Mort postiche

Les vampires sont des créatures nocturnes qui se transforment en chauve souris et ont peur des croix. Vu le nombre d'églises qu'il y a dans les rues de cette ville, et étant donné qu'une bête de deux mètre d'envergure survolant les rues serait peu discrète, nous écarterons cette piste.
Marc Pastor - La Mauvaise femme
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Vigilance
Dans un futur proche et indéterminé des États-Unis, une émission de téléréalité captive les populations :...
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jeudi 22 octobre

Contenu

Roman - Policier

Mort postiche

Ethnologique - Assassinat MAJ lundi 13 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Mehmet Murat Somer
Peruklu cinayetler - 2004
Traduit du turc par Valérie Gay-Askoy
Paris : Le Masque, février 2012
318 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7024-3461-1

Actualités

  • 10/02 Édition: Parutions de la semaine - 10 février
    Alain Claret, Belinda Bauer, David Fulmer, Elsa Marpeau, Naïri Nahapetian mais aussi Brian Freeman : autant d'auteurs déjà-lus qui reviennent sur le devant de la scène à l'occasion d'une semaine chargée. Saluons le retour de Jerome Charyn avec son personnage fétiche Isaac Sidel. L'homme découvert à la "Série noire", devenu maire de New York, est chez Rivages à l'occasion de la réédition d'un ouvrage paru initialement en 1997. Vous comprendrez que cette réédition s'est fait longtemps attendre. Inutile de vous dire que c'est ici un coup de cœur !
    Mais comme d'habitude, vous êtes libres de faire votre choix :

    Grand format :
    Feux de glace, de Colette Andrieu (Terriciaë, "Sangria")
    L'Appel des ombres, de Belinda Bauer (Fleuve noir, "Thriller")
    Le Monastère oublié, de Steve Berry (Le Cherche midi, "Thriller")
    Tourmente au vatican. 2, Mort pour le Graal, de Pierre Bru (Les 2 Encres)
    La Dernière danse de Joséphine, de Martine Cadière (M. Dricot, "Roman policier")
    Eden, d'Alain Claret (Robert Laffont)
    Le Manoir de la douleur, de Jacqueline Clergeau (Les 2 Encres, "Suspense")
    Europa Blues, de Arne Dahl (Le Seuil, "Policiers")
    Les Secrets du carnet noir, de Roselyne de Donnea (Memry press)
    Cops, de David Ellsworth (Inculte, "Temps réel")
    Le Mystère Sherlock, de J.-M. Erre (Buchet Chastel, "Littérature française")
    Je t'aurai, de Brian Freeman (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Rampart Street, de David Fulmer (Rivages, "Thriller")
    Hanna était seul à la maison, de Carin Gerhardsen (Fleuve noir, "Thriller")
    L'Indice de la peur, de Robert Harris (Plon, "Suspense thriller")
    7 femmes contre Édimbourg, de Ely M. Liebow (Baker Street)
    Black blocs, de Elsa Marpeau (Gallimard, "Série noire")
    Skin trade, de George R. R. Martin (ActuSF, "Perle noire")
    Impact, de David Michaels (City, "Splinter cell")
    Zéro heure à Phnom Penh, de Christopher G. Moore (MA, "Roman thriller")
    Juste retour des choseses : interview exclusif, de Samuel Mourier (Le Manuscrit)
    Dernier refrain à Ispahan, de Naïri Nahapetian (Liana Levi, "Policier")
    Les Traces de l'Araignée, de Kathy Reichs (Robert Laffont, "Best-sellers")
    La Maison du lys tigré, de Ruth Rendell (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Mort postiche, de Mehmet Murat Somer (Le Masque, "Grands formats")
    Black Paint, de Bernard Zier (Le Manuscrit, "Polar")

    Poche :
    La Prophétie Charlemagne, de Steve Berry (Pocket, "Thriller")
    Moisson de sang, de Sharon Bolton (Pocket, "Thriller")
    Ascenseur pour l'échafaud, de Noël Calef (LGF, "Policier")
    El Bronx, de Jerome Charyn (Rivages, "Noir")
    Les neuf dragons, de Michael Connelly (Pointdeux, "Pointdeux")
    L'Ombre dans l'eau, de Inger Frimansson (LGF, "Thriller")
    Swing, de Rupert Holmes (Rivages, "Noir")
    Le Jeu du pendu, d'Aline Kiner (Liana Levi, "Piccolo")
    La Malédiction du livre noir, de Tom Knox (J'ai lu, "Policier")
    Le Chemin des faux serments, de Denis Lépée (Pocket, "Thriller")
    Le Danger dans la peau, de Eric van Lustbader (LGF, "Thriller")
    Meurtriers sans visage, de Henning Mankell (Pointdeux, "Pointdeux")
    Cérémonie, de Richard Montanari (Pocket, "Thriller")
    Vengeances romaines : un hiver meurtrier, de Gilda Piersanti (Pocket, "Policier")
    Autopsie, de Kathy Reichs (Pocket, "Thriller")
    Féroces infirmes, retour des pays chauds, de Tom Robbins (Gallmeister, "Totem")
    Lennox, de Craig Russell (LGF, "Policier")
    T'es beau, tu sais ! de San-Antonio (Pocket, "San-Antonio")
    Intrusion, d'Elena Sanders (Pocket, "Thriller")
    Calais jungles, de Michel Vigneron (Sirius Paris, "Régiopolice")
    Tu tueras ton prochain, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    La Guerre de Stratton : un détective au cœur des ténèbres de Londres, de Laura Wilson (LGF, "Thriller")

