Gangrène

Pourtant, je crois qu'un jour ça changera. Comment ? Je ne sais pas. Quand ? Je le sais encore moins. Alors pourquoi ? Parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour se battre.
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lundi 18 février

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Roman - Noir

Gangrène

Géopolitique - Terrorisme MAJ mercredi 07 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,8 €

Julia Latynina
Zemlia voiny - 2006
Traduit du russe par Yves Gauthier
Arles : Actes Sud, février 2012
524 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-330-00245-9
Coll. "Actes Noirs"

Actualités

  • 10/07 Prix littéraire: Sélections GPLP 2012
    Les Grands prix de la littérature policière en sont à leur 64e édition. Si la délibération finale n'est prévue que pour le mardi 25 septembre, le jury n'en a pas moins arrêté ses listes. Alors... Qui pour succéder à D.O.A. et à Dominique Manotti, tous deux primés dans la catégorie "Romans français" pour L'Honorable société (Gallimard, "Série noire"), et à Yishaï Sarid dans la catégorie "Romans étrangers" pour Le Poète de Gaza (Actes sud, "Actes noirs") ? Les lauréats sont à débusquer parmi les huit auteurs français et les seize étrangers de ces sélections de juin. Ce que l'on peut d'ores et déjà dire, c'est que s'agissant des auteurs français, il y a une disparité évidente des éditeurs puisque les huit ouvrages sélectionnés sont issus de huit maisons différentes. Les éditions Rivages tirent leur épingle de ces sélections puisque dans la catégorie "Romans étrangers", elles placent cinq de leurs romans. Une mention spéciale à Moisson rouge-Alvik. Peu de parutions cette année, mais une présence dans les deux sélections. Cela méritait d'être souligné. Il sera sans doute aucun possible fort difficile d'élire le lauréat de la catégorie "Romans étrangers". Storyteller a été fort remarqué mais non encore primé tout au long de cette année. L'ouvrage de Donald Ray Pollock a beaucoup fait parler de lui. Certains des éditions Rivages seront assurément bien placés. "Actes noirs" avec trois titres n'a pas dit son dernier mot. Les autres maisons non plus. Il ne nous reste plus qu'à attendre !

    Sélection "Romans français" :
    - Le Jour du fléau, de Karim Madani (Gallimard, "Série noire") ;
    - Je tue les enfants français dans les jardins, de Marie Neuser (L'Écailler) ;
    - Samedi 14, de Jean-Bernard Pouy (La Branche, "Vendredi 13") ;
    - Des chiffres et des litres, de Rachid Santaki (Moisson rouge-Alvik) ;
    - Un avion sans elle, de Michel Bussi (Presses de la Cité, "Romans Terres de France")
    - Une guerre de génies, de héros et de lâches, de Barouk Salamé (Rivages, "Thriller") ;
    - Les Hamacs de carton, de Colin Niel (Le Rouergue, "Rouergue noir") ;
    - Arab jazz, de Karim Miské (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes").

    Sélection "Romans étrangers" :
    - La Tristesse du Samouraï, de Victor del Árbol (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Gangrène, de Julia Latynina (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Je reste roi d'Espagne, de Carlos Salem (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Le Diable, tout le temps, de Donald Ray Pollock (Albin Michel, "Terres d'Amérique") ;
    - Storyteller, de James Siegel (Le Cherche midi) ;
    - Le Champ du potier, d'Andrea Camilleri (Fleuve noir, "Thriller") ;
    - La Mauvaise femme, de Marc Pastor (Jacqueline Chambon, "Roman policier") ;
    - Triple crossing, de Sebastian Rotella (Liana Levi, "Policier") ;
    - De loin on dirait des mouches, de Kike Ferrari (Moisson rouge-Alvik, "Semana negra") ;
    - Question d'éthique, de Bill James (Rivages, "Noir") ;
    - Un voyou argentin, d'Ernesto Mallo (Rivages, "Noir") ;
    - Les Fantômes de Belfast, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller") ;
    - Vérité, de Peter Temple (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Prix de mon père, de Willy Uribe (Rivages, "Noir") ;
    - Au lieu-dit Noir-Étang, de Thomas H. Cook (Le Seuil, "Policiers") ;
    - Gel nocturne, de Knut Faldbakken (Le Seuil, "Policiers").
    Liens : Le Poète de Gaza |Le Jour du fléau |Je tue les enfants français dans les jardins |Un avion sans elle |Une guerre de génies, de héros et de lâches |Les Hamacs de carton |Arab jazz |La Tristesse du Samouraï |Je reste roi d'Espagne |Le Diable, tout le temps |Storyteller |Le Champ du potier |La Mauvaise femme |Un voyou argentin |Les Fantômes de Belfast |Vérité |Le Prix de mon père |Au lieu-dit Noir-Étang... |Gel nocturne |Triple Crossing | D.O.A. |Dominique Manotti |Karim Madani |Marie Neuser |Jean-Bernard Pouy |Michel Bussi |Colin Niel |Karim Miské |Carlos Salem |Donald Ray Pollock |Marc Pastor |Bill James |Ernesto Mallo |Stuart Neville |Peter Temple |Willy Uribe |Thomas H. Cook |Knut Faldbakken |Rachid Santaki

