Gel nocturne

(Les gens qui aiment la poésie) voient plus de choses que les autres, ils ont l'air plus disponible et ils sont attentifs à tout, tout le temps ; ils ne le savent pas forcément, mais ils feraient d'excellents détectives.
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lundi 23 septembre

Contenu

Roman - Policier

Gel nocturne

Psychologique - Social - Procédure MAJ jeudi 03 mai 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,5 €

Knut Faldbakken
Nattefrost - 2006
Traduit du norvégien par Hélène Hervieu
Paris : Le Seuil, avril 2012
416 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-0966444-9
Coll. "Policiers"

Souvenirs présents pour un piano passé

L'annonce de la découverte des corps de Georg et Lydia Hammerseng va plonger Jonfinn Valmann dans un drôle d'état. Il a bien connu cette famille lorsqu'il était jeune. Il était proche de leur fils à l'époque où ils fréquentaient tous deux la même école. Il était venu régulièrement chez les Hammerseng, dans cette villa où ils sont retrouvés mort. Leurs deux cadavres semblent être là depuis un moment. Les corps sont déjà en état de décomposition. Georg est au pied de l'escalier, une balle en pleine tête. Son épouse, Lydia, semble morte à la suite de plusieurs fractures consécutives à sa chute du haut des marches. Elle avait d'importants problèmes de mobilité depuis quelques années. De ce fait, elle ne se déplaçait que rarement et très difficilement. C'est pourquoi elle occupait le premier étage de la maison aménagée spécialement. À première vue, il est difficile de dire si les deux personnes âgées ont décidé de mettre un terme à leur vie ou si elles ont été lâchement assassinées. Les véritables circonstances sont quelque peu compliquées à déterminer. Peut-être parce qu'il a connu par le passé un peu de l'intimité de cette famille modèle, Jonfinn a d'emblée l'étrange impression de sentir quelque chose de pas normal dans ces morts. D'ailleurs il est intrigué par la disparition du piano, instrument qui occupait une place importante dans l'univers de cette famille. Mais ce n'est pas le seul mystère qui flotte autour des Hammerseng. Personne ne semble avoir de nouvelles de leurs deux enfants qui sont partis vivre leur vie depuis longtemps sans donner signe de vie, ni prendre des nouvelles de leurs parents. Jonfinn n'est pas en charge de l'affaire, il en a été écarté à cause de son lien avec la famille. C'est sa nouvelle compagne, Anita, également policière, qui est sur le dossier. Lui sans grande conviction doit enquêter sur un corps retrouvé à proximité d'une petite maison perdue dans les bois. Tout semble indiquer que c'est un vagabond inconnu qui a été tué en lui massacrant le crâne. Pourtant Jonfinn va être comme aimanté par la mort des Hammerseng. Il ne réussit pas à sortir cette affaire de sa tête, compliquant d'ailleurs sa vie de couple. Il est peut-être temps pour lui de plonger dans son propre passé et de faire enfin ressurgir des souvenirs de sa jeunesse. Il est temps pour lui d'évacuer cette culpabilité qu'il traine comme un poids. Son passé a peut-être un lien avec le drame d'aujourd'hui ou plus exactement avec les deux histoires mystérieuses qui ne sont peut-être pas aussi éloignées l'une de l'autre.

Knut Faldbakken s'attache principalement dans son roman aux états d'âme de son personnage principal, Jonfinn. Il nous balade dans les méandres de sa culpabilité qui, malgré les années, n'arrive pas à sortir. On sent le policier plus que désorienté par son passé, même au risque de mettre sa relation récente en danger. La partie intéressante est le moment où le vernis craque et que les révélations commencent à sortir au grand jour. C'est une sorte de gifle à la vision idyllique de l'adolescent que fut Jonfinn. La haine pointe son nez, mettant complètement K.O. une image de couple modèle. Il reste le sentiment de remord profond, le regret d'avoir mal agi et de n'avoir rien fait pour tenter de réparer un acte malheureux. Knut Faldbakken en fait une très belle description en détaillant parfaitement l'état de malaise étouffant dans lequel Jonfinn s'isole.
Peut-être que ce côté introspection personnelle est trop présent au détriment de l'histoire. Mais c'est surtout dommage pour l'intrigue qui se transforme par moment en une sorte de match mixé entre rivalité conjugale et rivalité professionnelle.
Knut Faldbakken réussit habilement à relier les deux enquêtes entre elles mais Gel nocturne reste juste un livre agréable pas ennuyeux avec de bonnes pointes d'humour mais aux ficelles connues et au dénouement un peu gros.

Citation

Mais il y avait quelque chose dans ce qu'elle avait dit qui le gênait. Quelque chose comme un bout de nourriture coincé entre deux molaires, après un repas. Il n'arrivait ni à le localiser ni à s'en débarrasser.

Rédacteur: Fabien Maurice mardi 01 mai 2012
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