    Grands caractères :
    Poussière d'os, de Samuel Beckett (Libra diffusio, "Policier")
    Le Cochet du Pont-Neuf, de Jean-Baptiste Bester (Libra diffusio, "Policier")
    Le Sang des bistanclaques, de Odile Bouhier (Libra diffusio, "Policier")
    Tempête sur Cape Cod, de Carol Higgins Clark (Libra diffusio, "Policier")
    Mort sur mesure, de Frances Fyfield ((Libra diffusio, "Policier")
    Lacrimae, de Andrea H. Japp (Libra diffusio, "Policier")
    Les Collines de la chance, de Nora Roberts (Libra diffusio, "Policier")
    Katiba, de Jean-Christophe Rufin (Libra diffusio, "Roman")
    L'Écho des morts, de Johan Theorin (Libra diffusio, "Policier")
    Liens : Poussière d'os |Les Neuf dragons |Le Jeu du pendu |Black blocs |Lennox |L'Écho des morts |El Bronx |Le Monastère oublié |Simon Beckett |Steve Berry |Pierre Bru |Jerome Charyn |Michael Connelly |Arne Dahl |Andrea H. Japp |Aline Kiner |Denis Lépée |Henning Mankell |Elsa Marpeau |Naïri Nahapetian |Gilda Piersanti |Ruth Rendell | San-Antonio |Johan Theorin |Michel Vigneron

Un postiche sinon rien

La Cage aux folles nous avait habitués à nous présenter la communauté homosexuelle sous l'angle des travestis. Elle montrait un monde virevoltant, parfois superficiel, doué pour le plaisir et moins pour la contrainte, désireux d'être vu comme une extension de la normalité et non comme son antithèse. C'est dans ce sens qu'il est possible de lire Mort postiche du romancier turc Mehmet Murat Somer : tout commence avec la mort d'un homme, affublé après son assassinat d'une perruque pour faire ressortir ses mœurs "douteuses". C'est Gonul, l'un de ses "voisins" et "amis", qui est inculpé du crime. Il réclame de l'aide, auprès de Abla, le narrateur, qui cumule les activités d'informaticien hacker et de patron de boite de nuit.

Ce narrateur est un virevoltant (il en est beaucoup question dans le roman) : il concilie différents métiers, accueille un ami débarqué de Rio, aux mœurs (il est aussi beaucoup question de mœurs) plus que débridées, et qui risque de voler la vedette à un autre de ses amants, sorte de Zaza Napoli locale.
Nonchalamment, entre deux parties de jambes en l'air à deux ou plus, entre deux coups de blues, car il est difficile de vouloir essayer d'être normal au bras d'un travesti brésilien exubérant, coureur de pantalon, qui transforme votre appartement en maison close à partouze, Abla mène une enquête de facture plus que classique : interrogatoires des témoins, de médecins, liens avec d'autres affaires étouffées, visite des lieux de crime...
Ce n'est d'ailleurs pas l'aspect criminel qui est le centre des préoccupations de Mehmet Murat Somer, mais plutôt, la description joyeuse et colorée d'une Turquie dont on entend peu parler, de la vie à Istanbul – qui doit être plus facile à mener pour les populations marginales que les campagnes anatoliennes -, des démêlés de notre héros avec ses amis, ses amants, ses relations et le désordre que vient semer l'échappé du Carnaval, comme si le meurtre et l'enquête étaient surtout un postiche pour donner du tonus à cette vie effrénée, présentée comme allant de soi.

C'est ainsi que Mehmet Murat Somer signe avec Mort postiche un roman décomplexé sur un sujet que l'on pensait plus rude, mais parfois la légèreté est la meilleur façon de traiter des dures réalités. Virevoltant !

Citation

Il n'y a que les homosexuels pour être aussi soigneux, méticuleux et ordonnés. Chez un homme qui vit seul, jamais vous ne trouverez un vase. Chez lui, il y avait non seulement des vases mais des bouquets de fleur. Vous trouvez cela normal ?

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 09 août 2012
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