Le Quadrille des Maudits

Si papa n'était pas mon père, j'en serais immédiatement tombée amoureuse. Il est grand, beau, intelligent, plein d'humour. Une légère touche vieille France qu'il cultive soigneusement contribue à son charme. Je ne comprends pas pourquoi maman est partie.
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lundi 17 juin

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Roman - Policier

Le Quadrille des Maudits

Historique - Assassinat MAJ vendredi 25 mai 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Guillaume Prévost
Paris : NIL, avril 2012
372 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-84111-447-4

Quand les Maudits étaient muets !

Avec "Les Enquêtes de François-Claudius Simon", inspecteur à la Brigade criminelle de Paris, Guillaume Prévost nous fait vivre l'après-guerre de 1919, suivre des intrigues subtiles dans des récits intenses et érudits.

Une jeune femme blonde est égorgée pendant la projection, en avant-première, des Maudits, un feuilleton cinématographique. François se retrouve chargé de l'affaire avec l'inspecteur Mortier. Le gérant du cinéma relate les menaces proférées par un concurrent malheureux. La billetterie fait apparaître l'achat simultané de six places par un individu étrange. La vie de la victime n'offre rien de particulier.
Quelques jours plus tard, une autre jeune femme est poignardée pendant un mouvement de panique déclenché par un pot à fumigène. Une gamine décrit un gros homme, sans visage, qui sentait très mauvais. L'arme utilisée est la même que dans le crime précédent.
Mégot, l'ami de François, en voyant la photo d'une victime se rappelle qu'une autre jeune femme blonde a été assassinée d'un coup de couteau, dans un cinéma, l'année précédente. Ramilov, le coupable, un déséquilibré, est soigné à Villejuif.
François a du mal à accepter le départ de la magnifique Elsa pour la Russie bolchévique. Il subit un autre choc quand il rencontre le médecin qui soigne Ramilov. Celui-ci, outre qu'il est le fils du producteur des Maudits, est celui qui lui a ravi Adèle, son premier amour.
Et les meurtres continuent alors que François entrevoit un lien entre les scènes du feuilleton et la mise en œuvre des assassinats.

Pour la troisième enquête de son jeune enquêteur, Guillaume Prévost a choisi de le plonger dans le milieu du cinéma muet. Avec la réalisation d'un feuilleton, l'ancêtre des séries télévisées, l'auteur entraine son héros et ses lecteurs dans l'univers cinématographique tel qu'il était à cette époque. Avec la traque de l'assassin, le romancier permet de faire rencontrer tous les acteurs concourant à la réalisation d'un film. Il brosse l'état du cinéma français après la guerre, sa concurrence avec des pays voisins, mais surtout avec celle des États-Unis. Il choisit d'illustrer, avec un soin remarquable, chaque chapitre avec le titre d'un film d'un cinéaste de cette époque, des noms qui restent encore aujourd'hui comme Louis Feuillade ou Marcel L'Herbier, et des cinéastes à la renommée quelque peu éclipsée.

Guillaume Prévost concocte la recherche d'un meurtrier insaisissable, dans un milieu de comédiens, avec des individus dont l'essentiel de l'existence consiste à tenir des rôles souvent éloignés de leur propre personnalité. Ainsi, l'auteur se donne des possibilités de variations fort intéressantes sur la valeur des témoignages, sur l'approche d'une réalité. Une intrigue tortueuse à souhait qui génère un festival de faux-semblants.

Au fil des romans, l'auteur consolide le microcosme autour du héros, et constitue un groupe dont on retrouve les membres avec plaisir.
Il mêle, à l'enquête policière, la vie privée de son héros, expose ses démêlés avec Elsa, la fille de ses rêves, avec sa mère dont l'évocation même reste douloureuse pour l'enfant abandonné qu'il a été.
Il donne aussi une vision de la médecine psychiatrique de cette époque, des essais menés par quelques spécialistes qui cherchaient des méthodes de guérison des malades plutôt que les maintenir dans un état de non-violence.
Il reconstitue, avec art, l'ambiance qui pouvait régner dans les studios de Vincennes, spécialement construits après la guerre. Il ne passe pas sous silence la concurrence entre les polices, en particulier avec les brigades mobiles.

Le Quadrille des Maudits se dévore d'une traite tant l'intrigue est enlevée, passionnante et bien menée. Un nouveau joyau de Guillaume Prévost !


On en parle : La Tête en noir n°158

Nominations :
Prix Arsène Lupin 2013
Lion noir 2013

Citation

Pour ce que j'en sais, les femmes tuent surtout par jalousie ou par intérêt. Pas pour ce genre de motif. Et encore moins à la chaîne.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 30 avril 2012
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