Le Mystère de Roccapendente

Il vérifie rapidement que le couvercle ne fuit pas, vérifie l'autre côté aussi, puis repose la boite pour que le tapis puisse l'emporter. Il fait ça en silence, une boite après l'autre. Il se demande si quelqu'un le stoppera un jour.
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mercredi 13 novembre

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Roman - Policier

Le Mystère de Roccapendente

Historique - Social - Assassinat MAJ mercredi 13 juin 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Marco Malvaldi
Odore di chiuso - 2011
Traduit de l'italien par Lise Chapuis
Paris : Christian Bourgois, mai 2012
224 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-267-02359-6

La cuisine mène à tout !

La cuisine a le vent en poupe. Les livres culinaires envahissent les rayons des librairies et les émissions sur ce thème foisonnent sur les ondes. Les chefs deviennent des vedettes médiatiques. Pourquoi ces cuisiniers ne deviendraient-ils pas, alors, des enquêteurs ? En France, c'est Michèle Barrière qui a initié le mouvement avec sa saga "Savoisy". C'est au tour d'un auteur italien de mettre, au cœur de son intrigue, un limier versé dans l'art culinaire.

Au château de Roccapendente, en juin 1895, les résidents reçoivent deux invités pour la battue de fin de semaine : M. Ciceri, un daguerréotypiste et un hôte plus célèbre, Pellegrino Artusi qui a écrit un traité : La Science en cuisine ou l'Art de bien manger.
Le diner est l'occasion d'échanger et de faire plus ample connaissance des différents participants. Autour du baron et de ses trois enfants (deux fils et une fille) sont réunis la mère de ce dernier et deux cousines germaines. La dame de compagnie de la douairière, le majordome et le régisseur entourent ces nobles personnes.
C'est le lendemain matin que tout le château est réveillé par un hurlement de la dame de compagnie. Elle a vu la main d'un cadavre, dans une cave fermée de l'intérieur. La porte dégondée, les personnes présentes découvrent le corps inanimé du majordome devant un verre vide et une bouteille de porto. Artusi détecte une odeur singulière dont il cherche l'origine jusque dans le pot de chambre.
Le médecin local rend vite ses conclusions. L'homme a été empoisonné ! Comment ce crime a-t-il été commis et par qui ?

Marco Malvaldi, diplômé en chimie, a exercé son talent dans ce domaine pendant dix ans à l'Université de Pise. Depuis 2007, il écrit. Le présent roman est le quatrième qu'il fait paraître. Pour ce livre, il place une intrigue criminelle, astucieusement orchestrée au niveau des mobiles, autour de la famille d'un baron propriétaire d'un grand domaine terrien. Il dépeint, à travers les différents membres de la famille, une société d'oisifs, menant une existence faite de vacuité. Il décrit les méandres de l'âme humaine et les rouages d'une société basée sur le paraître et sur l'héritage.
Le crime est l'occasion de révéler un certain nombre de situations, de faits, jusqu'alors ignorés ou réalisés dans la plus grande discrétion. Il livre une image, sans concessions, d'une société parasite vivant, par la grâce de la lignée, du fruit du travail des autres. Il est à la fois cinglant, décrivant avec une acuité remarquable une galerie de personnages confits dans l'ennui. L'auteur fait progresser son récit par le biais d'une narration qui déroule les actions et par le journal quotidien que tient le cuisinier.

Il se livre à un festival de réflexions truculentes, ironise avec pertinence sur les attitudes des uns et des autres. La description d'un porteur d'une moustache conséquente, comme la mode l'imposait, face au contenu d'une tasse de dimension modeste, est un morceau d'anthologie. Il a le sens de l'image inédite, surprenante. Il s'offre des apartés d'une grande drôlerie comme celle relative à Sa Sainteté Léon XIII.

Mais son récit est plein de bon sens et démontre un don d'observation aigu, avec une connaissance approfondie de l'être humain et de la configuration de son âme. Dans un échange plein de fiel vis-à-vis de la littérature de genre, l'auteur rend hommage à Conan Doyle.

Ce roman, par son intrigue attrayante, suffisamment alambiquée pour être réjouissante à découvrir, est un bijou d'humour couvrant toute la gamme possible depuis la réflexion cocasse et bon enfant jusqu'au trait acéré. Un auteur à découvrir de toute urgence !

Citation

Le pauvre Teodoro, quand il s'est trouvé face à ce grand verre presque plein, l'avait emporté dans le cellier et vidé en entier, buvant en même temps que le vin le restant de ses jours.

Rédacteur: Serge Perraud mardi 12 juin 2012
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