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Roman - Noir

Anka

Immigration clandestine MAJ mardi 21 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

À partir de 15 ans

Prix: 9,5 €

Guillaume Guéraud
Rodez : Le Rouergue, janvier 2012
112 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-8126-0302-0
Coll. "DoAdo Noir"

Sans compromis

Marco est en troisième, il est seul chez lui et s'exerce en géométrie. On frappe brusquement à la porte. Des policiers entrent et lui annoncent sans ménagement que sa mère est morte. Sans trop savoir pourquoi, il a du mal à y croire et, en effet, sa mère bien vivante, apparait quelques minutes plus tard. Un secret de famille est éventé. Il y a dix ans, pour se sortir de difficultés financières, le père de Marco a reçu de l'argent pour faire un mariage blanc avec une jeune Roumaine Anka Petrescu. C'est cette femme qui vient de mourir. Très vite, cette histoire et surtout, cette femme morte à vingt-neuf ans, obsèdent Marco. Il veut en savoir plus, mais ce qu'il découvre alimente son dégoût des adultes, son dégoût de sa propre vie et du sens qu'il veut lui donner. Ses résultats scolaires sont médiocres, ses amis ne l'intéressent pas tant que cela, il ne partage avec personne ce qui le préoccupe vraiment, et cette réalité lui saute soudain à la figure au fur et à mesure qu'il en apprend davantage sur Anka avec qui il tisse en quelque sorte un lien.
Guillaume Guéraud nous laisse perplexe face à un nouveau roman sans concession comme il sait si bien en écrire. Il met à jour nos compromissions, nos arrangements avec l'indifférence, abordant des thèmes graves. Personne ne sort grandi de ce roman, pas même son narrateur. Dans ce livre aucun salut n'est à espérer, et la fin peut susciter des controverses, violence gratuite ou reflet de nos propres manières d'agir, même si elles semblent plus feutrées ? Ce roman dérange puisqu'il n'offre aucune solution, mais il peut pour le moins susciter le dialogue.

Citation

Je confondais peut-être les choses–l'essentiel et les étincelles, le béton et les souvenirs, l'avenir et les cendres.

Rédacteur: Valérie Sebag mercredi 15 février 2012
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