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Roman -

Code 1879

Tueur en série - Vengeance - Assassinat MAJ vendredi 02 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,5 €

Dan Waddell
The Blood Detective - 2008
Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue
Arles : Babel, janvier 2012
368 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-330-00268-8
Coll. "Noir", 57

La vengeance traverse les siècles !

Recenser les professions exercées par les détectives depuis que la littérature populaire existe doit représenter un travail titanesque et amener la découverte d'activités peu communes. Parmi ces métiers "exotiques", un des derniers en date à émerger, sous la plume de Dan Waddell, est celui de généalogiste. Il mène une enquête d'un grand intérêt en lien avec des événements du passé.

Bertie, qui vient de boire quelques bières avec ses collègues, rentre chez lui. Son cadavre est retrouvé, dans un cimetière, par deux jeunes junkies. Il a été poignardé et ses mains ont été coupées. L'inspecteur en chef Foster, accompagné de Heather Jenkins, est sur les lieux. C'est à la morgue, où Foster aime "interroger" le corps des victimes, qu'il remarque, en plus de la blessure mortelle, une série de coupures qui dessinent 1A137.
Heatcher veut retrouver la famille ou les proches d'un clochard retrouvé pendu quelques jours plus tôt, ce qui agace Foster.
Nigel Barnes est contacté par Heather, qui le connaît parce qu'il a travaillé pour sa mère. Elle pense que ce code est une référence d'index en rapport avec la généalogie. De plus, le téléphone de Bertie, fait apparaitre 1879 comme numéro enregistré à l'heure probable de sa mort.
L'affaire rebondit quand le corps du clochard révèle, faites au cutter, des coupures qui dessinent 1A137.
Nigel repère que trois meurtres ont été perpétrés en une semaine en 1879. La police tend un piège sur le lieu probable. Mais, les noms des lieux évoluent. Et un troisième cadavre est retrouvé sans que la police puisse empêcher le meurtre. Et ce n'est pas fini !

Avec son héros, Dan Waddell révèle, pour les novices en la matière, le monde de la généalogie. Il raconte ces espaces de recherches dans le passé, les méthodes utilisées pour traquer descendants ou ascendants. Il évoque toutes les ressources de cette discipline et donne une vision presque exhaustive de cette activité. Il explicite le côté fastidieux des recherches sur des fiches, des registres, à comparer des dates, des patronymes. Mais il fait ressentir la tension de la traque, l'attrait suscité par la recherche et le frisson de la découverte après avoir imaginé des combinaisons, des croisements de noms, de situations. "Une fois dans la salle de lecture, Nigel fut assailli par l'odeur familière, riche, presque écœurante, du papier fatigué et vieillissant. Dans ce lieu, il pouvait mettre de la chair sur les histoires des personnes qu'il recherchait..."
Il aborde aussi l'étymologie des patronymes, une façon d'orienter les recherches dans un sens ou dans un autre.

Mais l'auteur ne se borne pas à décrire des recherches sur registres, sur microfilms ou autres supports anciens, il met en place une véritable enquête avec les risques que comporte la traque d'un assassin retors, aux mobiles insaisissables. L'auteur s'appuie, pour son histoire, sur cette idée selon laquelle : "Le passé nous accompagne en permanence, caché, enfoui, mais il revient toujours à la surface. On ne peut pas l'ignorer."

La police a fort à faire entre la presse qui se déchaine et les cadavres qui s'accumulent. C'est aussi la confrontation d'un homme d'études avec la vérité du terrain. L'horreur des corps mutilés est décrite avec réalisme, les sentiments ressentis sont restitués avec justesse.

Dan Waddell construit une galerie de personnages particulièrement intéressante où chacun porte des cassures, le poids d'un passé et d'événements traumatiques.
Le travail sur l'écriture est indéniable avec un vocabulaire soutenu et un humour tout en finesse et en retenu.

Code 1879, cette première enquête du généalogiste est passionnante à suivre avec son intrigue délicieusement tortueuse, mêlant présent et passé pour un jeu de va et vient des plus subtils.

Citation

Le type était en train d'éplucher des livres d'histoire avec ses lunettes sur le nez et, l'instant d'après, il se retrouve face au cadavre déchiqueté d'une jeune femme.

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 12 février 2012
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