La guérison par l'ablation

Parfois certains romans tournent en rond, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est cela qui fait leur charme. C'est d'ailleurs le cas avec ce deuxième volet de "La Trilogie du Caucase" de Julia Latynina - nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions du premier volume, Caucase Circus.

Tout tourne déjà autour d'un ancien attentat qui a détruit une maternité et ses occupants dans un petit État du Caucase qui oscille entre l'ogre russe, sa volonté de rester sur place et les tendances indépendantistes (elles-mêmes découpées en deux branches, des indépendantistes modérés et des terroristes qui veulent appliquer la charia). Mais qui est réellement responsable de la mort des enfants et des nourrissons ? Les indépendantistes qui ont préparé les bombes, les islamistes qui se sont introduits dans la maternité, les forces de l'ordre qui ont provoqué l'assaut fatal ou les Maîtres du Kremlin qui ont peut-être laissé pourrir la situation voire ont manipulé tous ces groupuscules ? En tout cas, un des indépendantistes a décidé que tous les responsables paieraient pour la mort de ces innocents.
Toutes ces pistes s'organisent à travers des personnages emblématiques (dont certains sont d'anciennes connaissances) des différentes organisations citées. Restitués dans leur complexité (le chef des terroristes religieux est un personnage attachant qui essaye de conserver une certaine dignité) et une intrigue qui relate des nouvelles "élections" pour choisir un nouveau président, entre les intrigues, les corruptions et de fréquents retours en arrière sur le passé des protagonistes.
Julia Latynina montre une situation géopolitique complexe qu'elle rend avec soin, ses positions d'opposante en première ligne à Poutine lui permettant de comprendre des éléments intéressants, ne négligeant pas les arrières-plans, ne simplifiant jamais entre les bons et les méchants. Son récit qui oscille entre la violence assumée de tribus et la violence "cachée" des Russes (on comprend mieux ce qu'il fallait entendre par le côté oriental du pouvoir européen russe !), entre des développements réalistes qui, par la démesure des personnages (vraiment des Seigneurs de guerre ou des pourris de première force) atteint une dimension rabelaisienne (des soldats qui assomment des soldats de leur propre unité pour les vendre aux Tchétchènes qui les négocieront à leurs familles contre rançon !).
De fait, le roman en revenant en cercles sur les mêmes événements ne relate pas tant une histoire qui tourne en rond qu'un récit qui se base sur la lente plongée tourbillonnante dans un entonnoir ou un évier, comme aspirée par le vide, dans une atmosphère de tragédie contemporaine forte et prenante, où les héros sont pris entre leur fidélité, leurs aspirations et ce qu'ils doivent représenter pour leur communauté. La fin de cette trilogie va se faire attendre.

Nominations :
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2012

Citation

Quant à savoir de quel œil la population accueillerait la nomination d'un président dont le père avait été supplicié par le peuple pour viol, le Kremlin s'en contrefichait, qui en voyait qu'un seul inconvénient à sa candidature : l'homme n'avait pas les moyens d'acheter sa fonction.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 19 décembre 2013
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