Shangrila

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mercredi 21 août

Contenu

Roman - Noir

Shangrila

Sportif - Drogue MAJ mercredi 23 mai 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Malcolm Knox
The Life - 2011
Traduit de l'anglais (Australie) par Patricia Barbe-Girault
Paris : Asphalte, mai 2012
510 p. ; 20 x 15 cm
ISBN 978-2-918767-25-1
Coll. "Fictions"

Biche Boy

Shangrila c'est l'histoire d'un enfant qui a été abandonné quelque part sur la côte australienne. C'est l'histoire de ce gamin qui n'a vécu que par l'océan et ses vagues. C'est l'histoire d'un surfeur en opposition à tout : au monde, aux autres, aux surfeurs ("S'ils surfaient, c'est qu'ils essayaient de me voler mes vagues. De les gâcher."). Shangrila c'est l'histoire de la descente aux enfers d'un gamin des années 1970 qui avait tout pour lui mais qui, devenu une légende, s'est empêtré dans les seringues, les champignons et les amphétamines pour aller se fracasser sous un rouleau à Hawaii. Shangrila, c'est un peu l'histoire de Jim Morrison s'il avait fait du surf.

Mais, ça pourrait être également l'histoire d'un gros type qui s'approche de la soixantaine et qui se penche sur son passé de légende du surf. Parce que c'est comme cela que l'on rentre dans l'histoire, qu'on la décortique petit à petit, à mesure que l'on s'enfonce dans les souvenirs tortueux de Keith. Tortueux parce qu'il faut bien admettre que Keith est un drôle de type. Plutôt un animal surfant. Depuis toujours. Depuis son adoption, depuis son enfance passée au côté de Rod, ce frère qui le vénère et qui le jalouse, depuis leurs premières vagues ensemble. Depuis que l'esprit de Keith n'est plus qu'une succession de vagues. Il a tout connu, de la gloire locale à la célébrité internationale. Jusqu'à la rupture bien entendu. Cette rupture qui assourdit le livre dès les premières pages et qui nous est révélée dans son intégralité dans les toutes dernières pages.

Malcolm Knox risque fort d'avoir écrit un roman qui pourrait devenir culte. Une version surf de Sur la route qui nous entraîne dans le crâne d'un génial asocial. Pour nous y ancrer, un style décousu, déconstruit comme la pensée du narrateur. On passe de la première personne à la deuxième personne, parfois même à la troisième personne du singulier. Pourtant c'est bien avec Keith que l'on est, dans sa tête, avec ses obsessions, ses tics, ses manies, ses phobies. Cette manière qu'il a de s'exprimer en quelques mots, en rebondissant d'une idée à une autre, parfois rustre, parfois poétique, se foutant de tout et tenant à ce que ça se sache. En réponse à toutes les interviews, cette réplique qui revient comme le court refrain d'un grand livre : "Ben ouais... mais non". Il est comme ça Keith : c'est une légende qui n'a rien demandé à part qu'on ne gâche pas ses vagues. C'est toute son histoire : qu'on lui laisse les vagues, la première du matin, la dernière du soir et toutes celles qu'il y a entre les deux. Parce que depuis toujours Keith est fasciné par les vagues comme une biche par les phares d'une voiture. Son obsession. Et sa perte.

Citation

Le père A était capable de dire la messe à la vitesse de la lumière. Houle de nord-est qui pointe le bout de son nez à Currimbin ? Messe en dix minutes.

Rédacteur: Gilles Marchand lundi 21 mai 2012
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