La Mauvaise femme

Il avait obligé Sandy à choisir entre avoir de l'argent et avoir une fille. Elle avait choisi l'argent, ce qui n'avait pas surpris McCabe. Sandy était comme ça, c'était tout, et personne n'y pourrait rien changer. »
James Hayman - Donne-moi ton cœur
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lundi 16 septembre

Contenu

Roman - Policier

La Mauvaise femme

Historique - Enlèvement - Faits divers MAJ jeudi 21 juin 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Marc Pastor
La Mala dona - 2008
Traduit du catalan (Espagne) par Marie Vila Casas
Paris : Jacqueline Chambon, juin 2012
400 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-330-00980-9
Coll. "Roman policier"

Actualités

  • 10/07 Prix littéraire: Sélections GPLP 2012
    Les Grands prix de la littérature policière en sont à leur 64e édition. Si la délibération finale n'est prévue que pour le mardi 25 septembre, le jury n'en a pas moins arrêté ses listes. Alors... Qui pour succéder à D.O.A. et à Dominique Manotti, tous deux primés dans la catégorie "Romans français" pour L'Honorable société (Gallimard, "Série noire"), et à Yishaï Sarid dans la catégorie "Romans étrangers" pour Le Poète de Gaza (Actes sud, "Actes noirs") ? Les lauréats sont à débusquer parmi les huit auteurs français et les seize étrangers de ces sélections de juin. Ce que l'on peut d'ores et déjà dire, c'est que s'agissant des auteurs français, il y a une disparité évidente des éditeurs puisque les huit ouvrages sélectionnés sont issus de huit maisons différentes. Les éditions Rivages tirent leur épingle de ces sélections puisque dans la catégorie "Romans étrangers", elles placent cinq de leurs romans. Une mention spéciale à Moisson rouge-Alvik. Peu de parutions cette année, mais une présence dans les deux sélections. Cela méritait d'être souligné. Il sera sans doute aucun possible fort difficile d'élire le lauréat de la catégorie "Romans étrangers". Storyteller a été fort remarqué mais non encore primé tout au long de cette année. L'ouvrage de Donald Ray Pollock a beaucoup fait parler de lui. Certains des éditions Rivages seront assurément bien placés. "Actes noirs" avec trois titres n'a pas dit son dernier mot. Les autres maisons non plus. Il ne nous reste plus qu'à attendre !

    Sélection "Romans français" :
    - Le Jour du fléau, de Karim Madani (Gallimard, "Série noire") ;
    - Je tue les enfants français dans les jardins, de Marie Neuser (L'Écailler) ;
    - Samedi 14, de Jean-Bernard Pouy (La Branche, "Vendredi 13") ;
    - Des chiffres et des litres, de Rachid Santaki (Moisson rouge-Alvik) ;
    - Un avion sans elle, de Michel Bussi (Presses de la Cité, "Romans Terres de France")
    - Une guerre de génies, de héros et de lâches, de Barouk Salamé (Rivages, "Thriller") ;
    - Les Hamacs de carton, de Colin Niel (Le Rouergue, "Rouergue noir") ;
    - Arab jazz, de Karim Miské (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes").

