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lundi 17 juin

Contenu

Roman - Policier

Rampart Street

Historique - Social - Assassinat MAJ mardi 27 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

David Fulmer
Rampart Street - 2006
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Grellier
Paris : Rivages, février 2012
288 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2309-8
Coll. "Thriller"

Un nouveau casse-tête pour Valentin Saint-Cyr !

John Benedict voit arriver sa mort par le canon d'un pistolet, une fin qu'il subodorait ainsi, depuis des années.

Valentin Saint-Cyr est revenu, depuis peu, à La Nouvelle-Orléans après avoir disparu pendant quinze mois. Il assure la sécurité dans le café de Tom Anderson, le roi de Storyville. Le conseiller municipal Alphonse Badel vient demander à ce dernier de mettre Valentin sur l'affaire Benedict pour faire la lumière sur cette mort étrange. Cet homme n'aurait pas dû se trouver dans un lieu aussi mal famé que Rampart Street.
Valentin accepte et rend visite à la veuve et à sa fille. Elles sont assistées de Maurice Delouche, l'avocat de la famille. L'entretien se déroule mal, Valentin déclare, abruptement, que c'est une perte de temps. L'homme se trouvait dans cette rue de son plein gré et qu'il a été tué. C'est tout !
Sous la pression d'Anderson, qui veut s'assurer que le détective est toujours à son meilleur niveau, il accepte de faire profil bas. Il prend contact avec d'anciennes relations comme le lieutenant J. Picot, Kimball, l'archiviste du Daily Picayune, et rend visite à l'avocat. Il acquiert la certitude que personne ne souhaite une enquête, mais qu'on veut sa caution pour classer le dossier. Valentin ne l'entend pas de cette oreille. Aussi, quand une autre personnalité de La Nouvelle-Orléans est tuée dans des conditions similaires...

David Fulmer signe, avec Rampart Street, la troisième enquête de Valentin Saint-Cyr, son héros. De son vrai nom Valentino Saracena, il est né de père sicilien et de mère créole. Parce que son père est mort lynché dans les années 1880, il est entré dans la police comme îlotier à Storyville. Un scandale l'oblige à quitter son poste. Avec son statut de métisse, il s'intègre mal dans la population. Une aura mystérieuse l'entoure, mais il a acquis, grâce aux résultats obtenus dans deux affaires épineuses, une réputation de détective hors-pair. Il possède un esprit affûté qui lui permet de saisir les indices et dispose d'un réseau qui l'aide à mener à son terme ses enquêtes. Il fait montre d'un détachement apparent qui déroute ses interlocuteurs. Rien ne semble l'intéresser et il donne l'impression de ne pas écouter, d'être ailleurs, ou pire, de s'ennuyer.

L'autre héros de cette série est la ville de La Nouvelle-Orléans, particulièrement la partie du quartier français baptisé du sobriquet de Storyville. C'est l'un des plus célèbres quartiers chauds du monde. Outre le jeu, l'alcool et la prostitution, c'est le centre où se produisent les musiciens de jazz, cette musique considérée comme dégénérée par la bourgeoisie.
Dans cette ambiance, l'auteur place une intrigue qui s'appuie sur des évènements tragiques, sur des pratiques criminelles en vogue dans le sud des États-Unis. L'auteur agrémente son récit de mille anecdotes sur la ville, sur l'époque, sur l'art de vivre et de penser des habitants de la ville et des quartiers chauds.

Avec Valentin Saint-Cyr, David Fulmer crée un personnage attachant, atypique dans son environnement. Autour de lui, il construit une galerie de personnages hauts en couleur, aussi bien des gens du peuple que des membres de la bourgeoisie et restitue l'atmosphère qui baignait La Nouvelle-Orléans dans les années 1910, sans idéaliser, ni gommer les réalités triviales.

Avec Rampart Street, David Fulmen confirme sa capacité à construire des intrigues subtiles et à animer un personnage hors-norme.

Citation

Personne ne souhaitait une enquête, on demandait simplement un faux-semblant d'investigation, simulacre auquel il avait accepté de se prêter. À Valentin de fournir un rapport aseptisé à l'intention des proches.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 21 mars 2012
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