Manipulé

Je crois qu'il ne reste rien. Cela signifie que nos vêtements, nos disques, nos tableaux, nos tapis, les affiches qui décoraient les murs, le fauteuil en rotin dans lequel elle lisait, et puis les bibelots, ce baromètre qu'elle m'avait offert, et nos livres, nos souvenirs à l'un et à l'autre, toutes les preuves de notre existence, tout cela a disparu. Nous sommes nus.
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Roman - Thriller

Manipulé

Médical MAJ lundi 27 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,6 €

Laurent Terry
Paris : Pocket, novembre 2011
406 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-266-19130-2

Imprécateur hollywoodien

Il y a un point de départ particulièrement alléchant pour Manipulé, premier roman de Laurent Terry. John Helling est un citoyen ordinaire juste atteint d'une maladie rare nécessitant des séjours réguliers à l'hôpital. Or, un jour, en répondant à un jeu télévisé, il constate qu'il a un Q.I. stratosphérique... Or la CIA s'intéresse de près à cette découverte : à son insu, John est sous surveillance constante. Cela a-t-il un rapport avec ce "syndrome" rarissime dont il est atteint, justifiant des séjours réguliers à l'hôpital ? Un postulat qui mène Helling à s'apercevoir que tout ce qu'il croit être son identité n'est qu'une illusion, ce qui rappelle l'excellent La Cinquième profession de David Morrell. La suite introduit un changement de protagoniste en se focalisant sur Téa, une femme-flic enquêtant sur une série de meurtres : une transition un rien abrupte — et comme dans tout thriller à l'américaine, notre héroïne est présentée en pleine action —, qui a au moins l'avantage de sortir d'une trame prévisible. On s'en doute, les deux intrigues ne tardent pas à se télescoper alors que nos deux héros découvrent une conspiration au plus haut niveau de l'État, et la suite reprend la structure hollywoodienne de la course-poursuite où il s'agit de faire éclater la vérité tout en ayant des agents aux trousses. On pourrait avoir affaire à un simple thriller industriel plutôt bien écrit qu'on dévore pour l'oublier aussitôt s'il n'y avait deux éléments qui le différencient du tout venant : d'abord l'évidente sincérité de l'auteur, ensuite un humour cynique, parfois féroce, qui rappelle parfois le classique L'Imprécateur. Maintenant qu'il est en poche, pourquoi bouder son plaisir ?

Citation

La réputation d'enfant de salaud qui poursuivait le directeur Bradburry n'était plus à faire. En poste depuis plus longtemps que n'importe quel autre agent, il avait dézingué tellement de jeunes recrues pour des broutilles qu'aucun gars ne voulait plus bosser pour lui.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 27 février 2012
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