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Roman - Noir

Demandez au perroquet

Braquage/Cambriolage MAJ lundi 30 avril 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Richard Stark
Ask the Parrot - 2006
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-Caroline Aubert
Paris : Rivages, février 2012
256 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2320-3
Coll. "Thriller"

Braquage connu Parker

À l'origine, il y a un braquage de banque fomenté par Parker et deux acolytes. Par la suite, les flics se mettent en branle, une chasse à l'homme est menée tambour battant. L'un des partenaires est arrêté. Parker quant à lui avance péniblement à la rencontre de Lindhal et de son fusil au sommet d'une colline. Mais Lindhal décide que Parker va l'aider à assouvir sa vengeance : il a d'abord perdu son emploi au champ de course pour avoir voulu dénoncer l'utilisation de paris au profit de politiciens avant de voir sa femme retourner chez sa sœur. Il ne lui reste qu'un taudis en guise de logement social et un perroquet muet comme compagnon d'infortune.
S'il avait choisi d'arrêter Parker, de le saucissonner et de l'amener à la police, Lindhal aurait pu prétendre à une récompense. Il ne se serait surtout pas mis dans une situation inconfortable qui le dépasse. Au lieu de ça, il lui propose de dévaliser le champ de course avec un plan élaboré de longue date, précis et extrêmement réfléchi. Le seul problème, c'est que Parker est un professionnel, que Lindhal est un amateur et surtout qu'il y a ces satanés impondérables.

Pour ceux qui ne connaissent pas Parker, c'est le héros récurrent de Richard Stark (pseudonyme de Donald Westlake). À l'inverse justement de Dortmunder, cambrioleur à ses heures perdues sous l'apanage d'un Droopy, Parker est un être froid, calculateur et très réactif. Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions. Il n'y a pas d'écueils, il n'y a que des morts en sursis. Parker a lu Edgar Allan Poe. Il sait qu'un fuyard doit décontenancer. C'est pourquoi il accepte de participer à une battue à la recherche de lui-même. Sauf qu'à partir de là tout bascule. Un homme en tue un autre. Deux hommes se doutent que Parker est Parker. Un autre décide qu'il peut être Parker. Au milieu, Lindhal sait deux choses : il n'est absolument pas courageux, et Parker une fois le coup fait le tuera. Tous ces éléments s'imbriquent plus ou moins facilement dans une intrigue linéaire ponctuée de rebondissements usuels pour qui connait bien la mécanique huilée de Richard Stark. Si l'ensemble se lit avec plaisir, on ne peut s'empêcher de se dire qu'heureusement ce volume est assez court pour tenir une soirée. Une interrogation majeure demeure : pourquoi ce perroquet, et surtout pourquoi lui donner l'honneur d'un titre tant il est transparent dans le roman ?


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°45 |Alibis n°43

Citation

Brian Hopwood, étalé sur le dos sur le sol crasseux de son bureau, la douleur lui labourant le flanc gauche là où il avait percuté l'angle aigu de sa table, le petit automatique bon à rien toujours serré dans son poing, leva les yeux au-delà de l'épaisse crinière rousse ondulée de Suzanne Gilbert, vers le dur à cuire qu'il s'était sottement imaginé pouvoir maîtriser. Et il se dit : Bon, je ne suis pas mort, c'est chouette.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 14 mars 2012
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