Le Diable, tout le temps

Au départ, je n'y ai pas prêté attention. C'est la quatrième nuit qu'un détail m'a glacée. Cela faisait quatre nuits de suite que je me réveillais exactement à la même heure. À la minute près ! 3 h 33 ! Les deux nuits qui ont suivi m'ont confirmé une chose : ce n'était pas une coïncidence.
Olivier Dupin - 3h33
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lundi 18 novembre

Contenu

Roman - Noir

Le Diable, tout le temps

Social - Urbain MAJ lundi 09 avril 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,3 €

Donald Ray Pollock
The Devil All the Time - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Albin Michel, février 2012
370 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-226-24000-2
Coll. "Terres d'Amérique"

Dieu nulle part

À Knockemstiff, Ohio, comme dans beaucoup de coins reculés en Amérique, le fanatisme religieux est omniprésent. La lutte du Bien contre le Mal est dans tous les esprits. Tous fils de Dieu, mais tous serviteurs du diable, les personnages de ce roman sont torturés par ce combat. Tous connaissent le Livre Sacré. Tous ont écoutés les prêches de leurs pasteurs. Mais aucun de ces enseignements ne résonne en eux. Tel que pourrait l'énoncer un des nombreux prédicateurs présents dans ces coins reculés, le malin les guide. Le désir de rédemption est pourtant présent en chacun. Un désir malheureusement trop fugace, peu ravivé par cette image insidieuse d'une possible vie meilleure après la mort. Mais ici-bas, les personnages que nous donne à voir Donald Ray Pollock contribuent à faire de ce lieu un véritable enfer. Qu'ils boivent, mentent, violent ou assassinent ne les gênent aucunement. Ressentir une once de remord après leurs méfaits, leur suffit à envisager la possibilité du salut éternel. Rien n'empêche donc à ce couple de continuer à faire de ces auto-stoppeurs leurs proies pour des séances photo lubriques et macabres. Rien n'empêche ce pasteur de continuer à manipuler et abuser ses plus jeunes paroissiennes. Ces pécheurs n'ont pas de soucis à se faire si Dieu voit aussi bien qu'il entend chacun des suppliques de ses ouailles. Car c'est aussi la misère de ces hommes que s'attache à nous montrer Pollock, qu'elle soit spirituelle ou matérielle. Ce livre d'une noirceur redoutable, qu'aucune lumière divine ne parvient à éclairer, est bel et bien la chronique de ces hommes et leurs conditions en ces lieux reculés. Quelques âmes aussi arides que la plume de leur créateur, dans lesquelles aucune miséricorde ne semble pouvoir croître. Des âmes, qui même si elles ne se comptent pas aux nombre de 1275, nous font inévitablement penser à Jim Thompson évoluant dans un conte macabre, digne du regretté Harry Crews, une autre des influences de Pollock. Une parenté prouvant que nous avons là un sacré premier roman.

Récompenses :
Prix Mystère du Meilleur roman étranger 2013
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2012

Nominations :
Grand prix du balai d'or 2012

Citation

Chaque fois qu'il baisait avec une jeune fille, Preston se sentait coupable, avait l'impression de se noyer dans la culpabilité, au moins pendant une ou deux longues minutes. Pour lui, une telle sensation était la preuve que, aussi cruel et corrompu qu'il pût être, il pouvait encore aller au Paradis.

Rédacteur: Benjamin Fricard lundi 09 avril 2012
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