasset, février 2012
512 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-246-77611-6

Actualités

  • 03/02 Édition: Parutions de la semaine - 3 février
    Alors que les éditions Zulma continuent à préserver l'œuvre du regretté Pascal Garnier avec la réédition de Nul n'est à l'abri du succès, que Parigramme et Joseph Incardona proposent un Trash circus tendance 7.5, et que Deon Meyer se fend d'une nouvelle aventure de Lemmer qui devient de plus en plus visible à travers les 718 pages de À la trace, les éditions Rivages s'en donnent à cœur joie avec des auteurs comme Jonathan Buckley, Edward Bunker, Marc Boulet et Hugh Ronald Morrieson. Bourgois nous oppose un auteur au nom imprononçable : Kate Colquhoun, mais quand on sait la qualité des fictions proposées par l'éditeur, l'on se dit que l'on peut y aller les yeux fermés si tant est que l'on accepte de débourser le prix revendiqué (25 €). Le reste n'est pas à prendre à la légère. 10-18 sort deux romans historiques pendant que Frédéric Lenormand continue sa voltairisation ; Maurice Leblanc est remis au goût du jour ; Craig Russell et Arno Maneuvrier sont de retour sur les étals. Si, si... on ose la comparaison. Quant à Karin Slaughter, si son dernier roman a le droit à nos honneurs, c'est aussi - mais pas que - parce qu'il défend une juste cause : celle des bibliothèques américaines menacées.
    Comme d'habitude, faites votre choix...

    Grand format :
    Crains le pire, de Linwood Barclay (Belfond, "Noir")
    Casanova et la femme sans visage : le commissaire aux morts étranges, de Olivier Barde-Cabuçon (Actes sud, "Actes noirs")
    Le Dragon bleu, de Christine Brunet (Le Pierregord, "Encre rouge")
    Contact, de Jonathan Buckley (Rivages, "Littérature étrangère")
    Évasion du couloir et de la mort et autres textes, d'Edward Bunker (Rivages, "Thriller")
    Le Diable sur ses épaules, de Christian Carayon (Les Nouveaux auteurs)
    Le Chapeau de Mr Briggs, de Kate Colquhoun (Christian Bourgois, "Littérature étrangère")
    La Couleur de la peur, d'Anne de Pasquale (Marabout, "Fiction")
    Le Secret de Dieu, de David Emton (Albin Michel, "Thriller")
    Nul n'est à l'abri du succès, de Pascal Garnier (Zulma, "Littérature française")
    Le Crépuscule des guignols, de Chrysostome Gourio (Baleine)
    Une dangereuse emprise, de Araminta Hall (Belfond, "Grands romans")
    Trash circus, de Joseph Incardona (Parigramme, "Noir 7,5")
    Demain, l'apocalypse ? de Tim Lahaye (Vida)
    Gangrène, de Julia Latynina (Actes sud, "Actes noirs")
    Meurtre dans le boudoir, de Frédéric Lenormand (Jean-Claude Lattès, "Romans historiques")
    Café allongé : roman policé, de Arno Maneuvrier (A Éditorial)
    À la trace, de Deon Meyer (Le Seuil, "Policier")
    La Vallée des disparus, de Bente Porr (L'Archipel, "Les Maîtres du suspense")
    Le Gai savoir à Montfermeil, de Claire Prendki (ADICE)
    Pater Nostra, de Eugene Robinson (Inculte)
    La Ville rouge, de Paolo Roversi (Les Escales, "Les Escales noires")
    Le Baiser de Glasgow, de Craig Russell (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente")
    Le Manchon noir, de Jean-Pierre Simoni (Durand-Peyroles)
    Génésis, de Karin Slaughter (Grasset, "Grand format")
    Sombre éclat, de Simon Tolkien (Michel Lafon)
    Une mort absurde, de Laura Wilson (Albin Michel, "Spécial suspense")

