La Trilogie berlinoise - 3. Un requiem allemand

Je crois qu'il ne reste rien. Cela signifie que nos vêtements, nos disques, nos tableaux, nos tapis, les affiches qui décoraient les murs, le fauteuil en rotin dans lequel elle lisait, et puis les bibelots, ce baromètre qu'elle m'avait offert, et nos livres, nos souvenirs à l'un et à l'autre, toutes les preuves de notre existence, tout cela a disparu. Nous sommes nus.
Hervé Commère - Sauf
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 26 juin

Contenu

Livre sonore - Policier

La Trilogie berlinoise - 3. Un requiem allemand

Politique - Historique - Assassinat MAJ mardi 05 juin 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 19,3 €

Philip Kerr
Berlin noir - 3. A German Requiem - 1991
Julien Châtelet (lecteur)
Paris : Audiolib, avril 2012
1 CD MP3 19 x 14 cm
ISBN 978-2-35641-421-2

Allemagne année zéro

Berlin, 1947. La ville en ruine. Les Soviétiques se livrent aux exactions les plus ignobles. La misère le dispute à la faim, la prostitution s'invite dans les familles. On songe ici au superbe Allemagne année zéro de Rossellini, filmé en 1947, à cette étreinte nauséabonde qu'il dépeint, les Alliés croyant devoir broyer le peuple allemand. Une pure vengeance morbide. Et dès le prologue, dès la première phrase, c'est tout le Berlin que l'on a pu connaître encore dans les années 1990 qui s'ouvre à nous, celui des espaces entre les maisons, celui des no man's land, celui encore des Ailes du désir, de l'Ange au-dessus de Berlin de Wim Wenders si magnifiquement incarné par Bruno Ganz. Le Berlin des ruines, des maisons mouchetées d'impacts de mitrailleuses, des immeubles éventrés. Le Berlin du naufrage européen, le Berlin des espions, de la naissance de la CIA, le Berlin du fantôme d'Harlot, de Norman Mailer, toute cette atmosphère éprouvante, pesante, sordide.
Berlin fantomatique, terrible, sublime, où Bernie Gunther, le détective privé que l'on suit depuis le début de la "Trilogie berlinoise", se voit approché par le renseignement soviétique. Ils veulent qu'il sauve de la potence un certain Becker, accusé du meurtre d'un officier américain. Qui est cet homme ? Bernie se rappelle l'avoir connu jadis. Un trafiquant, un espion peut-être... de Berlin à Vienne, la dénazification dupliquant en chaîne les identités, Bernie piste l'homme et tombe de pièges en complots. Sauver sa peau dès lors, une fois encore, toujours, mais cela paraît de plus en plus difficile. Bernie est usé. Mal dans sa peau d'Allemand pétri de culpabilité nationale. Peut-être est-ce justement l'occasion de trouver un chemin de réconciliation avec lui-même ? Mais à tout prendre, la rédemption relève elle aussi de la farce que l'on veut se jouer pour tenir bon, quelques heures encore, devant la fin qui s'annonce.
L'on est ici d'emblée saisi par cette fin, qui s'énonce splendidement dans la lecture qu'en donne Julien Châtelet, moins apaisée que lasse, emplie de renoncement, de défaite, de fatigue. Une lecture traînant volontiers d'un mot l'autre, qui paraît s'observer elle-même, s'écouter, s'interroger sur la validité des mots prononcés, dans ce retour improbable à la normale.

NdR - 1 CD MP3, 9h52 d'écoute.

Citation

À notre époque, si vous êtes allemand, vous êtes au purgatoire bien avant de mourir.

Rédacteur: Joël Jégouzo lundi 07 mai 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page