Jim Thompson : le polar dans la peau

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Film - Noir

Jim Thompson : le polar dans la peau

Enquête littéraire - Road Movie MAJ mercredi 15 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Richard Hamon
Scénario adapté de l'œuvre de Jim Thompson
Rennes : Vivement lundi !, janvier 2012
couleur ;
Coll. "À contre-temps"

Voyage au bout de l'horreur

Assurément, Jim Thompson est l'un des plus grands romanciers américains du XXe siècle. L'un des plus noirs, l'un des plus tristes, l'une des plus tortueux. Sa façon qu'il a de décortiquer l'âme est toute slave. Pour un peu, l'on pourrait penser qu'il y a une filiation génétique entre Dostoïevski et Thompson. Richard Hamon vient de réaliser un documentaire de 53 minutes sur cet auteur étonnant dont la renommée outre-Atlantique dut attendre l'hommage des réalisateurs français de la nouvelle vague et, surtout, le talent de défricheur de... talents de Georges Duhamel, alors directeur de la prestigieuse "Série noire" gallimardienne pour faire surface.

Dans Jim Thompson : le polar dans la peau, Richard Hamon nous transbahute en Oklahoma à Anadarko sur les traces d'un écrivain peut-être plus torturé par les autres que par lui-même mais qui porte leurs stigmates. Une réalisation à la fois sobre et imaginative associée à de nombreux extraits de films, de témoignages et d'iconographie permet d'un peu mieux cerner l'homme. N'y allons pas par quatre chemins : nous naviguons dans le rêve américain en même temps que dans le cauchemar tout climatisé de Thompson, comme aurait pu le nommer Henry Miller.
Aujourd'hui encore, nombre d'entre nous connaissent Jim Thompson à travers les adaptations cinématographiques de ses romans. Série noire (Alain Corneau), The Killer inside me (Michael Winterbottom), Coup de torchon (Bertrand Tavernier), Guet-apens (Sam Peckinpah) : autant de résonances. François Guérif, éditeur fondateur de Rivages, qui a publié de nombreux romans de Jim Thompson, raconte comment il est fasciné par un homme dont les héros sont à la fois meurtris moralement et physiquement. Bertrand Tavernier parle même de mutilations émotionnelles et physiques lorsqu'il s'émeut des chocs littéraires qu'a réussi à produire le très prolifique Thompson.
Il est dit à un moment qu'en vingt-deux mois il écrit onze romans ! Et tous d'excellente facture. Plus tard, la source se tarit : il n'écrit qu'un roman par an... Guérif de relater une anecdote de Stephen King dans une de ses préfaces à un roman de Jim Thompson en n'ouvrant pas les guillemets puisque de mémoire : à un moment de l'horreur, je m'arrête pour ne pas dérouter mes lecteurs. Jim Thompson n'a, lui, pas cette peur et va au bout de l'horreur.
Et c'est peut-être la cause d'une renommée américaine somme toute famélique d'un auteur qui toucha sans appréhension de la bouteille et de la machine à écrire.

À la fois road movie, book movie et film movie, Jim Thompson : le polar dans la peau, trop court documentaire, ne donne qu'une seule double envie, celle de (re)lire Jim Thompson et de (re)voir les films inspirés de son &olig;euvre. Nul doute que c'était le souhait principal de Richard Hamon lorsqu'il a commencé ce documentaire. Bien lui en a pris de le mener jusqu'au bout !

NdR - Jim Thompson : le polar dans la peau : 53 min. réalisé par Richard Hamon. Image : Richard Hamon & Fabrice Richard. Son : Jim Tanenbaum, Francisco Latorre & Patrick Rocher. Fixing : Brigitte Bollé. Montage : Grégory Nieuviarts. Documentaliste : Valérie Combard. Produit par Jean-François Le Corre.
Le DVD du documentaire est en vente sur le site de Vivement lundi !

Illustration intérieure

Portrait de Jim Thompson. © Collection Sharon Thompson Lee.



On en parle : L'Indic n°11

Citation

Il y a de fortes connexions entre quelqu'un comme Jim Thompson et Céline. Ce sont des gens qui écrivent aux limites de ce qui peut être dit, observé et raconté.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 24 janvier 2012
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