    Poche :
    Parti tôt, pris mon chien, de Kate Atkinson (LGF)
    Les Voisins d'à côté, de Linwood Barclay (J'ai lu, "Thriller")
    Seul à savoir, de Patrick Bawen (LGF, "Thriller")
    Contrebandiers, de Marc Boulet (Rivages, "Noirs")
    Le Serpent de feu, de Fabrice Bourland (10-18, "Grands détectives")
    Borderline, de Jonathan Buckley (Rivages, "Bibliothèque étrangère")
    Pompes funèbres à Cabestany, de Pierre Coutant (Les Presses littéraires, "Crimes et châtiments")
    La Prime, de Janet Evanovich (Pocket, "Best")
    Sans laisser de trace, de Joseph Finder (LGF, "Thriller")
    Untraceable, de Laura Griffin (J'ai lu, "Frissons")
    Le Canal des innocentes, de Hervé Huguen (Alain Bargain)
    Le Cercle intérieur, de Mari Jungstedt (LGF, "Policier")
    L'Aiguille creuse, de Maurice Leblanc (Infolio, "Microméga")
    Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, de Maurice Leblanc (Infolio, "Microméga")
    Danse avec la neige, de Pat Milesi (Act'polar)
    La Onzième plaie, d'Aurélien Molas (LGF, "Thriller")
    Rendez-vous avec un spectre, de Hugh Ronald Morrieson (Rivages, "Noir")
    Justice dans un paysage de rêve, de Mala Nunn (J'ai lu, "Thriller")
    L'Œil de la lune, anonyme (LGF, "Thriller")
    Requiem pour un gorille ou Vols au-dessus d'un nid de courroux, de Frédéric Ruffian (Les Points sur les i)
    Two for sorrows, de Nicola Upson (10-18, "Grands détectives")

    Grands caractères :
    Hôtel recommandé, de Jean Diwo (Libra diffusio, "Roman")
    La Petite fille de ses rêves, de Donna Leon (Libra diffusio, "Policier")
    L'Énigme des Blancs-Manteaux, de Jean-François Parot (Libra diffusio, "Policier")

    Liens : Seul à savoir |Le Cercle intérieur |La Onzième plaie |La Petite fille de ses rêves |Patrick Bauwen |Fabrice Bourland |Christine Brunet |Pascal Garnier |Joseph Incardona |Mari Jungstedt |Hervé Le Corre |Maurice Leblanc |Frédéric Lenormand |Donna Leon |Arno Maneuvrier |Deon Meyer |Aurélien Molas |Jean-François Parot |Marc Boulet

Malaises dans la civilisation

Will Trent, le policier au cœur de cette intrigue tirée de l'esprit tortueux de Karin Slaughter, est constamment en train de remettre du scotch pour coller les parties éparses de son portable et pouvoir ainsi communiquer. Il est très symbolique de cette histoire où l'on met au centre l'adage de la société de communication. Tous les personnages sont pris dans leur bulle, ne veulent pas communiquer, ont fui la société comme lorsque les policiers essayent de savoir qui est l'inconnue qu'ils viennent de sauver d'une mort certaine et découvrent que c'est une jeune femme qui avait été kidnappée dans un immeuble de haut standing, mais que personne ne s'était soucié de savoir pourquoi on ne la voyait plus. Même à son travail les gens ne semblaient pas angoissés.

Génésis est un roman qui aborde de nouveau le problème des tueurs en série, mais ici le traitement biaise la routine du lecteur car il permet de suivre quatre victimes d'un tortionnaire qui arriveront toutes, d'une manière ou d'une autre, à s'en sortir, même si au prix de souffrances importantes. Surtout, le roman développe des personnages qui présentent tous, à un stade, des fêlures. Il y a évidemment le tueur en série qui prend son plaisir à torturer jusqu'à la mort ses victimes en s'appuyant sur une analyse biblique faussée. Et ensuite les deux policiers qui ont chacun une vie sentimentale problématique : la première, Faith Mitchell, est enceinte sans trop savoir de qui, et Will Trent, son coéquipier, vit une passion avec une jeune femme qui le trompe, part et revient dans une relation sado-maso étrange. Ce même Will Trent rencontre dans Génésis, le docteur Sara Linton, une femme médecin qui pleure son mari décédé en service des années plus tôt, mais ni l'un ni l'autre ne pourront oublier leurs fantômes.

Le plus fascinant dans Génésis c'est sans aucun doute la description des victimes qui se révèlent être des battantes, qui luttent contre le tueur, qui ne remercient même pas la police qui les libère, car elles sont au-delà de cela, dans leur monde de dureté, très inspiré par des valeurs spartiates. Les allers et retours entre ces personnages, les indices et l'enquête montrés dans le cadre d'un suspense habilement mené, permettent de créer un roman fort et prenant, avec une intrigue attentive au moindre hérissement des poils du lecteur et qui va culminant.

Citation

Sara parcourt du bout de son doigt l'ombre inégale où le cartilage avait auparavant retenu l'os. 'Ce n'est pas une malformation, dit-elle. On la lui a arrachée.'

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 21 août 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page