    Sélection "Romans étrangers" :
    - La Tristesse du Samouraï, de Victor del Árbol (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Gangrène, de Julia Latynina (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Je reste roi d'Espagne, de Carlos Salem (Actes sud, "Actes noirs") ;
    - Le Diable, tout le temps, de Donald Ray Pollock (Albin Michel, "Terres d'Amérique") ;
    - Storyteller, de James Siegel (Le Cherche midi) ;
    - Le Champ du potier, d'Andrea Camilleri (Fleuve noir, "Thriller") ;
    - La Mauvaise femme, de Marc Pastor (Jacqueline Chambon, "Roman policier") ;
    - Triple crossing, de Sebastian Rotella (Liana Levi, "Policier") ;
    - De loin on dirait des mouches, de Kike Ferrari (Moisson rouge-Alvik, "Semana negra") ;
    - Question d'éthique, de Bill James (Rivages, "Noir") ;
    - Un voyou argentin, d'Ernesto Mallo (Rivages, "Noir") ;
    - Les Fantômes de Belfast, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller") ;
    - Vérité, de Peter Temple (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Prix de mon père, de Willy Uribe (Rivages, "Noir") ;
    - Au lieu-dit Noir-Étang, de Thomas H. Cook (Le Seuil, "Policiers") ;
    - Gel nocturne, de Knut Faldbakken (Le Seuil, "Policiers").
    Liens : Le Poète de Gaza |Le Jour du fléau |Je tue les enfants français dans les jardins |Un avion sans elle |Une guerre de génies, de héros et de lâches |Les Hamacs de carton |Arab jazz |La Tristesse du Samouraï |Gangrène |Je reste roi d'Espagne |Le Diable, tout le temps |Storyteller |Le Champ du potier |Un voyou argentin |Les Fantômes de Belfast |Vérité |Le Prix de mon père |Au lieu-dit Noir-Étang... |Gel nocturne |Triple Crossing | D.O.A. |Dominique Manotti |Karim Madani |Marie Neuser |Jean-Bernard Pouy |Michel Bussi |Colin Niel |Karim Miské |Carlos Salem |Donald Ray Pollock |Marc Pastor |Bill James |Ernesto Mallo |Stuart Neville |Peter Temple |Willy Uribe |Thomas H. Cook |Knut Faldbakken |Rachid Santaki

  • 22/06 Édition: Parutions de la semaine - 8 juin

Amours, délices et ogres

Jack l'éventreur, cela évoque forcément les brumes du Nord. Aussi, Marc Pastor, lorsqu'il a trouvé un faits divers sordide dans cette Barcelone qu'il connait bien s'est-il empressé de dépayser un tueur en série sous des cieux plus sudistes. Au début du XXe siècle (la période n'est pas anodine), sévit la criminelle Enriqueta Marti Ripolles, surnommée "la vampire". C'est une maquerelle qui s'est spécialisée dans l'enlèvement et la vente d'enfants afin de satisfaire les pulsions de bourgeois pervers. Cela n'inquiète pas outre mesure les autorités car ce sont des enfants pauvres, nés de prostituées, et la police corrompue à tous les étages de sa hiérarchie a mieux à faire avec les anarchistes, les agitateurs politiques, bref tous ceux qui empêchent le capitalisme florissant d'asseoir son pouvoir sur cette Espagne qui veut entrer dans la modernité.

La force de La Mauvaise femme réside justement dans ce coup de projecteur sur une mutation qui, si elle touche les élites, laisse sur le carreau de nombreux Espagnols. Le roman joue sur l'antagonisme entre la science et le progrès. On commence à parler d'empreintes, de recherches scientifiques, et le retard des populations où subsistent en pleine ville des rebouteux, des alchimistes, des potions concoctées avec des chairs d'enfants est de nos jours plutôt effrayant. Cette atmosphère de roman feuilleton, en concordance avec l'époque décrite (les tueurs en série sont presque des vampires, on se cache dans des taudis dignes de ceux décrits par Eugène Sue ou Ponson du Terrail) donne à La Mauvaise femme une ambiance gothique fascinante.

L'intrigue est renforcée par le fait que l'histoire basée sur des faits divers réels mais librement adaptée est racontée par la Mort qui intervient dès les premiers mots et donne ainsi le ton. Comme on s'aperçoit que le personnage central est un policier corrompu mais désireux de rendre justice aux pauvres, déchiré dans sa vie affective, cherchant la paix en s'endormant dans les bras des filles de mauvaise vie, on se doute que sa trajectoire sera fatale, ce qui renforce encore l'atmosphère lugubre qui baigne le récit. Face à lui, les "méchants" sont décrits avec soin, leurs actions ne sont pas occultées mais présentées avec leurs doutes et leurs faiblesses, et ils deviennent aussi vivants que le policier. Reconstitution solide d'une époque, vitalité des personnages, force de l'intrigue, La Mauvaise femme est un élément de plus prouvant la qualité et la force du roman policier espagnol.

Nominations :
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2012

Citation

Les vampires sont des créatures nocturnes qui se transforment en chauve souris et ont peur des croix. Vu le nombre d'églises qu'il y a dans les rues de cette ville, et étant donné qu'une bête de deux mètre d'envergure survolant les rues serait peu discrète, nous écarterons cette piste.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 19 décembre 2013
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